le Mercredi 3 juin 2026
le Mercredi 15 avril 2026 9:00 Rubrique - La rubrique de la bouquineuse

Clémence Dumas-Côté: «Raconter des histoires qui font faire des rêves»

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
L’autrice Clémence Dumas-Côté. — PHOTO: Facebook de Clémence Dumas-Côté
L’autrice Clémence Dumas-Côté.
PHOTO: Facebook de Clémence Dumas-Côté

Autrice de poésies et de romans, Clémence Dumas-Côté est passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge. Une vocation, une destinée, en tout cas, quelque chose auquel elle ne pouvait échapper, à travers lequel elle met beaucoup d’humanité.

Clémence Dumas-Côté: «Raconter des histoires qui font faire des rêves»
00:00 00:00

Type de contenu: Actualité

«J’ai toujours aimé raconter des histoires, j’ai toujours eu des histoires et des impressions qui sont nées en moi du plus loin que je me souvienne.»

L’autrice se revoit apprendre à se servir d’un stylo et, dès lors, commencer à écrire des récits et des poésies.

«J’avais envie de susciter des émotions. Puis, je pense aussi que ça nait beaucoup peut-être d’un sentiment de sentir la limite du langage.»

Ainsi, l’écriture est devenue pour elle un moyen de se faire comprendre et de briser son isolement. Mais également de se libérer de certaines règles, notamment en poésie. Un genre qu’elle appréhende comme un terrain de jeu propice à une très grande créativité.

Clémence Dumas-Côté en atelier.

PHOTO: Facebook de Centre d’art de Richmond

«Certains sujets pour moi émergent et je sens déjà que le traitement, ça va être plutôt la poésie, explique-t-elle, parce que ça va être des touches, ça va être des ouvertures, des fenêtres autour d’une question plutôt qu’un personnage qu’on suit d’un bout à l’autre.»

L’esprit toujours éveillé, elle ne manque jamais de noter ses questions, ses observations, ses réflexions qui alimentent au quotidien son inspiration, jusqu’au jour où surviendra un nouveau récit à raconter.

Pour son roman Glu, elle se souvient que c’est lors de l’écoute d’un balado que la graine a commencé à germer. Ce dernier revenait sur l’histoire de la prétendue apparition de Jésus-Christ dans un Tim Hortons de l’ile du Cap-Breton.

«Je me suis mise à imaginer un jeune homme qui se prendrait pour Jésus, puis qui se retrouverait dans un Tim Hortons du Bras d’Or, qui ferait un genre de sermon sur une table. Puis je me suis mise à imaginer qu’est-ce qui aurait amené quelqu’un à faire ça et c’est devenu un personnage de mon roman.»

Mais Clémence Dumas-Côté a également ses thèmes de prédilections, tels que les grands passages de la vie, les défis de la parentalité ou la santé mentale, qu’elles abordent de différentes façons, selon ses ouvrages.

«C’est vraiment une préoccupation d’amener ces sujets-là sur la place publique», affirme-t-elle, regrettant que la littérature ne les explore pas encore suffisamment.

Dans le dernier livre qu’elle vient de terminer, elle s’est intéressée au sujet de l’insécurité alimentaire, désireuse de raconter l’histoire humaine derrière les statistiques, rappelant que dans certaines grandes villes du Canada, une personne sur cinq a recours à une banque alimentaire.

«J’ai été frappée dans les dernières années de voir le visage de la précarité se transformer, puis j’étais très touchée de voir, d’entendre toutes sortes d’histoires de précarité, de la voir prendre toutes sortes de visages.»

Des visages à qui elle a redonné vie à travers une galerie de personnages imaginaires réunis autour d’une banque alimentaire, malheureusement insuffisante pour répondre à leurs besoins.

«C’est aussi une histoire sur la vulnérabilité, ajoute-t-elle, la précarité, les sociétés morcelées, l’individualisme qui fait que chacun pour soi vit dans son petit quotidien et un grand besoin de connexion.»

Un autre de ses thèmes déjà exploré dans ses précédents romans et qui lui tient particulièrement à cœur.

«J’ai essayé d’imaginer l’ensemble du vivant dans un quartier qui rassemble les pigeons, les humains, les mousses, les arbres, tout ça avait comme une voix, une unité et que tous ensemble, c’est comme s’ils se réunissaient sous un arbre pour se raconter des histoires.»

Il semble en effet pour l’autrice, qu’encore aujourd’hui, l’écriture est un moyen de créer du lien avec autrui.

«Pouvoir créer des histoires qui touchent les gens, qui remuent les gens, c’est ça que je veux faire, c’est ça mon objectif vraiment de vie», confie-t-elle, ajoutant: «raconter des histoires pour adultes, et parfois pour enfants, qui font faire des rêves.»

Aussi passionnée qu’elle soit, son aventure avec l’écriture ne s’arrête pas là.

Œuvrant également en tant qu’artiste médiatrice, elle travaille actuellement sur des ateliers de création avec l’École Mer et Monde d’Halifax et aspire pouvoir proposer davantage ce genre de projet dans la région.

«J’aime beaucoup les maritimes, puis je veux continuer à développer mon lien avec le milieu d’éducation là-bas», confie-t-elle finalement en souriant.

Type: Critique

Critique: Une évaluation ou une critique indépendante d’un service, d’un produit ou d’une création artistique.

Pour consulter nos pratiques exemplaires et politiques journalistiques, cliquez ici.

Contactez la rédaction - Proposer une correction - Faire une suggestion - Contactez l'équipe