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«Je suis vraiment déçue par l’annonce», s’est exprimée l’artiste Laura Rae.
«On s’attendait pas à des coupures budgétaires dans ce sens-là», a partagé à son tour Trevor Murphy, le président de la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (FéCANE).
L’artiste Laura Rae.
Selon lui, l’impact sur les organismes en Nouvelle-Écosse sera énorme, avec le risque que la perte de ces financements ait des répercussions sur la promotion et la protection des cultures acadiennes et francophones.
Mario Noury, le directeur général du Conseil communautaire du Grand-Havre (CCGH), abonde dans son sens:
«Pour certains organismes, là, c’est vraiment des coupures majeures qui vont vraiment les fragiliser. Nous, on a en quelque sorte la chance que ce soit pas à ce point-là, c’est pas des coupures disons vitales pour nous.»
Mario Noury a rappelé qu’en tant que conseil communautaire, le CCGH ne dépend pas des subventions provinciales pour financer ses projets.
Cela risque toutefois d’affecter la programmation des festivals et de limiter les possibilités d’inviter des artistes, avec par conséquent une diminution des retombées économiques.
Il a également souligné que leurs activités récréatives, notamment leur camp de jour, pourraient aussi être impactées.
Trevor Murphy, président de la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (FéCANE).
«On accueille tous les étés des centaines de jeunes francophones. Si on n’a pas ces aides-là pour embaucher des jeunes étudiants francophones de la région, ça veut dire qu’on ne sera peut-être pas capable de pouvoir accueillir des familles ou en tout cas des jeunes qui ont des besoins spécifiques», a-t-il expliqué, ajoutant plus loin: «Il y a des risques que tous ces services-là soient plus possibles.»
Pour Trevor Murphy, ces coupures ne peuvent donc entrainer qu’un très grand déficit pour l’ensemble du secteur culturel provincial.
«Ces impacts-là vont se sentir dans nos communautés, [ce] qui est dommage pour nous certainement, comme les Acadiens, des francophones, mais aussi pour les gens qui viennent à une place, comme la Nouvelle-Écosse, pour avoir l’expérience de ces cultures-là», a-t-il souligné.
Il soutient que ces coupures causeront aussi des conséquences néfastes sur l’économie provinciale.
«Les chiffres notent que l’investissement de la culture a des retombées économiques, que ça donne une bonne qualité de vie [aux] gens qui habitent ici et également [aux] gens qui veulent nous visiter», a-t-il affirmé, regrettant que cet aspect ne soit pas assez pris en considération par le gouvernement.
Mario Noury, directeur général du Conseil communautaire du Grand-Havre.
Mario Noury partage cet avis.
Selon lui, chaque investissement culturel participe pourtant à la vitalité de l’ensemble du secteur culturel, engendrant ainsi des retombées économiques positives pour toute la province.
«On reçoit cet argent pour créer de l’art qui [se] répand, qui [se] propage et qui promeut la culture», a assuré Laura Rae, expliquant que lorsqu’un artiste reçoit des subventions, cet argent doit lui permettre de réaliser un projet précis, mais également de payer d’autres travailleurs culturels y contribuant.
Dans ce contexte, artistes et membres de la communauté culturelle espèrent toutefois voir les coupes budgétaires annulées, comme ce fut le cas pour certains programmes destinés notamment aux Afro-Néoécossais et aux ainés. Un recul qui a fait suite aux contestations prononcées par les groupes qui étaient visés.
C’est pour cette raison que Trevor Murphy soutient l’ensemble des organismes culturels et artistiques qui, depuis l’annonce de coupes budgétaires, se mobilisent et font pression également sur le gouvernement.
«On a besoin de mieux adresser ces questions-là et d’avoir des conversations avec nos élus pour [leur] faire preuve que ça vaut la peine d’investir dans nous, non seulement pour notre survie, mais aussi pour des raisons qui alignent avec les priorités du gouvernement», a-t-il mis en avant.
«Il y a beaucoup de personnes qui parlent fort sur les réseaux sociaux, qui partagent les messages», a partagé Laura Rae, en prenant l’exemple des artistes ainsi que des organismes sans but lucratif, comme la FéCANE, Music Nova Scotia et Art Nova Scotia, pour illustrer son propos.
Selon elle, ces prises de position sont importantes pour démontrer au gouvernement que les coupures à l’art et à l’éducation causeront des problèmes majeurs au sein de toute la société.
C’est les arts et la culture qui font aussi que les gens veulent venir visiter la province, et donc le tourisme dépend aussi beaucoup de ça.
«C’est ça qui fait l’identité aussi de la province, a soutenu Mario Noury. C’est les arts et la culture qui font aussi que les gens veulent venir visiter la province, et donc le tourisme dépend aussi beaucoup de ça.»
En attendant le vote final du budget, la communauté reste inquiète.
«J’espère que quelque chose va changer, a confié Laura Rae, mais ça reste à voir.»
«Si les coupures sont maintenues cette année-là, qu’au moins il n’y en ait pas d’autres les années prochaines, parce que là, ce sera vraiment terrible», redoute Mario Noury.
