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Le déblayage au centre-ville, un pas à la fois

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Des photos de la manifestation du 31 janvier 2026 montrent que les trottoirs ne sont même pas visibles alors que la route est déblayée jusqu'au bitume. — Photo: Courtoisie
Des photos de la manifestation du 31 janvier 2026 montrent que les trottoirs ne sont même pas visibles alors que la route est déblayée jusqu'au bitume.
Photo: Courtoisie

Le matin du 23 février, les résidents de St. John’s se sont réveillés sous un couvert de 55 cm de neige. Cependant, en attendant le déneigement, les frustrations des résidents s'accumulent...

Le déblayage au centre-ville, un pas à la fois
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Type de contenu: Actualité

Pour sensibiliser à l’insuffisance du déneigement des trottoirs, l’organisme de justice sociale, Social Justice Co-op, a organisé une manifestation le 31 janvier dernier à l’intersection de Rennie’s Mill et de la rue Circular près du parc Bannerman. 

Pourquoi cet endroit? Il y a une très bonne raison, dit Elizabeth Yeoman, l’une des voix principales du mouvement depuis son arrivée à Terre-Neuve en 1991. Cette section de rue n’est même pas incluse dans les plans de déneigement des trottoirs, bien qu’elle soit considérée comme une rue de «priorité 1».

En effet, selon elle, d’autres villes canadiennes où elle a habité sont confrontées aux mêmes problèmes et elles parviennent néanmoins à bien déneiger les trottoirs. Avant de s’installer à St. John’s, l’Acadienne a passé du temps dans deux autres provinces.

Les piétons ne sont pas des citoyens de deuxième classe

«Depuis que la neige a commencé à tomber, j’ai dépensé plusieurs centaines de dollars en taxis parce que je ne peux pas me rendre à l’arrêt de bus», raconte dans une vidéo publiée par The Muse l’activiste Anne Malone, une résidente qui souffre d’une déficience visuelle et qui utilise un chien guide. 

«Je paie des impôts, comme tous les autres habitants de St. John’s, mais nous ne bénéficions pas des mêmes services que ceux qui conduisent une voiture. C’est contraire à l’éthique», dit-elle.

Jusqu’en 2009, la ville ne déblayait aucun trottoir, nous rappelle madame Yetman. C’est un bon début, avoue-t-elle, mais ce n’est pas assez pour les piétons. Cela dit, «c’est important de dire qu’il y a eu des améliorations», avance-t-elle. 

«Quelqu’un de l’hôtel de ville m’a dit que le personnel fait bien son travail – c’est peut-être vrai qu’ils font un bon travail étant donné les ressources qu’ils ont, mais je crois qu’il faut investir plus de fonds.»

Madame Yetman reconnait les efforts de certains politiciens municipaux afin de défendre les droits des piétons de la ville. Elle cite en exemple l’ancien conseiller municipal Ian Froude, qui fut un allié important de la cause, jusqu’à sa démission en 2023. 

Celui-ci avait comparé le déneigement de la ville à celui à Halifax. «Il y a quelques années, monsieur Froude avait dit publiquement que Halifax reçoit à peu près la moitié de la neige qu’on reçoit ici à St. John’s, mais qu’elle investit le double par kilomètre de trottoirs», explique-t-elle, en ajoutant que la différence est «frappante». 

Investir pour un avenir en santé

Selon diabetes.ca, on estime que 33 % de la population de la province est atteinte de diabète ou de prédiabète.

En effet, la province de Terre-Neuve-et-Labrador affiche la prévalence du diabète la plus élevée de tout le Canada. Choisir le transport actif, c’est-à-dire un mode de déplacement non motorisé comme la marche, peut permettre d’éviter de tels problèmes de santé.

Cette cause est très importante pour Elizabeth. «Si on choisit de marcher juste pour notre santé, c’est déjà un bon choix», affirme-t-elle, tout en soulignant une autre raison qui lui tient à cœur: le climat.

Le chercheur Christian Brand, de l’université d’Oxford, a déclaré en 2021 que remplacer un seul trajet quotidien en voiture par un trajet à vélo réduit l’empreinte carbone d’environ 0,5 tonne par an, ce qui représente une part importante des émissions moyennes de CO2 par habitant. Ces choix simples peuvent avoir un large impact.

«C’est une question de réduire les émissions et son empreinte carbone», résume l’activiste. «C’est également important d’encourager les gens à se déplacer à pied s’ils le peuvent.»

Cela dit, il y a des personnes à St. John’s qui sont piétons par obligation. «Il y a des familles qui ne peuvent pas se permettre d’acheter une voiture», souligne Elizabeth Yetman.

«Cela inclut les gens qui ne peuvent pas conduire pour des raisons médicales… Les piétons sont en général des personnes plus vulnérables», résume-t-elle.

Selon elle, manifester pour une meilleure prise en charge du déneigement est une manière de faire valoir le droit de ces personnes à un égal accès à la mobilité et à la sécurité dans leurs déplacements.

Type: Actualités

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