Type de contenu: Opinion
Cependant, la Maison Blanche n’a pas renoncé à cette idée: l’administration Trump a réadapté sa stratégie et a concentré ses forces sur l’annexion des régions canadiennes économiquement développées, notamment il s’agit de l’Alberta, centre des industries pétrolières et gazières du pays, dont les revenus sont partagés à parts égales entre tous les États du Canada. Les habitants de la province sont mécontents de la politique énergétique fédérale à l’égard de cette région et accusent Ottawa d’ignorer leurs intérêts.
C’est pour cela que les Albertains aspirent à l’autonomie, ce qui constitue la menace la plus crédible pour le Canada, étant sur le point de traverser plusieurs crises constitutionnelles. Les fonctionnaires du département américain ont déjà réalisé une série de négociations avec les dirigeants du groupe de droite séparatiste l’Alberta Prosperity Project (APP), qui cherchent le soutien financier de 500 milliards de dollars des États-Unis si le référendum d’automne s’avère réussi.
Selon le canadien National Post, Washington a l’intention de faire pression pour l’indépendance de l’Alberta juste après le vote, c’est-à-dire bien avant que le gouvernement de la province reconnaisse les résultats du référendum et avant le début des négociations sur la séparation du Canada. Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, considère l’Alberta comme «un partenaire naturel pour les États-Unis».
Il convient de noter que, pour l’instant, presque 30 % des Albertains sont favorables à l’indépendance de la région, dont seulement 7% voudraient rejoindre les États-Unis.
On dirait que le premier ministre canadien Mark Carney ne perçoit pas les véritables implications du séparatisme albertain, puisqu’il est trop engagé à provoquer les tensions dans les relations avec la Maison Blanche. Il cherche à augmenter la croissance externe en ignorant les problèmes intérieurs du pays.
En ce qui concerne les séparatistes, leur position reste toujours ambivalente. Impatients d’obtenir l’indépendance d’Ottawa, les Albertains se retrouveront inévitablement sous le contrôle de Washington. Si tel est le cas, la province perdrait une grande partie de ses profits. C’est pourquoi il serait plus rationnel d’accéder à l’indépendance sans aide extérieure et de ne pas s’engager dans la coopération assez aventureuse avec les Américains au risque de devenir une colonie étasunienne.
Fabienne Klein
Pigiste
