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«Dans tous les pays du monde où il y a des êtres humains, il y a des histoires»

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Des enfants écoutant une sorcière leur racontant une histoire. — PHOTO: Jossy_Justino - pixabay
Des enfants écoutant une sorcière leur racontant une histoire.
PHOTO: Jossy_Justino - pixabay

Judith Patouma et Cynthia Eid, professeures de didactique de français, viennent de publier Contes, mythes et légendes - Le storytelling en classe de FLE, un ouvrage clé destiné à transformer l’enseignement en lieu d’émerveillement, porté par la magie du récit.

«Dans tous les pays du monde où il y a des êtres humains, il y a des histoires»
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Type de contenu: Critique

Judith Patouma, professeure de didactique de français. 

PHOTO: de gracieuseté

«Les contes, ça a toujours fait partie de ma vie», exprime Judith Patouma, en revenant sur les origines du livre.

«Mon grand-père me racontait des histoires. Ensuite, quand je suis venue au Canada, je faisais partie de festivals de contes. Je conte moi-même de temps en temps quand j’en ai la possibilité. Donc c’est vraiment très lié à mon histoire, et aussi à la transmission.»

Avec sa coautrice Cynthia Eid, elles ont alors souhaité exploiter cet attrait pour la littérature orale en concevant cet ouvrage de vulgarisation, soutenu par les témoignages de conteurs et professionnels de l’éducation.

«C’est ça qui fait aussi la différence avec notre ouvrage, s’enthousiasme-t-elle. C’est vraiment un ouvrage partagé.»

Leur idée était que les enseignants s’en servent à leur tour comme un support d’éducation et de transmission.

Dans cette perspective, les deux autrices avaient à cœur de mettre en avant des récits et des conteurs du monde entier, y compris des voix issues de minorités, comme celles du Canada francophone.

«C’est aussi une façon de relier notre premier ouvrage sur le plurilinguisme et le pluriculturalisme», explique Judith Patouma, estimant que la pédagogie interculturelle est essentielle pour offrir aux jeunes davantage de représentations.

Ça nous tient vraiment à cœur, cette reconnaissance de l’élève et de sa culture dans la salle de classe pour l’amener vers la réussite dans ses apprentissages.» 

— Judith Patouma

Mais aussi de connecter des enfants venus du monde entier, grâce à ces récits à portée universelle.

«Ils peuvent se lier, ils peuvent se construire, ils peuvent s’ouvrir aux autres avec et à travers les contes et les histoires», se réjouit la professeure, pour qui la diversité culturelle est une véritable richesse.

Car, selon Judith Patouma, ces différences devraient pouvoir nous relier plutôt que nous diviser, particulièrement au sein de la communauté francophone.

«On est dans une francophonie multiple et on veut continuer à garder nos racines tout en étant dans cette francophonie-là», exprime-t-elle, considérant que la connaissance d’autrui et l’empathie sont des valeurs fondamentales à transmettre aux élèves pour aller vers un mieux vivre ensemble.

Cynthia Eid, professeure de didactique de français. 

PHOTO: de gracieuseté

«C’est l’apport culturel qui différencie, mais, dans le cœur même, c’est toujours les mêmes valeurs universelles qui reviennent», souligne-t-elle, appuyant plus loin: «C’est ça qui fait la beauté, puis c’est ça qui va créer un lien entre les différentes personnes, de dire: on est différents, mais on est aussi semblables.»

C’est pourquoi, avec Cynthia Eid, elles souhaitent encourager les enseignants et les conteurs, les parents et les grands-parents à continuer à raconter des histoires, d’hier et d’aujourd’hui, pour ouvrir la jeunesse à la diversité culturelle, mais également pour faire de l’éducation un lieu d’émerveillement.

«On veut vraiment qu’il y ait cette transmission-là, cette continuité dans la langue française, dans l’éducation, dans cet amour de la langue, rendre la langue magique aussi. Je crois que c’est ça que les enfants ont besoin. Ce n’est pas juste un outil d’apprentissage, c’est beaucoup plus que ça. C’est un outil de communication, mais c’est aussi ouvrir la porte à différentes dimensions de l’imaginaire.»

Car, pour Judith Patouma, de sept à soixante-dix-sept ans, on reste attaché aux histoires tout au long de sa vie, ce qui fait que nous pouvons tous devenir un jour ou l’autre des créateurs et des passeurs de récits.

«Dans tous les pays du monde où il y a des êtres humains, il y a des histoires», exprime-t-elle avant de nous laisser sur les mots de Philippe Claudel, auteur de la préface de l’ouvrage:

«Pour approcher un pays, il faut lire sa littérature. Pour comprendre son âme, il faut connaitre ses contes.»

Type: Critique

Critique: Une évaluation ou une critique indépendante d’un service, d’un produit ou d’une création artistique.

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