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Le rapport présente aussi, pour chaque école existante, le nombre d’élèves potentiels ayant droit à l’éducation francophone. Pour la Nouvelle-Écosse, on y lit:
- Il y a 24 585 élèves ayant droit à une éducation francophone/acadienne
- Il y a 6 763 élèves inscrits, répartis dans 22 écoles.
Avec plus de 17 000 inscriptions potentielles additionnelles, il manquerait environ 40 écoles en Nouvelle-Écosse.
J’applaudis le CSAP d’avoir publié ce rapport. Il démontre une grande injustice qui a été et est encore en train de se produire dans toutes nos communautés. Mais des discussions pour améliorer le transport, c’est traiter les symptômes, pas la maladie.
Le rapport identifie, selon moi, seulement partiellement correctement le problème. On devrait plutôt dire:
Il manque 40+ écoles francophones en N.-É., et nos 22 écoles existantes ne sont pas placées optimalement, ce qui cause des problèmes de transport, de décrochage, d’inscription basse, etc.
Le rapport n’est pas un plan. Il nous faut un plan pour savoir où placer toutes les écoles francophones à travers toute la Nouvelle-Écosse.
Comme parents, grands-parents, oncles, tantes et francophiles, nous devons demander mieux. On doit savoir où placer toutes nos écoles.»
Le CSAP a le devoir d’avoir des discussions franches avec les communautés pour savoir où les placer. On vit dans chacune de nos régions et on connait tous comment elles fonctionnent. Notre opinion compte.
Par exemple, je peux vous dire que placer une école secondaire dans le South End de Halifax, c’est une très mauvaise idée, et je l’ai dit au CSAP. Mais je n’ai aucune idée où les écoles à Truro, Amherst ou à New Glasgow devraient aller – c’est à vous de le dire au CSAP ou plutôt de demander qu’ils fassent une étude sur le sujet.
La communauté doit se faire présenter un plan concret par le CSAP et ensuite l’acheminer au gouvernement et de se battre pour celui-ci. Ce sont nos écoles, pas celles du gouvernement et n’y celles du CSAP.
Avec le dernier recensement, le CSAP est en mesure de savoir où tous les francophones habitent, par code postal. Ils ont la capacité de créer un rapport d’infrastructures qui serait optimal pour toutes nos communautés, surtout celles non servies. Et d’identifier les communautés avec les plus grands besoins. Mais ce n’est pas fait. Alors, on doit leur demander de le faire.
La pire chose est de se faire donner une école qui n’est pas à la bonne place – elle devient sous-utilisée, un gaspillage, et n’encourage pas vraiment l’aspect communautaire qu’on voit quand une école devient un centre culturel pour tous.
Pourquoi j’écris et pourquoi je demande plus?
Ça fait un bout que je chiale, oui. Mais je chiale parce que je veux une communauté qui grandit.
Le taux de décrochage dans mon école est de 80 %+ vers le système anglophone lorsque les élèves rentrent au secondaire (le plus élevé au CSAP). Ce chiffre est grave et inquiétant. Même si les inscriptions augmentent, ma communauté s’efface un peu plus chaque année quand nos jeunes décident de partir en 10ᵉ année pour le système anglais.
Ça fait plus de 14 ans que je vis ce cauchemar-là. Chaque année, on voit nos jeunes glisser entre nos doigts parce qu’on n’a pas les infrastructures pour les retenir, les inspirer, les faire grandir ensemble.
C’est pour ça que j’écris. C’est pour ça que je demande plus. Parce que sans écoles, on disparait. Et je refuse de regarder ça arriver en silence.
Il faut arrêter de demander des miettes – surtout quand ce ne sont que des miettes sèches. Moi, je veux la tranche de pain et ça commence par une carte avec où les écoles devraient aller.
Jean-Philippe Bourgeois
