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Emilia R. Fox: Dame Mort, «Un livre qui fait écho à qui je suis»

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Emilia R. Fox. — PHOTO: Manon Malesset
Emilia R. Fox.
PHOTO: Manon Malesset

Emilia R. Fox, jeune autrice française passionnée de récits épiques et magiques depuis son plus jeune âge, a publié cette année son premier roman, Dame Mort. Une fantasy féministe qui relate l’histoire de personnages féminins mystiques, racontée dans trois temporalités différentes.

Emilia R. Fox: Dame Mort, «Un livre qui fait écho à qui je suis»
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Type de contenu: Critique

«C’était un projet scolaire, explique Emilia R. Fox en revenant sur les origines du livre. Je devais faire mon mémoire de fin d’année en Master d’écriture et on avait le choix de faire le mémoire de la forme que l’on voulait. Donc, j’ai décidé de faire un roman.»

Férue de mythologies, et ayant déjà une bonne connaissance de celles de la Grèce antique, elle en a alors profité pour explorer l’univers celtique – qui l’avait longuement attirée -, et de s’en inspirer pour son histoire.

«J’ai découvert une mythologie qui est plutôt fascinante et qui est vraiment très portée sur le féminisme.»

L’autrice explique que si cette découverte l’a profondément marquée, c’est aussi parce que ce mouvement militant pour l’égalité entre les hommes et les femmes résonnait particulièrement fort en elle, à ce moment de sa vie.

Emilia R. Fox. 

PHOTO: Manon Malesset

«Il y avait peut-être une certaine animosité en moi, une certaine colère non exprimée», reconnaît-elle, tout en soulignant que la formation qu’elle suivait a également joué un rôle important dans son engagement sur ces questions. C’est pourquoi elle a souhaité les aborder dans son roman.

Parmi ces dernières, c’est notamment la place des femmes dans la société et comment elles y sont traitées qu’elle a voulu mettre en avant.

«Je pense qu’il y a vraiment ce côté où on nous prend pas au sérieux qui m’affecte le plus, parce qu’on aimerait s’exprimer, on aimerait dire certaines choses et, vu qu’on est des femmes, on ne nous prend pas au sérieux.»

Percevant ces luttes féministes comme un long combat qui perdure dans le temps, l’autrice a choisi de structurer son récit en trois temporalités qui se font écho et forment une trame, illustrant ainsi leur persistance et leur continuité.

«Il n’y a pas eu d’arrêt dans l’histoire, il n’y a pas eu un moment où, ça y est, la femme a remporté et l’homme a accepté d’être sur un pied d’égalité de la femme. Donc, c’est vraiment ce fil linéaire et cette temporalité qui montre que c’est toujours d’actualité.»

Ainsi, Dame Mort suit les récits de trois héroïnes de la mythologie celtique – La Morrigan lors de l’invasion viking en Irlande, la fée Morgane dans l’Écosse médiévale et la Banshee à l’époque victorienne -, chacune incarnant une période différente, mais toutes unies par les mêmes enjeux.

Emilia Fox dit s’être particulièrement plu à s’approprier ces personnages du monde celtique, car, d’après ce qu’elle en a découvert, les figures féminines y apparaissent davantage comme des guerrières et y sont bien plus valorisées que celles retrouvées dans d’autres folklores.

«La femme est considérée vraiment comme une déesse mère en tant que telle, celle qui porte la vie, et elle est traitée [sur] un pied un peu plus égal par rapport à l’homme.»

Dans son roman, la Morrigan, Morgan et la Banshee sont donc représentées comme des femmes puissantes et autonomes, capables de tracer leur propre chemin sans jamais dépendre de personnages masculins.

Toutefois, inspirée par la lecture de l’essai Et on tuera tous les affreux: le féminisme au risque de la misandrie de la chercheuse Colette Pipon, qui a eu un fort impact sur son cheminement de pensée, l’autrice souhaitait aller au-delà de la colère féministe et montrer une évolution vers l’espoir et la réconciliation.

En étudiant ce livre-là qui, je pensais, allait relater uniquement la colère de la femme et, du coup, pourquoi on avait raison d’être en colère, j’ai retrouvé aussi en fait un appel un peu à la paix et au pardon.

— Emilia R. Fox

Cette découverte a enrichi sa perception du féminisme et lui a permis d’y apporter davantage de nuances, en l’appréhendant autrement que sous le prisme d’une hostilité misandre.

«Notre colère, elle est justifiée. Mais c’est pas cette colère-là qui va nous aider à sortir de ce schéma-là», affirme Emilia R. Fox aujourd’hui, prenant conscience qu’elle a tout autant évolué que les personnages de son récit.

«Dans ce livre, [il y a] beaucoup de colère qui pouvait résonner et qui résonne toujours en moi. Mais, justement, il n’y a pas que de la colère. Donc, il y a vraiment une ambivalence où je me retrouve, et où j’espère que les autres [se] retrouveront», exprime-t-elle, ajoutant finalement: «Sans [le] vouloir, c’est un livre qui peut faire écho à qui je suis.»

Type: Critique

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