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Jean-Philippe Giroux
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL
Il s’agit d’une initiative du Conseil jeunesse provincial (CJP) de la Nouvelle-Écosse, qui, au moment de sa création, voulait avoir une représentation jeunesse au sein des directions régionales du conseil scolaire, explique Kevin Lemieux, responsable du recrutement et rétention des apprenants, de plus que le responsable du Comité consultatif jeunesse (CCJ).
Auparavant composé seulement de représentants des écoles secondaires, l’on souhaitait ajouter plus de membres au comité. «C’est les jeunes qui voulaient des représentants des écoles intermédiaires. Faque maintenant, cette année, on a l’ajout de Mer et Monde, l’École du Carrefour et Beaumarais pour représenter les 7e et 8e années à travers la province», explique Lemieux.
Le CCJ du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), actif depuis quatre ans maintenant, est à l’étape où elle peut maintenant accroitre sa visibilité et mettre l’accent sur le travail des membres.
Siégeant sur le comité depuis ses débuts, Georgia Collins de l’École acadienne de Truro remarque que le CCJ a beaucoup grandi depuis ses débuts. «Maintenant, on entend beaucoup plus de nos jeunes, puis ils sont beaucoup plus au courant de ce qu’on fait», précise Collins.
«Au début, c’était vraiment juste entendre ce qu’on entend dans les écoles, puis le comparer à ce que le CSAP voit, mais maintenant, vraiment, on prend de l’action pour assurer qu’il y a du développement en lien avec le plan stratégique (du CSAP), puis en lien avec le bienêtre de nos élèves», ajoute-t-elle.
C’est eux, la voie du changement, en fait. C’est tout simplement eux, le futur.
«C’est eux, la voie du changement, en fait. C’est tout simplement eux, le futur», exprime Myriam Souhi de l’École secondaire du Sommet, également membre du comité.
«C’est le fait d’écouter les enfants qui vont nous permettre de faire un vrai changement dans les écoles, ou même partout dans nos générations.»
«C’est les élèves qui sont en train de vivre ces expériences-là, puis c’est eux autres qui sont en train de voir ce qui arrive dans nos écoles, renchérit Collins. Alors, pour eux autres, quand ils soulèvent un besoin ou des concernes, c’est très important qu’on les entende.»
Selon elle, il est important que les élèves soient entendus, pour leur donner le gout de participer au leadeurship jeunesse de leur école.
«Sans les jeunes, on n’est pas ici. Mon travail n’existe pas», dit Lemieux, qui rappelle l’importance de donner la place aux jeunes et de les impliquer dans la prise de décision.
«Leur voix est importante, poursuit-il, que ce soit juste autour de la table pour des affaires provinciales ou juste pour ce qui se passe dans leur petite communauté scolaire.»
Parler avec confiance
Au cours de la dernière année, il y avait quatre sujets que le comité voulait absolument aborder: l’identité acadienne et francophone; le bienêtre et les besoins des élèves; les priorités du plan stratégique; et les rêves des élèves, pour leurs écoles et leurs communautés.
En ce qui concerne le bienêtre des élèves, ce qui revient le plus chez les jeunes, c’est l’insécurité linguistique, mentionne Myriam Souhi, d’où l’accent mis sur la question.
«On est parti du principe que, oui, il y a plusieurs choses qui ont des problématiques au sein des écoles, mais celui qui revient majoritairement — et je pense la source de tous les problèmes, en réalité —, c’est surtout l’insécurité linguistique», affirme-t-elle.
Le plan sera de faire circuler des sondages pour avoir l’avis des élèves et pour trouver une solution à l’insécurité linguistique, mais aussi au manque de sentiment d’appartenance à l’identité acadienne ou francophone, et à la langue française.
Le CCJ voudrait que les jeunes se sentent «bien dans leur français pis dans leur langue […] qu’ils ne sont pas trop concernés avec leur accent pis leur slang, qu’ils sont fiers d’être eux-mêmes dans leur langue», souhaite Georgia Collins.
Car, pour que les élèves prennent la parole, il faut qu’ils soient à l’aise de s’exprimer à l’école, ajoute Souhi. «Si on n’a pas d’enfants qui parlent et qui s’expriment, on ne peut pas changer les choses parce qu’on ne pourra pas s’adapter à eux.»
Le but est d’amener l’initiative au conseil d’élus dans les prochains mois.
Le bienêtre des élèves
En lien aux priorités du plan stratégique du CSAP, les membres se focalisent sur l’axe du bienêtre en encourageant la participation scolaire et en améliorant l’environnement scolaire. Ce qui permet de faire un lien avec l’identité et l’appartenance à la langue française, est d’avis Georgia Collins.
Il y a aussi le point du développement personnel qui semble important pour les élèves, ajoute Collins, notamment pour renforcer leur lien avec la langue et la culture.
Les membres du CCJ ont aussi la tâche de faire la révision de documents officiels du CSAP avant circulation, comme le guide de l’utilisation du français et le guide du leadeurship étudiant, pour voir s’ils plairaient aux élèves.
L’administration du CSAP a tenu à féliciter le comité, en fin novembre, pour son travail jusqu’à maintenant. «Merci (aux jeunes impliqués) d’apporter votre énergie, votre perspective et votre authenticité, communique-t-elle. Votre engagement donne du sens à notre travail.»
