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L’été arrive, et avec lui, l’envie de profiter du grand air. Pour votre activité sportive quotidienne, vous avez peut-être ce supplément à base de betterave dans votre sac, vanté pour booster l’endurance. Mais est-ce que ce produit naturel est bénéfique pour tout le monde?
Les Dres Elise Bisset et Susan Howlett, du département de pharmacologie de l’Université Dalhousie, se sont penchées sur la question.
Leur constat: les athlètes consomment beaucoup de suppléments, mais leurs effets réels combinés à l’effort restent méconnus.
Tout le monde pense que c’est bon pour le cœur, alors nous avons voulu vérifier ce qu’il se passe vraiment quand on l’associe à la course.
«Nous avons choisi le nitrate de sodium parce qu’il est très populaire dans les boissons préentraînement,» explique Susan Howlett, poursuivant: «Tout le monde pense que c’est bon pour le cœur, alors nous avons voulu vérifier ce qu’il se passe vraiment quand on l’associe à la course.»
Les chercheures ont observé des souris d’âge mûr courant volontairement, avec ou sans supplément. Une expérience parfois complexe, comme en témoigne Elise Bisset, qui se souvient d’une souris âgée bloquant systématiquement la roue pour y construire son petit nid douillet.
Elise Bisset, étudiante au doctorat au moment de l’étude, mesurant la taille de la contraction du cœur de souris.
Mais au-delà de l’anecdote, leur équipe fut surprise par leurs observations: contrairement aux attentes, le supplément n’a pas amélioré la «mécanique» cardiaque.
Chez les femelles, le nitrate a même empêché le cœur de s’adapter, bloquant la gestion du calcium essentielle aux contractions.
«Nous nous attendions à ce que le supplément amplifie les bénéfices del’exercice, raconte Elise Bisset. Au lieu de cela, nous avons observé l’inverse: les avantages disparaissaient.»
L’étude confirme d’ailleurs que ces effets sont réversibles: à l’arrêt du traitement, les fonctions des cellules du cœur reviennent à la normale.
Faut-il donc bannir ce supplément? Pas nécessairement, mais la prudence s’impose.
Susan Howlett tient à nuancer: ces résultats sur la souris servent d’avertissement.
«Les suppléments sont des agents biologiquement actifs, beaucoup moins étudiés que les médicaments, rappelle-t-elle. On ne doit pas supposer qu’ils sont automatiquement bénéfiques sous prétexte qu’on fait du sport.»
La réponse peut varier considérablement d’une personne à l’autre.
D’ailleurs, leurs résultats mettent en lumière un biais majeur: l’oubli fréquent des femmes dans la recherche. Historiquement, par crainte infondée que leurs cycles hormonaux ne compliquent les résultats, de nombreuses études se sont concentrées uniquement sur les hommes.
«Les femmes ne sont pas des hommes plus petits. Ce qui est vrai pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre», souligne Susan Howlett.
Ici, les effets négatifs chez les femelles ont été visibles notamment parce qu’elles couraient plus que les mâles.
Cette étude ouvre donc une piste essentielle: pour comprendre comment notre corps réagit au sport, la science ne peut plus se concentrer seulement sur la moitié de la population.
Inclure femmes et hommes dans les recherches devient une évidence pour garantir des résultats fiables pour tous.
