le Mercredi 10 juin 2026
le Vendredi 21 février 2025 12:30 Rubrique - Notre musique de côte à côte

NOTRE MUSIQUE DE CÔTE À CÔTE – Josée Boudreau

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Il est presque impossible de ne pas voir la passion et la fierté que Josée Boudreau éprouve pour la musique et l'écriture de son père. Elle nous raconte comment leur duo emblématique a vu le jour et comment le soutien de son père l'a aidée tout au long de son parcours musical.

NOTRE MUSIQUE DE CÔTE À CÔTE – Josée Boudreau
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Josée : Hallo! Ça va?

Melissa : Ouais, toi?

J : Ça va bien!

M : C’est tout beau chez-vous!

J : Merci! Mon père a bâti la maison, il est vraiment handy

M : Ça, c’est des bonnes habiletés à avoir. J’aimerais ça, être capable de bâtir plus!

J : Moi aussi!

M : T’es où maintenant, Josée? Pis t’as grandi où, toi, à l’Isle Madame? 

J : Non, je suis née pis j’ai grandi à Halifax, et c’est où ce que je suis présentement, mais mes parents viennent de l’Isle Madame. Zeux deux voulaient être des enseignants pis, à cause qu’il n’y avait pas de jobs à l’Isle Madame à l’époque, ils avaient besoin de déménager à Halifax pour trouver des jobs

M : Ah, OK. So, t’as grandi à Halifax et t’as été à l’école là?

J : Ouais, j’ai été à Beaubassin pis au Sommet à Bedford. 

M : Nice! So, quand diras-tu que la musique est entrée dans ta vie? Ça doit être assez tôt parce que je sais que ton père était beaucoup musical!

Josée Boudreau.

PHOTO : De gracieuseté

J : Ouais, je dirais qu’il n’y a pas un temps que je me souviens qu’il n’y avait pas de la musique constamment dans ma vie. Depuis ma naissance, je dirais, mon père avait toujours sa guitare avec lui pis il jouait tout le temps pis pour moi, c’était rinque la norme. Par exemple, quand moi j’avais deux ans, mon père a enregistré son premier album pis il m’a inclus dans la douzième chanson de l’album. Ça s’appelle «Fi di laille». C’est comme un play on words qui veut dire little thing. Pis, c’est une chanson qui parle d’avoir un enfant; comme, la première ligne, c’est «Josée est ma fille, mon ami, fi di laille». Les premières 10-12 secondes, c’est moi en train de chanter, pis je ne peux pas vraiment bien prononcer mes mots, mais c’est vraiment depuis ste temps-là, depuis l’âge de deux ans, que je chante. Je chantais avant que je pouvais parler. 

M : Wow! Ça c’est awesome! La passion pour la musique que démontre ton père est assez évidente. Moi, je viens tout juste de vous rencontrer au spectacle de Noël de Clare pis c’était tellement beau de vous voir performer. Je me demandais, je suis sûr que c’est le type de père que si tu ne t’intéressais pas en musique que ça c’était OK, mais on dirait que c’est juste dans ton ADN. Votre musique vient nous chercher pis c’est comme votre cadeau au monde, vraiment. Est-ce que c’est ton père qui t’as appris comment chanter et jouer des instruments et ces choses-là au fur et à mesure de ta vie? À quel niveau, dirais-tu, que le fait que ton père était musicien, ça t’as inspiré, toi, d’en faire itou?

Weldon Boudreau et Josée Boudreau au National Music Teacher’s Association Conference.

PHOTO : De gracieuseté

J : Ça m’a inspiré à 100%. Je trouve que dans n’importe quelle situation, si tu vois que quelqu’un est passionné de quelque chose, c’est contagieux. Alors, dans mon cas, j’ai vu mon père qui aimait sitant la musique. Il aimait sa culture, il aimait fêter son identité culturelle pis d’en être fier, d’où il vient pis de qui il est. Alors, j’ai vu d’un jeune âge l’importance de préserver la culture. Quand j’étais jeune, on chantait des chansons traditionnelles pis c’était pas vraiment un affaire qu’était conscient. Ce n’est pas quelque chose qu’est arrivé intentionnellement. C’est arrivé naturellement qu’on chantait ensemble dans la cuisine. Ma mère pourrait être en train de cuisiner et mon père faisait les plats, et on était tout le temps rinque après de chanter ou écouter la musique. 

Pour les instruments, j’ai toujours été intéressé par les rythmes pis mon père m’a guidé un petit brin. Il fait un petit peu la danse à claquette so, moi, depuis l’âge de quatre ans, ça m’intéressait beaucoup. Mon grand-père était vraiment un bon danseur, so, c’est lui qui m’a encouragé à faire la danse à claquette. Pis, j’ai pas pris de leçons. J’ai vraiment juste appris d’une génération à l’autre – c’est mon grand-père qui m’a appris comment danser. Pis, c’est un grand bonhomme, so il tenait son poid sur le derrière de la chaise pis la poignée du frigo, et c’est comme ça qu’il se tenait debout. Et il me montrait comment faire des pas de base. 

M : Oh, wow! Ça c’est incroyable. C’est vraiment comme si ta famille t’as juste passé le bâton à toutes les choses artistiques qu’ils faisaient, d’une façon très naturelle.

J : Oui. Pis ma famille n’est pas vraiment musicale. Je viens plus d’une famille de danseurs. Du côté de mon père, c’était son père et tous ses frères et sœurs qui aimaient tous danser pis ils dansaient sur les estrades à l’Isle Madame avec un violoneux qui jouait. C’était comme du clogging. So, zeux dansaient avec le violoneux qui venait d’ailleurs et qui jouait des reels, et c’est vraiment mon grand-père qui menait la danse! C’était vraiment ça la vibe de ma famille avant que moi j’ai arrivé. Mon père était le premier à apprendre un instrument. Je venais d’une famille qui aimait beaucoup la musique, mais c’est lui qu’a commencé à jouer en premier. 

M : Ah, k, c’est ça. Je me rappelle de l’histoire que ton papa nous a partagé, qu’il était vraiment jeune quand il a finalement eu une guitare pour Noël et ça vraiment cliqué pour lui! Ça fait alors longtemps qu’il en joue, la musique. C’était-il toujours surtout en français?

J : Quand lui était jeune, c’était plutôt en anglais, jusqu’à ça qu’il a vu 1755 à Granville Green, qu’est comme un show à chaque dimanche pendant l’été à Port Hawkesbury, qu’arrive encore aujourd’hui! Pis mon père a vu 1755 pis c’est ça qui l’a influencé à vouloir chanter en français.

M : Wow. Ça, c’est vraiment cool. So, t’avais deux ans, ton père a lancé son premier album en français, t’écoutais ça, vous chantiez ensemble…

J : Il était aussi dans un groupe de musique qui s’appelait Acadian Driftwood, qu’existe encore aujourd’hui. Quand j’étais jeune, moi et ma mère, on allait souvent voir ses spectacles, et je n’étais pas toujours dans les spectacles, mais j’étais juste toujours entouré d’environnement musical. Je voyais mon père en train de chanter ou de s’enjoyer. Mon père, quand il est sur la scène, il enjoy assez ça. Il a tellement un amour pour la musique, pis juste en voyant comment qu’il s’amusait sur la scène m’a fait vouloir lui joindre.

M : C’est awesome que t’avais cet exemple-là qui te faisait voir où c’est que tu pouvais te rendre en musique aussi, si tu le souhaitais. T’étais exposé aux possibilités artistiques en lui voyant le faire. Puisque vous étiez juste toujours en train de chanter ensemble, parfois juste à la maison et parfois sur la scène, quand dirais-tu que c’était décidé que vous alliez performer ensemble? Parce que c’est ça que vous faites beaucoup, un duo que vous présentez. C’était-il juste par hasard? Ton père continuait à t’impliquer dans ses performances et vous êtes devenu un duo?

Weldon Boudreau et Josée Boudreau.

PHOTO : De gracieuseté

J : La première fois que j’ai été sur la scène est une histoire un peu comique. Moi, je ne me souviens pas de ceci, j’étais trop jeune. Mais j’avais quatre ans, je crois, pis mon père avait une gig à Mount Saint Vincent (University). C’était manière comme un atelier/spectacle pour les jeunes pis il y avait beaucoup de jeunes là, pis il leur montrait comment jouer des instruments traditionnels et des rythmes traditionnels acadiens. Il m’a invité d’aller chanter avec lui sur l’estrade la chanson qu’il m’a écrit, «Fi di laille» – mais avec tous les jeunes, pas juste nous deux! Ça fait que moi, dans ma mentalité d’enfant unique, j’étais un peu jalouse! So, tous les enfants sont montés chanter avec lui pis moi j’étais comme… non. J’ai resté avec ma mère, j’ai pas été sur la scène, il a chanté la chanson avec tous les autres jeunes pis, quand la chanson était fini, tous les jeunes se sont enlevés de la scène, pis là, moi, j’ai été en haut pis j’ai dis, «OK, papa, je suis prête asteur». Il dit, «Qu’est-ce que tu veux chanter?», parce que c’était ça, la chanson qu’on allait chanter ensemble. On a fini par chanter une chanson traditionnelle, parce que, quand même qu’on avait discuté que j’allais monter pour chanter «Fi di laille» avec lui auparavant, une fois que les autres enfants sont montés, j’ai juste rester avec ma mère jusqu’à ce que les enfants ont sorties de la scène. Ça, c’était la première fois que j’ai performé sur la scène avec lui! C’est une histoire comique. 

M : C’est trop comique! Je me sens comme si j’aurais fait la même chose! Protéger un peu «notre affaire» de chanter ensemble. Ça, c’est vraiment cute.

J : Ouais! Pis, après ça, je me souviens un peu de notre voyage en France en 2007. J’avais cinq ou six ans. Mon père et un gars, Gary Gallant, qui jouait dans son groupe Acadian Driftwood, étaient représentants pour une semaine acadienne en Normandie et, pendant quelques de leurs spectacles, j’allais chanter avec eux. Alors, mes premiers moments sur la scène, j’étais vraiment jeune. Et je m’en souviens pas vraiment, mais je vois des photos et, grâce aux photos, je peux manière de m’en souvenir. Je dirais qu’une fois que j’avais 12 ou 13 ans, j’ai commencé à m’en souvenir plus. On avait fait une tournée aux écoles du CSAP pis mon père m’avait sortie de l’école pour une semaine, pis pour moi, c’était vraiment excitant! Pis on avait été à toutes les écoles où on jouait pour l’école au complet. Et tu sais, jouer pour les élèves plus âgés, c’était comme une big deal quand t’es en 6e année! On a été de Chéticamp jusqu’à Clare. C’était vraiment une belle expérience, pis c’était le fun! J’ai juste voyagé toute la province avec mon père pis j’ai pas été à l’école pendant une semaine juste pour chanter et faire des spectacles!

Weldon et Josée.

PHOTO : De gracieuseté

M : Ça, c’est trop awesome. Vous avez fait une vraie tournée pis t’avais juste 12-13 ans! Ça, c’est vraiment cool! On dira que c’était vraiment naturel que ton père t’inclus dans des expériences comme ça. Est-ce que tu performes toute seule ou vous êtes un duo, et c’est comme ça vous performez tout le temps?

J : C’est pas souvent qu’on performe seul. D’habitude, quand quelqu’un veut nous embaucher, c’est en duo. 

M : C’est super spécial, ça. C’est tellement le fun de watcher pis d’en faire partie comme membre de la foule, alors je peux comprendre pourquoi c’est ça que vous faites. So, après l’âge de 12-13 ans, tu te rends à la high school, vous performiez toujours? Rendu à l’uni, peut-être un peu moins, mais toujours présent dans ta vie, tu dirais?

J : Oui, je dirais que pendant mon adolescence, tu sais, quand tu va en travers de tout ça, la vie peut être vraiment difficile pis t’es plus gêné, pis t’as plus d’insécurités, ton estime de sois souffre un peu, mais j’ai trouvé que me mettre sur la scène avec mon père m’a aidé à peut-être pas avoir trop de défis, à cause que je savais qu’il y avait une cause qu’on défendait qu’était vraiment importante. Grâce à ça, je n’étais pas tant préoccupé de ce que les gens pensaient de moi parce que je savais qu’il y avait une raison pour laquelle on faisait ce qu’on faisait. Quand j’avais 15 ans, je me rappelle que ça me gênait beaucoup, mais on chantait «La destinée la rose au bois», pis ma mère a un instrument qui s’appelle un strum stick qui sonne un peu comme un banjo pis, à la fin de la chanson, je faisais une danse un peu hillbilly. Pis, à st’âge-là, c’était vraiment gênant pour moi, mais je le faisais pareille! Ça me donnait la liberté d’être libre des jugements pendant l’adolescence.

M : Ça, c’est awesome, Josée. Tu pouvais reconnaitre qu’il y avait une émotion de gêne qui montait dans toi, mais ce que tu faisais et ce que ça représentait était plus fort que cette gêne-là, trop cool. Te rappelles-tu du tout de ton père avoir la discussion avec toi et peut-être comment gérer ces émotions-là, ou c’était vraiment juste son exemple, que lui participait avec tant d’enthousiasme et sans d’inquiétudes?

Josée Boudreau.

PHOTO : De gracieuseté

J : On a eu quelques spectacles où peut-être qu’on jouait juste après un groupe qu’était comme, super rock, orchestre, une femme avec une super grande voix et tout un orchestre qui l’accompagnait et fallait la suivre. On était à Soccer Nova Scotia pis c’était un évènement de leadership pour les 10, 11 et 12e année à l’école pis moi, j’étais peut-être en 7e année et il y avait certains élèves de mon école, pis je les voyais et ça, ça me gênait, surtout parce que le group avant nous autres, c’était comme, rock on, tout le monde était à l’estrade, debout en train de fêter pis là, c’était juste moi pis mon père qu’allait être ensuite. Pis on était juste derrière la scène pis je me sentais comme si je voulais brailler. J’ai dit, «Papa, j’ai peur. Je ne veux pas que le monde me juge. Je ne veux pas qu’on faillisse. Je ne veux pas que ça soit un désastre.» Pis il était comme, «Josée, ça qu’on fait, c’est différent que ça, mais c’est quand même valable». J’avais juste besoin d’entendre ça. On n’a pas besoin d’être au même niveau d’énergie que ste groupe-là. Les jeunes vont reconnaitre que c’est différent, mais que c’est valable dans sa propre façon.

M : Mmm, pis vous créez un moment, tu sais. Même si vous auriez suivi un groupe rock, vous créez un moment avec autant de pouvoir, juste moins de bruit, ce qui peut être même plus impressionnant, dans mon avis. Mais je sais qu’est-ce que tu veux dire quand tu parles d’être gêné ou de ne pas être certaine comment les gens vont le prendre parce qu’à l’âge de 15, 16 ans, ma voix était tranquille et sans grand pouvoir, et ça peut être intimidant quand on se compare à une voix forte soutenu par un groupe rock ou un orchestre! C’est tellement valable que t’as pu avoir quelqu’un dans ton coin qui te rassurais que ça, c’est OK! 

J : Ouais, moi pis mon père, nos voix sont similaires. Nos voix sont douces, on n’a pas des voix puissantes. Moi, j’ai tout le temps voulu une voix puissante, mais ce n’est pas naturel pour moi. Ça m’a beaucoup aidé que mon père a une voix semblable à la mienne parce que tout le monde à leur propre style. Mon père était aussi mon enseignant de musique de la 3e année à la 5e année, alors c’est surtout à cette époque-là que j’ai pu apprendre qu’il n’y a rien de mal avec ma voix. Elle est juste douce et ce n’est pas une mauvaise chose du tout. De l’avis qu’il m’a donné aussi, c’est que parfois, tu peux attirer la foule en étant vulnérable. Parfois, quand tu chantes une chanson pis ta voix est plus douce, ça attire la foule.

M : C’est vrai. Ils vont se pencher l’oreille. Ils savent que t’as quelque chose à dire. 

J : Ouais. Ou bien, si tu racontes une histoire à propos d’une chanson originale pis le message est important, le monde va s’approcher à toi. So, yeah, j’ai appris ça de mon père, qu’il ne faut pas tout le temps vouloir impressionner avec toutes sortes d’affaires fortes. Tu veux un mélange. Et quand j’étais dans mon adolescence, mon père me rassurait. Quand je lui disais que moi j’avais peur avant de rentrer sur la scène, lui disait, «Josée, moi, j’ai peur aussi. Moi, je suis nerveux aussi.» Il m’a fait comprendre que les nerfs sont aussi la preuve que tu veux bien faire et que ça peut être de l’excitement.

M : Totalement vrai, les deux sont très proches comme émotions. Quelqu’un m’a déjà dit ça aussi. Que la nervosité, ça veut dire que tu care, que tu veux bien faire pis que t’as une attente de toi-même. C’est cool que ton père a pu t’apprendre ça! C’est des émotions fortes à avoir besoin de gérer, tout en allant devant une foule, en plus!

J : J’ai appris à associer les nerfs avec avoir des hautes attentes pour moi-même pis d’avoir hâte d’aller sur la scène.

M : Mmm, ça c’est awesome parce que reconnaitre ses sentiments-là t’aide à les calmer un peu aussi! Est-ce que la majorité de vos set lists sont des chansons traditionnelles mêlées avec des chansons originales, dirais-tu?

J : Oui. Ça dépend du spectacle. Parfois, on fait des spectacles dans les écoles, pis quand c’est des écoles d’immersion, on veut vraiment leur donner un aperçu de la musique traditionnelle acadienne parce que ça aide à leur faire comprendre c’est quoi la culture acadienne. On chantera aussi quelques originales juste pour leur donner une idée de qui on est.

Weldon et Josée sur la scène.

PHOTO : De gracieuseté

M : Est-ce que vous écrivez des chansons ensemble?

J : So, mon père écrit. C’est comme un song writing machine! Il écrit tout le temps, surtout depuis sa retraite. Je trouve que, à cause que ça fait longtemps que mon père écrit – ça fait depuis son adolescence qu’il écrit -, naturellement, j’ai des hautes attentes pis je suis perfectionniste. Alors, je trouve que j’ai beaucoup d’idées pour des chansons. J’ai beaucoup de mélodies dans mes voice memos sur mon téléphone, mais je n’ai pas trop de chansons complètes, à cause que j’ai peur que je ne puisse pas réaliser la chanson que j’entends dans ma tête. J’ai vraiment des hautes attentes, surtout au niveau de l’écriture, mais j’ai déjà écrit quelques chansons. Elles ne sont pas sorties/lancées.

M : Bein, t’auras toujours la chance à les partager avec nous autres! 

J : Ouais! Moi et mon père, on a eu une expérience d’écrire une chanson ensemble pendant Covid. J’avais justement retourner de l’université, j’avais été renvoyé parce que c’était quand ça venait juste de commencer. On était à la maison, c’était le lockdown. On ne pouvait pas sortir, pis on était icette dans la cuisine pis ça faisait comme un mois que j’avais fais des chords au piano. Pis j’avais une mélodie que je chantais pis ça sonnait comme une waltz cajun de la Louisiane, mais je n’avais pas de mots pour aller avec. So, on s’est assis ici pis j’ai dit, «Je veux écrire quelque chose, mais je n’ai pas d’inspiration. Je n’ai pas vraiment d’idées.» So, on a commencé à faire des blagues pis j’ai commencé à chanter, «Corona!», pis je chantais à Covid comme si c’était une personne. C’était rinque censé être une joke, mais là, on a fini par écrire la chanson, un à côté de l’autre. Pis on était après de rire. On ne pouvait pas arrêter de rire! Parce que les lignes qu’on disait était en train de parler à Covid pour dire, «Get going et ne vient pas back!» Une des lignes, c’était : I don’t wanna see you again, I’m tired of seeing you on CNN. Pis on a juste éclaté de rire! Ça, c’était un bon souvenir d’écrire une chanson ensemble, dans un cas où la vie était vraiment étrange et isolée. C’est une chanson qu’on chante de temps en temps sur la scène!

M : Ça, c’est trop cool! Vous avez pris un temps très réel et difficile pis vous avez créé quelque chose hors de dedans! Et quand même que c’était un temps lourd, on dira vous avez pu trouver de l’humour et un moment léger dans tout ça. So, après ça, écrire ensemble, performer ensemble, qu’est-ce que tu vois pour ton futur musical?

J : On aime vraiment ça de travailler avec les jeunes. Souvent, dans les mois de mai et juin, on est dans les écoles pour donner un aperçu sur la culture acadienne aux jeunes qui ne connaissent peut-être pas la culture, surtout dans les écoles d’immersion. L’été, on aime toujours jouer pour des festivals! On joue souvent à Truro pendant le mois d’aout pis d’habitude pendant les festivals. Mon père a enregistré son dernier album en 2004 pis il était super occupé avec son enseignement depuis ce temps-là. Lui aussi, il est perfectionniste, alors il veut faire sûr que tout soit bien planifié et décidé avant d’entrer dans le studio de nouveau. On veut vraiment enregistrer bientôt pis comparer au CD de 2004, je vais être beaucoup plus présente dans les chansons. So, ça va être des chansons où que j’harmonise avec lui pendant tout le temps. 

Une chanson qu’il a écrit est nommée «La Toute Première Fois», qu’est à propos d’un parent qu’attend pour que son enfant soit né, et c’est vraiment l’expérience de mon père. Ça parle à propos de rencontrer ton enfant, de devenir amis, de vieillir, l’enfant grandit… j’aime beaucoup cette chanson-là. En premier, c’était une voix, une chanson solo, mais c’est devenu une collaboration et un duet. Pis c’est vraiment juste une chanson à propos de vieillir pis l’amour, pis on s’est aperçu que la chanson peut être en train de parler d’un parent pis un enfant ou ça peut parler d’un couple. On a chanté cette chanson à quelques mariages et ça fit vraiment le thème d’un mariage, alors on veut tout enregistrer ça, et on espère que ç’arrive bientôt. 

Mon père a aussi fait un album quelques années passés. Ça s’appelle «Une Vie en Musique» pis c’est un projet où il a été dans des communautés acadiennes dans la Nouvelle-Écosse qui sont moins connues, comme des régions acadiennes, des régions quésiment oubliés, pis il a rencontré des ainés des communautés, et zeux ont raconté leurs histoires de vie à mon père. Ils ont expliqué comment quand ils étaient jeunes, tout était en français, pis là, au fur et à mesure, le français a commencé à disparaitre. Ils disaient comment ça leur manquait, de vivre en français et comment passionnés qu’ils sont de leur langue, malgré le fait qu’il en avait plus accès. Alors, en voyant mon père s’impliquer pis d’offrir de l’appui aux communautés de la province qui ont besoin d’une voix, ça m’a beaucoup inspiré et ça m’a rendu plus intéressé à connaitre l’histoire de mes grands-parents pis de comment eux ont grandi. J’ai demandé à ma grand-mère, «Est-ce que ça t’inquiète qu’un jour la langue française, la langue acadienne, pourrait disparaitre?» Elle a dit, «Non». Nous autres, on parle tout le temps français. Ça ne va pas disparaitre. Pis y’a une chanson sur l’album qui s’appelle «Le Pilier», pis c’est à propos du fait qu’il y a certaines personnes dans les communautés qui sont faites comme des piliers. Ils sont là pour représenter des générations pis des générations. C’est des personnes fortes et puissantes dans les communautés et, comme j’ai dit, c’est vraiment inspirant. Tu sais quand t’es jeune, les ainés ne t’intéresses pas trop trop, mais à cause de ce projet ici, j’ai été vraiment intéressé par la vie des gens qui sont peut-être dans leur quatre-vingtaine asteur.  

M : C’est trop beau, Josée, toutes les choses que vous faites! Ça sonne comme si toi et ton papa, vous êtes des piliers! Pis t’es quand même jeune, alors ton intérêt dans tout ça et comprendre la valeur des communautés acadiennes et de ta culture, c’est comme un vrai cadeau. J’ai tellement hâte à tout ce qui s’en vient pour toi et ton père. Je pourrais te parler pendant toute la journée! C’est le fun d’apprendre à propos de votre parcours pis de ce qui s’en vient pour vous autres. 

J : Oh, merci beaucoup! C’était le fun de lui watcher faire les entrevues et d’écrire les chansons. Je trouve ça assez cool de voir comment facilement l’écriture vient à lui, pis je sais qu’un jour je vais poursuivre l’écriture et ça viendrait plus facilement. Mais pour l’instant, j’ai le plaisir de chanter des chansons que mon père à écrit, pis pour moi, ces chansons-là sont vraiment importantes. J’essaie de mon mieux de bien les expliquer ; c’est des chansons qui me passionnent! Et je crois que les gens peuvent voir pendant un spectacle comment j’aime la musique de mon père pis que je me sens fière de chanter ses chansons pis parler du message important des chansons.

M : Oh ouais, votre passion est claire, quand on vous voit en spectacle, pis c’est un plaisir de vous watcher en spectacle. On vous remercie. Merci d’être là et merci de faire ce que vous faites! Continuez!

Légende de mots acadien :
hallo – bonjour
ouais – oui
pis – et
zeux – eux
rinque – simplement / seulement
ste – ce
juste – simplement / seulement
itou – aussi
asteur – maintenant
bein – bien
icette – ici
quésiment – presque

Type: Rubrique

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