C’est en ce sens que cette chronique veut porter un éclairage sur la province de la Saskatchewan, dans l’Ouest canadien, et ses francophones et francophiles, connus sous l’appellation de Fransaskois et Fransaskoise.
Alors, mis à part la langue française, qu’est-ce qui unit ces gens ? Trouvent-ils beaucoup de services dans leur langue ?
Selon l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), un Fransaskois ou une Fransaskoise, c’est tout simplement quelqu’un s’identifiant à la communauté francophone de la province. L’identification se fait par naissance, par mariage, par adoption ou par simple identification.
Cette définition laisse croire que les Fransaskois ne partagent pas forcément une identité ethnoculturelle. D’après l’ACF, les Fransaskois contribuent à la vitalité de la langue française, mais aussi à la croissance et au développement de la communauté francophone et de la société saskatchewanaise en général.
Par ailleurs, les francophones et francophiles y trouvent aussi quelques bons services en français. Il y a, entre autres, des écoles francophones, des médias francophones et un réseau de santé en français. À titre d’exemple, le journal fransaskois L’Eau vive, lancé en 1971, a remporté en octobre dernier deux prix d’excellence de la presse francophone, décernés par Réseau Presse.
En outre, le réseau de santé en français de cette province a pour mission de contribuer activement à l’amélioration de l’accès aux services de santé en français en mobilisant et en appuyant l’ensemble des partenaires dans la province.
De plus, dans le secteur postsecondaire, le français est aussi présent. L’Université de Régina, qui est l’une des plus grandes universités de la province, possède un campus en français nommé La Cité universitaire francophone. Ce campus offre des études francophones et interculturelles jusqu’au niveau du doctorat.
L’ Assemblée communautaire fransaskoise à Paris pour la première journée de Destination Canada, en novembre.
Outre la langue et la culture françaises, les Fransaskois ont aussi leur propre drapeau, qui a été présenté à Prince Albert lors du Super Fransaskois Show, le 5 mai 1979. Ce drapeau est, depuis 2005, l’un des symboles officiels de la province de la Saskatchewan.
Il comprend des images et des couleurs très significatives pour son peuple. Il y a un fond jaune symbolisant les champs de la province et une croix verte, qui fait référence à la forêt du nord de la province.
« Le vert rappelle aussi le rôle des agents de colonisation franco-catholiques dans les efforts de peuplement des villages francophones », précise l’ACF.
Enfin, sur le drapeau, il y a une fleur de lys, qui représente la langue française.
Il est utile de souligner que la musique française est très présente en Saskatchewan, et ceci ne date pas d’hier. Par exemple, le Super Fransaskois Show a rassemblé une kyrielle d’artistes francophones, soit environ 125.
Le moment fort de cette soirée, c’est lorsque l’Association jeunesse fransaskoise a dévoilé le drapeau devant environ un millier de spectateurs. Dès lors, la chanson française a fait tache d’huile en Saskatchewan.
Il est important de souligner que la langue française, du moins l’identité fransaskoise, fait l’objet d’une importante littérature. Ainsi, dans son article ayant pour titre L’identité fransaskoise en pièces ou l’insoutenable angoisse de l’autre : tensions entre communautarisme et cosmopolitisme dans le théâtre fransaskois, Rémi Labrecque a présenté la manière dont des artistes fransaskois ont présenté l’identité des francophones dans leurs œuvres.
Le corpus de Labrecque était constitué de De blé d’inde et de pissenlits de Lorraine Archambault, Il était une fois Delmas, Sask… mais pas deux fois! d’André Roy et Elephant Wake de Joey Tremblay.
Si les Fransaskois représentent une minorité dans leur province, ils ont une représentation raisonnable. D’après le recensement de 2021, 16 855 habitants de la Saskatchewan avaient pour langue maternelle le français et 52 415 pouvaient avoir une conversation en français.
Selon ces mêmes données, 4,7 % de la population saskatchewanaise est bilingue.