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le Mercredi 27 septembre 2023 11:00 Rubrique - Le Carrefour des Francophones

La francophonie à l’île de La Réunion au regard de la présence du créole

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Prise de photo lors du renforcement de la coopération régionale entre l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l'île de La Réunion, le 21 juin 2023.  — PHOTO - OIF
Prise de photo lors du renforcement de la coopération régionale entre l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l'île de La Réunion, le 21 juin 2023.
PHOTO - OIF

La Réunion est une petite île située dans l'ouest de l'océan Indien. Elle représente à la fois un département et une région d'outre-mer français (DROM) depuis 1946. Il va sans dire que le français est la langue officielle de cette île volcanique. Cependant, au même titre que d’autres DROM comme, entre autres, la Guadeloupe et la Martinique, le créole est une langue locale.

La francophonie à l’île de La Réunion au regard de la présence du créole
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L’île de la Réunion est le deuxième territoire, après Haïti, qui compte le plus de créolophones dans le monde. Le créole réunionnais, avec ces quelque 600 000 locuteurs, est aussi la langue créole la plus parlée en France. 

Cependant, si plus que la moitié de la population réunionnaise parle créole, c’est une langue qui y est toutefois minorée. Elle n’est qu’une langue utilisée à l’oral, dans des conversations informelles, à la maison et avec des personnes âgées, sans avoir un statut officiel. Ainsi, les créolophones sont dans l’obligation d’être bilingues.  

De même que le créole réunionnais, qui est différent d’autres créoles à base lexicale française, le français de La Réunion comprend de nombreux termes et expressions propres aux réalités locales. Il va de soi qu’il n’y a pas toujours d’intercompréhension entre un Réunionnais et un Français venant de l’Hexagone. 

Dans sa thèse de doctorat sous le sujet Créole et français à La Réunion : une cohabitation complexe, en 2011, Fabrice Georger a souligné que si le créole et le français se cohabitent en Réunion, à la télévision, à la radio locale, les conversations de trottoirs, les échanges dans les cours de récréation, pour ne citer que ces espaces, ce n’est que le créole qui est la langue majoritairement parlée. Selon le chercheur, le créole serait même la langue maternelle pour la majorité de la population.

Le rapport entre le créole et le français de La Réunion n’était pas trop différent de celui d’Haïti. En raison du fait que le créole réunionnais est issu de l’esclavagisme, les créolophones exprimaient un sentiment d’infériorité. De plus, leur langue n’est parlée que dans les milieux populaires. En revanche, le français, qui est une langue pratiquée par l’élite de la société réunionnaise, est une langue de prestige.  

Il faut aussi souligner que le créole réunionnais gravit des échelons à petit feu sur le territoire.  Si autrefois il était considéré comme un simple patois, aujourd’hui au même titre que le français, la langue officielle, et l’anglais, l’espagnol et l’allemand, le créole réunionnais est enseigné à l’école. 

Si le français ne fait pas l’unanimité à La Réunion, il représente toutefois un atout pour la communauté francophone en raison de la diversité culturelle qu’elle connait. Une grande partie de la population réunionnaise vient de l’Europe, d’Asie et d’Afrique. Ainsi, Pierre Vergès, dans son article titré La Francophonie dans l’océan Indien : un enjeu majeur face aux défis de la mondialisation, souligne que La Réunion fait figure de « petit laboratoire du monde », car elle dispose d’une expérience de la gestion de la diversité culturelle. « Elle est reconnue comme une terre de métissage, où cohabitent le créole et le français », précise-t-il.