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Pour les lecteurs du Courrier, Julien Cadieux, réalisateur de documentaires, a bien voulu se confier sur son univers littéraire, témoignant de son appréciation pour la bande dessinée, les auteurs acadiens et d’autres œuvres qui l’ont personnellement touché.
MPP: Quel est le livre de ton enfance?
JC: Il y a un petit livre d’enfance à la ferme, puis il y avait là-dedans un de mes premiers mots qui était «moissonneuse-batteuse». Je ne sais pas pourquoi, mais c’est resté. Donc ce livre-là, je l’ai passé ensuite à mes petites nièces par clin d’œil.
Sinon, dans mes livres d’enfance, il y avait toute une collection de livres que ma cousine avait, qui étaient des vinyles qu’on écoutait en même temps qu’on lisait le livre. Et pour moi, c’était tellement exotique de voir un vinyle. Je me souviens, c’était surtout des contes d’Andersen qu’il y avait, mais c’est des beaux souvenirs.
MPP: À l’adolescence, vers quoi t’es-tu tournée?
JC: J’ai beaucoup aimé tout ce qui est BD. J’avoue que j’en lis encore.
Tintin, j’ai offert à mon père toute la collection, puis les Astérix.
Après, ça a été tous les romans de la courte échelle aussi, qui est une [maison d’édition] jeunesse qui a été faite au Québec. Puis, il y avait aussi les films qui accompagnaient ces romans. Ça a été une sorte d’évasion, de découverte du cinéma à travers ces romans.
Il y avait Opération Beurre de Pinot, La Grenouille et la baleine, Vincent et moi. Il y avait vraiment toute une série de films qui allaient avec ces films-là.
MPP: Aujourd’hui, quel livre offrirais-tu à un enfant?
JC: Un roman qui s’appelle Ils sont. C’est un petit livre pour enfants qui parle de Roger et Mathieu, qui sont inséparables, et ça finit en disant qu’ils sont de grands amoureux. Et ce livre-là, ma tante (Marie Cadieux, la directrice littéraire et générale de Bouton d’or Acadie) l’a lu parce qu’elle officiait ma cérémonie de mariage, cet été. C’est un livre que je trouve beau pour montrer l’amour, les amours différents, que j’aime offrir à des gens qui viennent d’avoir un enfant, parce que c’est un petit clin d’œil de moi et de mon conjoint.
MPP: Et qu’est-ce qu’on pourrait retrouver sur ta table de chevet?
JC: N’essuie jamais de larmes sans gants. C’est un roman qui nous parle de ce qu’[ont] été les premières heures au niveau de l’épidémie du sida VIH, à travers deux jeunes amoureux. Ça m’a bouleversé comme livre, parce que c’est toute une part de mon histoire que je ne connaissais pas, et ça me ramène un peu à rendre hommage à nos aïeux qui ne sont malheureusement plus avec nous.
MPP : Si tu devais choisir un livre pour voyager?
JC: J’ai commencé à aimer beaucoup tout ce qui est romans graphiques, tout ce qui est Guy Delisle. Ça fait voyager tout en ayant, dans son temps, une dimension personnelle.
Chroniques de Jérusalem, ça te [montre] vraiment comment les Palestiniens vivent séparés dans un autre univers parallèle des Juifs, tristement, et c’est d’actualité.
MPP: Est-ce qu’il y a un livre que tu conseillerais pour l’été?
JC: De la poésie acadienne.
Soit du Guy Arsenault, comme Acadie Rock, ou je pourrais dire aussi le travail de Sébastien Bérubé.
MPP: Et si tu partais sur une ile déserte, quel livre emporterais-tu?
Une histoire qui ne finit jamais. Une brique, inévitablement. Plusieurs volumes.
En fait, je pense que j’apporterais un dictionnaire. Parce que c’est gros, il y a plein de mots. Donc, ça me donnerait comme défi d’apprendre de nouveaux mots.
MPP: Quel livre, selon toi, faudrait-il avoir lu au moins une fois dans sa vie?
JC: Le Petit Prince. C’est beau parce que présentement, je suis en train de tourner le documentaire qui s’appelle Amir, Petit Prince de l’Inclusion, et ça me fait penser justement au Petit Prince de Saint-Exupéry, parce que dans sa naïveté de l’enfance, comme enfant lourdement polyhandicapé, je pense qu’il réussit à changer le monde à sa façon.
Puis, il y a deux ans, je suis allé au lac Atitlán, au Guatemala, et il y a une montagne qui ressemble un peu [au] chapeau, le «Dessine-moi un mouton», qui est [le] serpent en fait, parce que Saint-Exupéry s’est écrasé dans cette région-là, puis s’est inspiré de ce lieu pour écrire Le Petit Prince. Donc, je dirais que c’est le must.
MPP: Et est-ce qu’il y a un personnage de littérature auquel tu te reconnais ?
Je peux penser à quelqu’un comme Xénia Gould, qui écrit de la poésie queer (des fleurs comme moi). Elle a une plume qui parle de l’Acadie queer, donc je me reconnais dans ce qu’elle écrit.
MPP: Enfin, si tu pouvais partager un diner avec un ou plusieurs auteurs, qui inviterais-tu?
JC: J’aurais beaucoup aimé pouvoir rencontrer Antonine Maillet, mais je ne l’ai jamais fait. Je n’ai même pas eu cette occasion-là. Donc je [me serais] bien rattrapé.
Les efforts ne se sont jamais adonnés pour que je puisse rencontrer Antonine, et puis, remercier de son œuvre.
Les Aventures de Tintin de Hergé
Astérix de René Goscinny et Albert Uderzo
La courte échelle (maison d’édition)
Opération beurre de pinottes de Michael Robbo
La Grenouille et la baleine de Viviane Julien
Vincent et moi de Michael Robbo
Bouton d’or Acadie (maison d’édition)
Ils sont de Michel Thériault
N’essuie jamais de larmes sans gants de Jonas Gardell
Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle
Acadie Rock de Guy Arsenault
Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry
des fleurs comme moi de Xénia Gould
