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le Mardi 2 juin 2026 7:00 Nos communautés - Vallée

Portrait d’une communauté: la Vallée, le berceau de l’Acadie

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Vignoble Lightfoot et Wolfville.
 — PHOTO: Facebook-AFV
Vignoble Lightfoot et Wolfville.
PHOTO: Facebook-AFV

L’établissement de la première colonie française en 1604, à Port-Royal, fait de la Vallée une région porteuse d’un fort patrimoine acadien. Au-delà de ses vignobles et de ses magnifiques champs étendus à perte de vue, la Vallée se démarque ainsi d’autres territoires dits francophones, en Nouvelle-Écosse.

Portrait d’une communauté: la Vallée, le berceau de l’Acadie
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Type de contenu: Actualité

Située le long de la Baie de Fundy, la Vallée couvre les comtés d’Annapolis, de Kings et de Hants. En 2021, Statistiques Canada y recensait 129 306 habitants répartis sur plusieurs localités, telles que Wolfville, Kentville, ou encore New Menas.

Un des établissements phare de la région est l’Association francophone de la Vallée (AFV). Incorporé en 2003, cet organisme a pour but d’assurer la promotion de la langue française et de la culture francophone dans la vallée de l’Annapolis, de Windsor à Digby.

Marie-Josée Dassylva et Marilyn Hervieux travaillent respectivement en tant que directrice générale et adjointe à la direction générale au sein de l’AFV. Cumulant toutes les deux près de 22 ans d’expérience, elles ont pu observer l’évolution sociale et même économique de la région, qu’elles ont bien voulu partagée.

Marilyn Hervieux, adjointe à la direction générale de l’AFV.

PHOTO: Gracieuseté de l’AFV

Marie-Josée Dassylva, directrice générale de l’AFV.

PHOTO: Gracieuseté de l’AFV

PM: Pourriez-vous vous présenter et décrire vos rôles respectifs? 

MJD:  Mon nom est Marie-Josée Dassylva,  je suis la directrice générale de l’Association francophone de la Vallée.

Je chapeaute un sous-programme qui est la garde scolaire, mais en même temps, c’est moi qui m’occupe d’aller chercher des fonds justement pour la francophonie.

C’est moi qui participe à tout ce qui est rencontre au niveau des paliers gouvernementaux. Le rôle des directions générales, c’est pour faire en sorte justement que notre communauté francophone puisse obtenir les activités ou les services nécessaires à notre communauté. 

MH: Et moi, c’est Marilyn Hervieux.

Je suis en résumé l’adjoint de Marie-José. Je m’occupe plus de la partie évènementielle et je m’occupe du service de garde d’après l’école, aussi.

C’est moi qui fait la plupart du temps les communications. C’est moi qui entre en contact avec nos membres pour leur parler des activités qui s’en viennent ou faire des sondages, connaitre leurs intérêts, savoir qu’est-ce qu’ils ont besoin, qu’est-ce qu’ils aimeraient avoir.

Puis, en même temps, toute la partie du service de garde, qui est la gestion des employés, cette partie-là, les horaires, s’assurer que tout respecte les normes du gouvernement.

PM: Comment décririez-vous la population de la région de la Vallée?

MJD: C’est sûr et certain que la réalité de notre communauté est un peu particulière, surtout qu’on est dans un milieu rural à domination anglophone principalement. On a un vaste territoire à couvrir de Digby à Windsor. 

Il y a beaucoup de mobilité aussi, puis des ressources limitées en français. 

C’est sûr que ça apporte plusieurs défis au niveau des déplacements, l’accessibilité, la mobilisation. On est desservi par la base militaire de Greenwood.

MH: Il y a quand même une grande portion de nos membres qui sont justement de la communauté militaire. Parce qu’avec la proximité que nos locaux ont à Greenwood avec l’école francophone qui est principalement, je pense, la seule dans le coin, si je ne me trompe pas.
 
PM: Comment parvenez-vous à assurer la gestion de ces vastes communautés, malgré la limitation de vos ressources?

MJD: Marilyn réalise beaucoup des sondages puis des consultations auprès de la communauté.

Donc on essaie de mieux comprendre les besoins de cette communauté là, les intérêts, la réalité aussi des familles. Ça nous permet de nous adapter. On adapte notre programmation, puis on essaie de développer des initiatives qui répondent davantage aux attentes de la communauté.

PM: Comment décririez-vous la réalité linguistique et culturelle de la Vallée?

MJD: C’est sûr et certain qu’au niveau culturel, on a des francophones qui viennent de partout au Canada à cause de la base militaire.

D’ailleurs, ça peut être des Franco-Ontariens. Ils peuvent venir de partout, c’est sûr. On a des francophiles, aussi. On a certains membres de la communauté qui aiment beaucoup parler en français, mais qui ne sont pas nécessairement du Québec.

On a une école francophone, puis il y a l’AFV. C’est à peu près tout ce qu’il y a dans la Vallée en service francophone, en fait.

Donc ça, c’est sûr et certain que l’accès à certains services en français demeure quand même limité dans la région, ce qui amène parfois à des attentes très élevées envers les organismes communautaires, comme le nôtre.

PM: Quelle origine est, selon vous, majoritaire parmi les nouveaux arrivants immigrants? 

MH: Côté de l’immigration, je crois que c’est un peu plus côté africain que nous on voit dans la Vallée. 

PM: Quels sont les services ou des activités que vous proposez aux nouveaux arrivants dans la Vallée?

MJD: Nous, on ne fait pas la transition des nouveaux arrivants. Ça, c’est encore un peu militaire. Il ne transitent pas avec l’association francophone directement en premier. 

PM: Vous êtes un organisme de référence et le seul à offrir certains services en français dans la Vallée. Souhaitez-vous développer davantage cette proximité avec les nouveaux arrivants; si oui, quelles stratégies envisagez-vous pour y parvenir?

MJD: On est le seul.

C’est sûr et certain qu’on en a déjà discuté, Marilyn et moi, pour cette approche là. Donc moi, je pense que j’ai eu peut-être une prise de conscience lorsqu’il y a eu les Grandes Causeries qui sont débarquées à Greenwood.

J’ai vu aussi qu’il y avait certains besoins dans la Vallée qui n’étaient pas comblés au niveau des nouveaux arrivants. D’ailleurs, même au niveau, que ça soit militaire, je me suis rendue compte que l’association n’était pas si connue que ça, même après 23 ans d’existence. 

Donc oui, c’est sûr qu’on n’a jamais exploré cette piste là dans les années passées, mais comme je dis, les Grandes Causeries m’ont fait réfléchir sur plusieurs points. Donc ça serait bien si on pouvait en tant qu’organisme francophone, le seul organisme francophone dans la Vallée, offrir ces services là. 

À savoir comment les développer. C’est une autre stratégie qu’il faudrait qu’on discute, c’est sûr et certain.

PM: Comment assurez-vous la communication avec les habitants  de la communauté de la Vallée?

MH: Je dirais que nos principales communications se font, pour aller rejoindre le plus de monde possible, via les réseaux sociaux. Celui qui fonctionne le plus pour nous, c’est Facebook. 

Sinon, avec nos membres qui sont vraiment dans la communauté, qui veulent être informés de nos activités, on a leurs adresses courrielles, donc ils reçoivent un courriel quand ils vont avoir des activités qui s’en viennent. 

Mais c’est sûr qu’on aimerait ça pouvoir aller rejoindre plus large, puis aussi inviter les gens à plus interagir avec nos publications. 

PM: Quels sont les principaux besoins observés chez les nouveaux arrivants qui ont déjà eu recours à vos services?

MJD: C’est sûr que lors des Grandes Causeries, j’ai appris que souvent, les gens, quand ils arrivent ici, il y a beaucoup de personnes qui ne parlent pas nécessairement en anglais. Il y en a qui ne parlent pas du tout. Donc il y avait des demandes qu’ils voulaient avoir des services d’accompagnement, soit à l’hôpital, soit téléphoner pour les aider.

PM: Quels objectifs avez-vous déjà définis pour la prochaine année ou pour les deux années à venir pour la communauté?

MJD: L’objectif, c’est surtout de réussir à maintenir une communauté francophone active ici.

On veut continuer d’offrir des espaces où les gens se sentent bien, où ils peuvent se rassembler en français, créer des liens.

Donc, c’est essayer de les inciter à participer à la vie communautaire, malgré tout le roulement de population qu’on peut avoir parce que c’est difficile. Comme je disais, les ressources sont limitées, puis la vie rurale ici est très présente. 

À long terme, mais ça peut être à court terme, si on réussit à garder les familles impliquées, ça serait d’intéresser les jeunes aussi.

Type: Actualités

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