Type de contenu: Récit
Fait intéressant: Ryan a participé à l’émission, En direct de l’univers, Spécial Francophonie Canadienne, diffusée à Radio-Canada au mois de mars. Une émission emblématique pour les Québécois, Acadiens et Francos, d’ici et d’ailleurs.
QUESTION-RÉPONSE
FT: Comment te décrirais-tu, en quelques mots?
RD: Mon nom est Ryan Doucette, je viens de la Baie Ste-Marie — Maxwellton, en Nouvelle-Écosse. Je suis humoriste à temps plein, scénariste, acteur et réalisateur de la série Bedaine.
FT: Comment es-tu arrivé à ce métier?
RD: J’ai étudié à l’Université Sainte-Anne en théâtre. J’ai toujours voulu être un humoriste, mais j’ai pris ce weird détour icitte pour être un acteur, car il n’y avait pas d’humour ici. J’étais à Halifax, où j’ai joué dans des films. J’ai été à Los Angeles pendant cinq ans. J’suis tombé en amour avec le stand up pur et dur — l’humour à l’américaine. Je suis revenu, j’ai été à Toronto pour un an et, quand j’ai déménagé ici, back en Nouvelle-Écosse, j’ai commencé à faire de l’humour en français. J’ai fait des shows et cela a marché. Pas de plans de carrière — ma vie a été que des accidents, et me voici icitte, me dit-il!
FT: Qu’est-ce qui t’a amené à participer aux consultations de la FANE?
RD: Ils m’ont demandé de faire partie du projet. Ça peut devenir très dense, sérieux et lourd. L’équipe de recherche a eu un flash. Il y a moi, Hughie Batherson, Ronald Bourgeois et Souhaël Bouallagui qui font ça; nous, on est des animateurs. On est là pour vraiment stimuler la conversation, et aussi, ce projet m’intéresse, j’étais curieux. Je suis très concerné par la langue française en Nouvelle-Écosse. Je suis dans le domaine de la culture, je travaille là-dedans. Qu’est-ce qu’on produit ici? Qu’est-ce que le monde cherche? Qu’est-ce que les francophones veulent? Comment améliorer nos régions acadiennes, les soutenir et garder le monde dans nos régions?
FT: Que représente pour toi être Acadien?
RD: Une bonne question. La question qui tue. C’est mes racines, c’est d’où je viens. Dans Bedaine, mon émission, «Bedaine» est un super héros dans une région qui est inspiré d’où je viens. Ce qui représente d’être Acadien, c’est d’être fier d’où tu viens et de regarder le futur. On peut laisser tomber les hameçons, les petits chapeaux. C’est le temps de les laisser aller, on les a créés. C’est l’fun de les avoir, mais on est capable de nouveautés. Être Acadien, c’est comment tu t’exprimes, restes francophone et gardes tes tournures de phrases.
FT: Est-ce que ton parler et tes expressions acadiennes te causent parfois des embuches lors de tes spectacles?
RD: Moi, faut que je twiste des affaires, faut que je change mes tournures de phrase et mes mots, dépendamment où je suis. Parfois, les gens de la Baie Sainte-Marie m’entendent à la télévision et se disent, «Pourquoi est-ce qu’y parle pas comme nous?» Pour ma carrière en communication, je dois m’adapter, jouer pour les deux publics — je veux être vrai à mon monde de chez nous, mais je veux aussi être compris.
FT: Comment ton héritage acadien influence-t-il ta créativité et tes propos en humour?
RD: C’est pas mal 99 % de ça. Toutes mes propos venont de mon vécu, d’où je viens, où est-ce que j’ai grandi. Ma mère fait beaucoup partie de mes propos. Même la façon que je livre mon message — la tournure de phrase, les accents, le rythme. Anecdote: Selon un ami humoriste, tout le monde à la Baie Sainte-Marie dit «non» de la même façon. Ils font une grimace et disent, NON! C’est vrai, [je confirme].
FT: Présentement, quels sont les défis de la communauté francophone de la province?
RD: Les gros défis, c’est comment garder le monde ici dans les régions — ressources-emplois. Comment faire pour garder la langue vivante avec le manque de divertissement qui garde le monde icitte.
Ça prendrait de l’innovation, bonne question. Je ne suis pas en politique, moi! Les budgets culturels sont différents des autres provinces. Au niveau sportif, la variété des activités proposées dépend aussi du nombre de participants. Parfois, il n’y a pas assez de jeunes pour offrir des activités. Les services en français dans les commerces changent à l’anglais.
FT: Comment peut-on encourager les jeunes à s’exprimer et à vivre en français dans notre province?
RD: Il y a beaucoup de trucs qu’on pourrait faire. Il faut qu’on attire les jeunes et qu’on évolue au même rythme que les jeunes. Il y a les traditions qui sont importantes, mais y faut que ça soit innovateur. Si c’est pas sur TikTok, ça marche pas! Bedaine, mon show, est à propos d’un super héros. Il y a plein d’écoles au Nouveau-Brunswick qui montrent ce show-là, c’est identifiable.
FT: Chanson francophone à écouter?
RD: «Piste 1» de Galaxie.
