Type de contenu: Actualités
Aux premiers mots échangés avec Marie-Christine Arpin, Maggie et Isabelle Savoie (Louise Poirier, la quatrième membre du groupe étant absente ce jour-là), l’on reconnaît tout de suite leur amitié de longue date qui contribue à nourrir leur univers musical.
Comme elles nous le racontent à la suite de la discussion, les quatre femmes originaires de Kedgwick, au Nouveau-Brunswick, se connaissaient depuis longtemps avant de se décider à monter leur groupe en 2011, animées par un intérêt commun pour la chanson.
«Dans le fond, c’était vraiment pour le fun», se souvient la chanteuse et guitariste Marie-Christine Arpin. «On aimait ça, puis on n’a jamais arrêté.»
Or, aussi passionnées qu’elles soient, Les Bluecharms, à l’exception de l’auteure-compositrice-interprète Maggie Savoie, ne sont pas musiciennes à temps plein, mais ont toujours conjugué leur vie d’artistes avec leurs vies professionnelles et personnelles.
Chanter et jouer d’un instrument, c’est finalement, pour elles, une belle échappatoire aux défis et aléas du quotidien.
C’est vraiment pour le plaisir. Je pense que c’est la clé du succès, si on veut qu’un groupe dure longtemps.
«C’est vraiment pour le plaisir, exprime Maggie Savoie. Je pense que c’est la clé du succès, si on veut qu’un groupe dure longtemps.»
Et peut-être aussi qu’au sein de leur univers mêlant blues, rock and roll, country ou encore notes gitanes, les thèmes qu’elles évoquent ont su trouver leur public. Inspirés par leur quotidien tout comme certains enjeux politiques, sans oublier le paysage qui les a vues grandir, leurs morceaux parlent de ce qui les touche, mais toujours avec une pointe d’humour.
«Les gens trouvent ça drôle, partage Maggie Savoie, mais, en même temps, ils se sentent attachés aux paroles souvent, surtout quand on est en région, parce que c’est ça, je pense. Les gens s’identifient à nos paroles.»
«Vu qu’on vient de la région, tout le monde de la région se reconnaît un peu, peut-être, dans nos tounes», renchérit sa sœur, Isabelle Savoie, chanteuse, bassiste et mandoliniste.
«Dans le fond, toutes les petites régions ont les mêmes défis, partout. Je pense que ça rejoint des thèmes un peu universels de gens de région», soutient à son tour Marie-Christine Arpin, ajoutant plus loin: «Le territoire est important, puis c’est quelque chose qui est dans nos valeurs.»
Pour ces raisons, elles se disent très enthousiastes à jouer pour la première fois à Halifax, pour le Grou Tyme.
«On a ressorti des vieilles chansons que mon père a faites dans les années 70, a créées avec son frère sur l’histoire des Acadiens, toute l’histoire des Acadiens, raconte Isabelle Savoie. Puis on trouvait ça important de les ressortir, puis on les a ressorties justement pour parler de ça, pour le 15 août, la fête des Acadiens. Mais en général, c’est sûr, toutes nos tounes touchent un peu l’Acadie, puis notre histoire d’aujourd’hui, des Acadiens et des Acadiennes. C’est la petite touche spéciale.»
Pour Maggie Savoie, c’est aussi l’occasion de rencontrer les autres francophones et la communauté locale. Les Bluecharms restant, sans le revendiquer comme un combat politique, malgré elles, très attachées à leur francophonie.
«Souvent, on nous demande: “Est-ce que vous chantez en français pour valoriser la langue française?”, mais en même temps, c’est juste, je ne pourrais pas écrire une toune en anglais parce que mon anglais est super mauvais. C’est juste, c’est naturel pour nous, mais en même temps, on réalise que c’est un peu valoriser la langue française de le faire», exprime-t-elle.
Et alors que les spectacles s’en viennent, et qu’on les attend déjà de retour à Halifax pour le Francofest cet automne, les trois amies confient également espérer arriver à réaliser un autre de leur projet.
«On aimerait sortir un nouvel album, partage Maggie Savoie, mais ça, ça fait longtemps. On a beaucoup de tounes qui n’ont jamais été enregistrées, en fait, parce qu’on ne trouve pas le temps, puis on ne trouve pas le financement, bien souvent. Ça fait que c’est un enjeu qui fait qu’on n’a pas réussi. On a seulement un EP avec 5-6 chansons.»
«Puis on est en train d’en faire des nouvelles ici», ajoute Isabelle Savoie.
«On va s’aligner pour essayer d’en faire un cet hiver!», conclut finalement Marie-Christine Arpin, avant que toutes s’exclament en cœur: «On a hâte!»
Entre quelques éclats de rire, elles sont prêtes à «aller taper du pied avec le monde d’Halifax».
