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«Je suis moitié acadienne et moitié chinoise. J’ai grandi ici dans les écoles francophones et c’est là que j’ai commencé à chanter en français», raconte Serena Wu, en revenant sur son parcours.
Enthousiaste et enjouée, elle définit sa musique comme de la pop teintée d’influences indie et funk, et se réjouit de pouvoir l’interpréter tant en français qu’en anglais.
«Je crois que c’est beau de chanter dans les deux langues parce que tu peux atteindre plus de gens, affirme-t-elle, et il n’y a pas tous les anglophones qui comprennent le français [ni] tous les francophones qui comprennent l’anglais. Mais il y a aussi des francophones qui apprécient les chansons en anglais et les anglophones qui apprécient les chansons en français.»
Serena Wu.
Pour Serena Wu, l’important est avant tout de pouvoir s’exprimer à travers la musique, un univers dans lequel elle baigne depuis l’enfance.
«Mes deux grands-parents sont musiciens et ils ont joué ensemble dans un groupe pendant 40 ans, partage-t-elle, et, quand j’avais neuf ans, ma famille a décidé qu’il fallait me mettre dans des cours de piano. Et après les cours de piano, j’ai commencé à chanter.»
Poursuivant son chemin en s’initiant au ukulélé, de fil en aiguille, elle en vient à écrire ses propres chansons. En 2020, encouragée par des personnes rencontrées au sein du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), elle sort son premier simple, «Assez».
Évoluant désormais sous le label Acadian Embassy de Trevor Murphu, elle a lancé les titres «Étranger», en 2024, de même que «Détruit (Hate U Now)» et Hate U Now, en 2025, la première chanson parlant «de la confusion que l’on ressent lorsqu’on tombe amoureux de quelqu’un tout en se demandant qui il est vraiment» et les autres parlant de rupture.
Aujourd’hui, elle prépare la sortie d’un nouveau morceau, «Tu n’as rien sur moi», qu’elle interprètera sur la scène du Carleton. Un grand honneur pour elle, qui a longtemps fréquenté le lieu quand elle était plus jeune, alors qu’elle n’imaginait pas devenir un jour elle-même une artiste professionnelle.
«Je pouvais pas y croire parce que Carleton, c’est vraiment un des meilleurs endroits dans l’Atlantique pour faire de la musique live.»
Serena Wu.
Sans perdre son enthousiasme, elle partage également sa joie d’assurer la première partie de Caroline Savoie.
«Elle est vraiment incroyable et non seulement, déjà, elle a une voix incroyable, c’est admirant, et aussi, elle a plus que 50 chansons, et elle a juste une très belle carrière», s’émerveille-t-elle, ajoutant plus loin: «N’importe qui qui s’intéresse à la musique ou à l’écriture ou à la musique francophone, je crois que c’est une très belle opportunité qu’une artiste comme Caroline Savoie s’en vient à Halifax. Et je dirais que ce serait une très bonne soirée. J’imagine qu’on va beaucoup rire.»
Heureuse de ce qui s’annonce devant elle, c’est au nom de sa famille qu’elle se réjouit aussi, fière de pouvoir transmettre son héritage acadien et francophone à travers sa musique.
«La famille de ma grand-mère, ils habitent toujours à la Baie Saint-Marie et il y a beaucoup de gens dans ma vie qui sont francophones. Alors, juste le fait que tout le monde peut être inclus dans ma musique, c’est important. C’est assez spécial, surtout parce que, puisque c’est une langue minoritaire en Nouvelle-Écosse, le plus de musique et d’art qu’on peut offrir en français, le mieux c’est pour la culture et pour les francophones.»
