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Suites de Bach réinventées, quelques notes de musique pour voyager à travers le temps

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Vincent Lauzer. — PHOTO: De courtoisie
Vincent Lauzer.
PHOTO: De courtoisie

Du 22 au 25 mars, Dorothéa Ventura et Vincent Lauzer, de l’ensemble Les idées heureuses, étaient de passage à Halifax pour présenter Suites de Bach réinventées, un concert de musique ancienne.

Suites de Bach réinventées, quelques notes de musique pour voyager à travers le temps
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Type de contenu: Actualité

Invités par la Early Music Society of Nova Scotia et le Scotia Festival of Music, les deux musiciens québécois ont évoqué avec Le Courrier leur passion du métier et leur joie de la partager.

«On s’est un peu approprié la musique de Bach, mais qui n’avait pas été écrite pour notre formation, c’est-à-dire il n’y a pas de musique écrite pour flûte à bec et clavecin», explique Dorothéa Ventura à propos du concert qu’ils sont venus donner.

«C’est du scrapbooking musical, s’amuse son partenaire, Vincent Lauzer. C’est ce qu’on présente, puis ça en fait un concert que personne d’autre que nous deux présente.»

Aux premiers abords, lorsque l’on rencontre Dorothéa Ventura et Vincent Lauzer, c’est leur complicité qui ressort. Si l’une est claveciniste et l’autre flutiste à bec, ils ont en commun ce même attrait pour la musique ancienne, qui les a amenés à travailler ensemble sur de nombreux projets, et ce, depuis 1996.

Dorothéa Ventura.

PHOTO: De courtoisie

«La première fois qu’on s’est rencontrés, je l’accompagnais pour un concours. Il faisait un concours du Canada en flute à bec. Il avait huit ans», raconte Dorothéa Ventura, sans oublier de souligner que Vincent Lauzer avait gagné le concours.

Ayant commencé très jeunes à pratiquer leur instrument de prédilection, les deux artistes le disent tous les deux ainsi, dès lors qu’ils les ont eus en main, il n’était plus possible de s’en séparer. De même, ils ont le sentiment que le monde de la musique ancienne s’est imposé à eux comme quelque chose auquel ils ne pouvaient échapper. 

«C’est une musique qui accorde beaucoup de liberté à ses interprètes, qui demande une grande créativité, explique Vincent Lauzer. En fait, c’est très différent de la musique classique, où il y a beaucoup d’informations qui sont dans la partition. Nous, il y en a très peu.»

Il confie que c’est justement cette forme de liberté, ainsi qu’un certain esprit de communauté, qui lui plait particulièrement dans ce mouvement musical. Et sa partenaire de scène abonde dans son sens:

«On ne peut pas faire cette musique-là sans aller chercher des sources historiques. Donc, c’est beaucoup aussi un partage d’informations. Et puis, on sait que, dans les groupes, il y a des gens qui sont plus versés dans cette recherche-là, donc ça va être un peu plus vers eux qu’on va se fier pour cet aspect-là de la musique, et donc la collaboration est en fait nécessaire. Et puis on se sent plus comme une famille.»

Les deux artistes ne cachent pas leur plaisir de retrouver ce petit monde de la musique ancienne dès que les occasions de jouer ensemble se présentent, tout comme le fait d’évoluer au sein d’un écosystème de niche, particulièrement florissant à Montréal et, plus largement, en Amérique du Nord.

Vincent Lauzer.

PHOTO: De courtoisie

«Il y a comme un public de fidèles qui croit en cette musique-là, assure Vincent Lauzer, puis qui va toujours être là. Puis, je pense que, pour le public de musique classique en général, ça peut être assez rafraichissant.»

«C’est le côté de la proximité aussi, de sentir qu’il y a une interprétation spontanée, ajoute Dorothéa Ventura, parce que c’est ça aussi, comme on a une certaine liberté au niveau d’improvisation de certaines choses dans la musique. Mais ce côté improvisé, ils sentent que c’est fait pour eux là, en ce moment, et que demain, ça sera une autre chose, que c’est quelque chose qu’on peut moins voir dans un orchestre symphonique.»

Ils évoquent également l’authenticité des instruments d’époque, qui représente un certain attrait chez leurs spectateurs.

«Pour beaucoup de gens, c’est aussi une façon de voyager dans le temps, estime Vincent Lauzer, puis dans un temps qu’on entend moins souvent».

D’autant plus pour les jeunes enfants, comme le fait remarquer Dorothéa Ventura:

«Quand on leur dit, “Avez-vous déjà vu un clavecin?”, et que personne ne lève sa main, et puis qu’après, ils viennent s’assoir à côté du clavecin, puis ils jouent, puis les yeux sont illuminés parce que, “Wow, c’est différent d’un piano!”»

Les deux artistes en profitent pour partager leurs impressions concernant les deux représentations qu’ils sont venus donner dans les écoles du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP). Ils confient avoir été particulièrement marqués par la vive curiosité des élèves.

«On s’est fait poser les questions: faites-vous ça à temps plein? Comment vous avez commencé? Pourquoi vous avez choisi ces instruments-là? Il y a un intérêt, puis je pense qu’il y a des reflets qui se font avec ce qu’eux vivent, ce qu’ils se voient peut-être faire plus tard», suggère Vincent Lauzer.

D’où l’importance d’autant plus grande pour eux de transmettre leur art.

Il faut vraiment la faire vivre, cette musique-là, parce qu’il faut en fait que la jeune génération soit exposée à ça […]

— Dorothéa Ventura

«Il faut vraiment la faire vivre, cette musique-là, parce qu’il faut en fait que la jeune génération soit exposée à ça parce que, si on ne force pas cette exposition dans la vie de tous les jours, on ouvre la radio, il n’y a pas beaucoup de musique classique», regrette Dorothéa Ventura, considérant que cette mission fait partie intégrante de la vie d’un interprète de musique ancienne, au risque de la voir un jour disparaitre.

«J’aime penser qu’on peut jouer n’importe quelle musique pour n’importe qui, suffit de trouver une façon de la présenter», soutient Vincent Lauzer, pour qui la musique peut être appréciée partout et par tout le monde, quels que soient l’âge et le milieu:

«Même dans les grandes villes où il y a des concerts de musique ancienne à chaque semaine, il y a des gens qui vont être très fermés. Donc c’est plus essayer d’ouvrir les esprits de la meilleure façon qu’il soit, puis que les gens repartent avec la bonne expérience.»

Type: Actualités

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