Type de contenu: Actualité
L’idée de ce balado est née du constat qu’il existe une francophonie riche et diverse à Halifax, et en Nouvelle-Écosse de manière générale, mais qui reste pourtant très peu entendue, car bien souvent restreinte à la salle de classe ou à la sphère privée.
«Quand tu sors dans la rue, dans tes interactions au quotidien, c’est assez rare d’entendre le français, alors qu’on sait qu’il y a une communauté ici», témoigne Nour Hafid, chargée de projet à l’Alliance Française.
En donnant la parole aux francophones, le balado devait donc répondre à cet écueil, pour montrer que la langue française fait partie de la vie de tous les jours en Nouvelle-Écosse, et ne se limite pas à ces espaces.
Il s’agissait aussi de refléter la diversité de la francophonie, notamment par le choix des différentes personnalités invitées au sein des épisodes.
«On veut vraiment que nos profils et nos invités aient vraiment des profils très divers, des accents divers, également des niveaux divers. Ça aussi, c’est important parce que l’un des objectifs du balado aussi, c’est démontrer qu’on n’a pas besoin d’avoir un français parfait, entre guillemets, pour pouvoir l’utiliser tous les jours.»
Ainsi, les différents hôtes sont encouragés à partager leurs expériences et leur vécu de la façon la plus authentique et naturelle possible, car à travers ces échanges, le balado cherche aussi à traiter de thèmes généraux et facilement accessibles à ses auditeurs.
En effet, ce projet s’inscrit également dans une optique éducative, puisque chaque épisode produit s’accompagne de la création d’une fiche pédagogique destinée aux classes de l’école de langue de l’Alliance Française et aux établissements scolaires francophones.
«Le but en fait, à long terme, c’est que les apprenants entendent des voix qui [leur] ressemblent», s’enthousiasme Nour Hafid, affirmant qu’il y a autant de français que de locuteurs francophones.
«On parle tous français, mais on le parle chacun de notre façon, insiste-t-elle. On a chacun nos propres petites expressions, nos propres petites tournures de phrases, nos accents et je pense que c’est ça qui fait la beauté de la langue, en fait, cette diversité.»
En mettant en avant ces manières différentes d’utiliser et de parler français, Nour Hafid explique que l’un des autres enjeux centraux de ce balado est aussi de lutter contre l’insécurité linguistique, qui touche un grand nombre de personnes.
«Beaucoup de personnes, notamment celles qui auront appris le français, soit à [l’enfance], soit plus tard dans leur vie, on va constater qu’ils osent pas [l’]utiliser en public, ou dans un cadre professionnel.»
À travers ces balados, qui s’adressent aussi bien aux francophones qu’aux francophiles et apprenants du français, mais également aux corps enseignants, il s’agit donc de défendre l’idée qu’on n’a finalement pas besoin de parler un français académique pour vivre dans cette langue.
Ainsi, le projet de l’Alliance Française vise à faire le pont entre les communautés, en démontrant que le français peut tout à fait être une langue du quotidien et apprécier pour sa diversité, son authenticité et ses imperfections.
