le Vendredi 5 juin 2026
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Le Francofest et Nocturne, deux festivals unis pour célébrer la francophonie

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Paysages parlés sur la Grande Arche d’Halifax. — PHOTO: Margaux Paz Paredes
Paysages parlés sur la Grande Arche d’Halifax.
PHOTO: Margaux Paz Paredes

Depuis 2008, le festival Nocturne d’Halifax donne voix et pouvoir à la communauté artistique locale en facilitant les opportunités d’exposition. Se déroulant avant le début du Francofest, les deux évènements collaborent depuis une dizaine d’années pour mettre en avant, parmi les nombreuses œuvres présentées, un artiste francophone.

Le Francofest et Nocturne, deux festivals unis pour célébrer la francophonie
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Type de contenu: Actualité

Nocturne marque ainsi, chaque année, la première étape du festival des cultures francophones et annonce en même temps son avènement à un très grand public.

«C’est bien pour nous aussi parfois de s’intégrer dans la programmation d’autres festivals, exprime Marion Cousin, membre de l’équipe du Francofest. Comme ça, on existe en dehors du cercle de la francophonie et on arrive à mettre justement en lumière la francophonie auprès de gens qu’on ne toucherait jamais ou qu’on toucherait beaucoup plus difficilement parce qu’il y a cette barrière de la langue.»

Selon elle, cette collaboration est tout autant importante pour Nocturne, qui cherche de plus en plus à présenter des artistes non anglophones et à mettre en avant des communautés sous-représentées. 

«On travaille vraiment sur ça avec eux [et] avec d’autres partenaires, souligne-t-elle, par exemple comme l’Alliance française.»

Paysages parlés sur la Grande Arche d’Halifax.

PHOTO: Margaux Paz Paredes

Pour cette année 2025, le Francofest a mis à l’honneur Paysages parlés, une œuvre de l’artiste visuelle montréalaise Annie Briard, désormais basée à Vancouver.

«À chaque fois que j’ai l’occasion de faire quelque chose avec des francophones, c’est avec un grand engouement», exprime cette dernière, tout en soulignant son engagement envers la communauté artistique francophone du Canada.

Cela lui tient d’autant plus à cœur depuis qu’elle a quitté le Québec et qu’elle est devenue maman. La transmission de sa langue et de sa culture à son enfant est, en effet, très importante à ses yeux.

«C’est quelque chose qui est difficile à encourager, à continuer dans un domaine où c’est vraiment une langue extrêmement minoritaire.»

Très préoccupée par les enjeux environnementaux contemporains, l’artiste est notamment connue pour ses projections qui questionnent et déconstruisent la vision que nous avons de notre monde. 

Les œuvres que je suis en train de créer sont vraiment toujours en réponse aux expériences, à mon vécu, à ce que j’entrevois, à ce que je perçois.

— Annie Briard

Habituée à collaborer avec des galeries ou des musées disposant des moyens techniques nécessaires pour projeter ses images sur des façades souvent monumentales, sa participation au festival a demandé de longs mois de travail et de communication.

Les questions logistiques étaient un véritable enjeu, car il fallait qu’elle puisse conceptualiser à distance un projet sur mesure pour la Grande Arche, son site d’exposition, qu’elle n’avait pas visité avant le jour de l’évènement. 

De plus, il était impossible d’anticiper les difficultés liées à une installation en extérieur.

«T’es pas au contrôle de ce qui peut se passer, fait remarquer Marion Cousin. Donc oui, ça a été plusieurs mois de travail, d’échanges avec elle. Il y avait un côté technique qui était quand même assez important dans son projet, donc ça a été aussi de trouver des personnes avec qui travailler pour avoir le bon matériel pour présenter son travail.»

«Il n’y a pas de test qu’on peut faire au préalable, raconte à son tour Annie Briard. C’est vraiment: tu t’installes. En plus, le festival commençait avant le coucher du soleil, fait que j’ai dit, “C’est pas vraiment possible de faire le mapping avant qu’il fasse noir”. Mais c’est ça, avec beaucoup de préparation et d’expérience, ce n’était pas un problème, ça a bien fonctionné.»

L’œuvre présentée a été amorcée après la création de la série photographique In Possible Lands, qui confronte un premier paysage pris par son père durant une traversée du Canada il y a 50 ans à un cliché actuel qu’elle a elle-même réalisé.

«Je les ai regardées de plus près et puis j’ai réalisé qu’il y avait plein d’environnements qui avaient carrément changé, raconte-t-elle. Des glaciers qui n’existaient plus, des lacs qui n’existaient plus, des rivières où il n’y en avait pas avant.»

L’artiste s’en est inspirée pour imaginer un nouveau projet continu, nomade et voyageur: Refracted Fields, une projection vidéo exposée à la Surrey Art Gallery, qui s’est ensuite transformée en Paysages parlés pour le Francofest, avec, notamment, l’ajout de paysages des Maritimes.

«Parler de la francophonie, de la langue, ça venait avec le fait de comparer, d’amener un terrain dans un autre terrain, un paysage à un autre, explique-t-elle, et puis de penser comment la langue nous fait découvrir des paysages et des environnements de différentes façons, mais aussi à quel point la francophonie est vraiment établie un petit peu partout dans le monde.»

En vue du contexte nocturne, elle a aussi souhaité y apporter une dimension ludique, pour divertir petits et grands.

«J’ai créé des espèces de marionnettes avec des lettres et avec des animaux du Canada qui étaient façonnées avec de l’acrylique coloré transparent, qui est un matériel dont je me sers souvent dans le studio. Donc, j’ai fait ça et puis c’était vraiment le fun. On voyait les gens écrire toutes sortes de mots, surtout en français, par-dessus les projections.»

Si l’artiste confie qu’elle ignorait à quoi s’attendre avant de participer à l’évènement, elle a finalement été très satisfaite de son expérience, impressionnée par tout le monde présent et s’être beaucoup amusée.

«J’ai vraiment adoré ça. J’ai trouvé que les gens étaient extrêmement chaleureux, sympathiques. Chaque personne que je croisais, même juste dans la rue en allant prendre un café, était aimable, plaisante. Et je me suis dit, “Wow, la vie! On vit quand même bien à Halifax.” J’ai vraiment aimé mon temps là-bas et je me dis que c’est sûr que je reviendrai.»

Une impression très positive partagée avec Marion Cousin qui se réjouit de voir l’union des deux festivals se consolider au fil du temps.

«Cette année, on est vraiment allé dans encore une meilleure collaboration avec eux», affirme-t-elle.

Elle se dit aussi fière que le Francofest ait pu organiser, pour la première fois avec l’Alliance française, des NOC-TOUR IN FRENCH, des tours de Nocturne en français.

«On a vraiment réussi à mettre en lumière la francophonie via ça, via le projet d’Annie, avec plusieurs partenaires, et Nocturne a vraiment appuyé sur ça, donc c’était vraiment super», s’enthousiasme-t-elle, en pensant déjà aux beaux projets qu’ils espèrent présenter l’année prochaine.

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