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Feeling Her Way: trouver l’harmonie à partir du chaos

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Exposition Feeling Her Way de Sonia Boyce. — PHOTO: Margaux Paz Paredes
Exposition Feeling Her Way de Sonia Boyce.
PHOTO: Margaux Paz Paredes

Le jeudi 11 septembre, l’Alliance française d’Halifax a organisé un tour d’art bilingue à la Galerie d'art de la Nouvelle-Écosse sur l’exposition Feeling Her Way de l’artiste britannique Sonia Boyce.

Feeling Her Way: trouver l’harmonie à partir du chaos
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Type de contenu: Actualité

Cette expérience immersive particulière, véritable polyphonie sonore et visuelle, est un chemin sensoriel et riche en questionnements. «J’adore cette notion d’engager les différents publics et de s’assurer que les gens se sentent à l’aise pour échanger en français sur des thèmes importants», s’enthousiasme Sophie Pilipczuk, responsable de l’administration et de l’engagement du public à l’Alliance française.

Une de nos missions à l’Alliance française, c’est de sortir le français de la salle de classe et aussi de permettre des discussions.

— Sophie Pilipczuk

Grande amatrice d’art, Pilipczuk a travaillé pendant 17 ans au sein de l’institution, qu’elle considère toujours comme un lieu idéal pour allier contemplation et dialogue. «Pour toutes les expositions itinérantes, les grandes expos, il y a au moins une activité en français, explique-t-elle. Une visite guidée ou une conversation animée.»

Exposition Feeling Her Way de Sonia Boyce.

PHOTO: Margaux Paz Paredes

C’est dans ce contexte qu’un public amateur d’art s’est retrouvé, le jeudi 11 septembre, pour découvrir l’œuvre de Boyce.

Figure majeure des années 1980, incontournable du mouvement artistique noir britannique, Sonya Boyce a commencé son parcours artistique en faisant des pastels et du dessin d’envergure.

«Donc, elle sait dessiner, souligne Pilipczuk. Pour certaines personnes, c’est très important. Parce qu’on voit quelque chose comme ici et on se dit, parfois, c’est pas de l’art, ce n’est pas ce que je pense que l’art est. [Mais], comme pour tout, l’art est une langue qui évolue avec le temps.»

Sa pratique artistique de ces dernières années s’articule autour de la création de performances surprenantes et explore, avec un intérêt sous-jacent, le croisement entre l’art, l’intime et le politique.

Initialement commandée par le British Council pour la 59e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise 2022, et récipiendaire du prix Lion d’or de la meilleure participation nationale, la présentation canadienne de Feeling Her Way a été organisée par la Fondation PHI pour l’art contemporain.

L’œuvre met en scène les voix de Jacqui Dankworth, Poppy Ajudha, Sofia Jernberg et Tanita Tikaram, réunies par l’artiste entre les studios Abbey Road de Londres et Atlantis de Stockholm. Dirigées par la compositrice Errollyn Wallen, elles y explorent une performance mêlant improvisation et imagination.

Exposition Feeling Her Way de Sonia Boyce.

PHOTO: Margaux Paz Paredes

Le public se retrouve ainsi plongé dans une expérience particulière, où le son occupe une place centrale. «Au Musée des beaux-arts, vous avez peut-être l’idée de quelque chose principalement de visuel, exprime Pilipczuk. On s’attendrait à voir un paysage, et là, ce que nous [vivons], c’est un paysage sonore.»

Exposition Feeling Her Way de Sonia Boyce.

PHOTO: Margaux Paz Paredes

Si l’observation peut paraitre dans un premier temps désagréable, en raison de l’ampleur sonore et du chaos des voix mélangées, tout finit par prendre sens une fois que l’on accepte de s’immerger dans l’espace et de se laisser porter. «J’ai trouvé que c’était émouvant au point où j’en ai pleuré», se confie même Pilipczuk.

Mais l’aspect visuel de l’exposition est tout aussi saisissant que l’omniprésence du son. Vidéos aux couleurs vives, papiers peints, mosaïques, sculptures géométriques dorées et exposition de souvenirs musicaux issus de la collection continue de l’artiste envahissent l’espace, témoignant du long travail de Boyce pour documenter les contributions transnationales des musiciennes noires britanniques.

«En tant que femme noire, avec son vécu, je pense qu’il y a un élément de prendre de la place aussi, de s’insérer dans un système qui n’[était] pas particulièrement, plus maintenant, mais pendant très longtemps, ouvert à certaines populations.»

Selon Pilipczuk, la performance invite donc à explorer des questionnements de l’ordre du transnational et de l’interculturel, avec la suggestion que la musique peut aussi être un langage. «Comment on utilise nos mots, nos voix, nos forces, tout ça, c’est représenté dans cette œuvre, et ça nous permet de voir comment on peut improviser ensemble. L’idée de collaboration active et créative», affirme-t-elle. 

«On a tous besoin de savoir comment collaborer, et d’improviser, parce que les choses arrivent de façon de plus en plus rapide dans le monde et que c’est compliqué, et qu’il va falloir avoir un sentiment de communauté et de rassemblement.» 

Ainsi, plus on passe de temps dans l’exposition, plus l’ensemble prend sens et nous apporte, sinon des réponses, du moins une certaine compréhension de ce que l’artiste a peut-être voulu partager. «Il y a un moment où tout se réunit, [une] harmonie paisible qui se déroule, analyse Pilipczuk. Et je pense que c’est une métaphore merveilleuse [de] la vie.»

Exposition Feeling Her Way de Sonia Boyce.

PHOTO: Margaux Paz Paredes

Exposition Feeling Her Way de Sonia Boyce.

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Exposition Feeling Her Way de Sonia Boyce.

Crédit: Margaux Paz Paredes

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