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Le marché parisien: «C’est Halifax qui nous a choisis»

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Fatima et Hachim Selini, fondateurs du marché parisien. — PHOTO: Fatima Selini
Fatima et Hachim Selini, fondateurs du marché parisien.
PHOTO: Fatima Selini

Passionnés de voyages et d’entrepreneuriat, Hichem et Fatima Selini, un couple ambitieux originaire de France, vont très bientôt ouvrir Le marché parisien, un magasin concept mêlant épicerie, boulangerie-pâtisserie et café, dans une ambiance parisienne inspirée de la Belle Époque.

Le marché parisien: «C’est Halifax qui nous a choisis»
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Type de contenu: Actualité

Très attachés à leur culture française et animés par la volonté d’apporter quelque chose de nouveau à la Nouvelle-Écosse, ils reviennent sur leur histoire et ce qui les a poussés à se lancer dans cette nouvelle aventure.

«Ça fait 18 ou 19 ans qu’on a quitté la France», se remémore M. Selini. De l’Arabie Saoudite à Dubaï, en passant par l’Irak et le Kenya, il commence son récit en racontant les différents lieux où ils ont vécu avec sa femme, avant de finalement poser leurs valises à Halifax, il y a un peu plus d’un an et demi de cela.

«Du fait qu’on ne restait pas suffisamment longtemps dans les pays dans lesquels nous habitions, on ne pouvait pas forcément se projeter», explique Mme Selini, avant de développer sur ce besoin de stabilité qui les a poussés à chercher un endroit où ils pourraient enfin s’installer définitivement.

Après plusieurs réflexions, c’est en fin de compte sur le Canada que leur choix s’est porté. «C’est un pays qui combine pas mal d’avantages, et surtout par rapport à nos enfants qui grandissent et qui se préparent pour l’université», expose-t-elle.

Une décision qui s’est ensuite affinée lorsqu’ils ont adopté la Nouvelle-Écosse, et plus particulièrement Halifax, comme lieu de résidence. «C’est la province qui est la plus proche de la France, donc qui permet d’avoir des trajets assez courts, et puis Halifax, c’est une ville à taille humaine. C’est un peu ce qu’on recherchait. On ne voulait pas aller dans les grandes villes, les grandes capitales, et on voulait pouvoir avoir une vie de famille aussi, un peu à l’écart de la ville», exprime-t-elle.

«On a estimé qu’il y avait une bonne opportunité, ici, à Halifax, et quand on a trouvé l’emplacement, à Bedford, on s’est dit voilà, on y va», abonde M. Selini, en mettant l’accent sur le caractère entrepreneurial de leur décision. «C’est Halifax qui nous a choisis, c’est pas nous qui l’avons choisi.»

N’ayant pas peur de se lancer dans un milieu qui ne fait pas explicitement partie de leurs domaines d’expertises, bien que, comme tient à le rappeler M. Selini, leur concept correspond davantage à une offre de snacking (prêt-à-manger) plutôt que de cuisine, leurs observations du marché les ont également convaincus que leur projet avait toutes ses chances de s’épanouir à Halifax. 

En effet, constatant le manque de produits français accessibles dans le pays contrastant avec la demande pourtant présente, de par la communauté francophone, mais pas seulement, ils ont décidé de faire de ce problème une opportunité. 

«On s’est rendu compte qu’il y a beaucoup de francophones qui ont côtoyé de très près, et qui connaissent aussi très bien, la France, qui sont en demande de ce genre de produits et d’offres ici sur Halifax, affirme Mme Selini. Il y a tous les Acadiens, tous les francophones, tous les Québécois aussi. Mine de rien, il y a une grosse communauté francophone, en Nouvelle-Écosse.»

«Nos voyages nous ont appris que la France reste un pays de référence dans le monde. Quand on voyage, lorsqu’on quitte la France, c’est là finalement qu’on se rend compte de ses atouts», ajoute M. Selini.

Et c’est ainsi que, face à cette demande concrète qu’ils avaient pu observer tout le long de leurs pérégrinations, leur est venue l’idée de ce magasin concepte. «Un espace dans lequel on peut s’assoir et pouvoir profiter du décor, de l’ambiance parisienne de l’époque et déguster ces produits», définit M. Selini, convaincu que les consommateurs seront tout autant motivés par l’expérience proposée que par l’offre de produits.

[…] on mise beaucoup sur l’expérience, faire en sorte que chaque consommateur qui franchit le pas de la porte se sente transporté […]

— Hichem Selini

«À prix égal, le consommateur sera toujours à la recherche, soit d’une expérience particulière, soit d’un service client meilleur. Je pense qu’on a tous, en tant que consommateurs, eu des mauvaises ou des bonnes expériences dans certains endroits, dans certains pays, dans la même ville avec certains commerces. Et donc, nous, on mise beaucoup sur l’expérience, faire en sorte que chaque consommateur qui franchit le pas de la porte se sente transporté, qu’ils se déconnectent de la réalité, qu’ils se déconnectent de Bedford, de Halifax, pour se retrouver dans un autre lieu, voir un autre temps. C’est vraiment ce qu’on essaie de bâtir.»

Toutefois, le couple Selini reste lucide, bien conscient que ce beau rêve ne se fera pas sans embuches, ce qu’ils ont déjà pu commencer à expérimenter. «Le premier défi, c’est le temps», explique M. Selini, en mettant en avant certaines difficultés qu’ils ont pu rencontrer au cours de ces derniers mois, notamment concernant la recherche de main-d’œuvre, l’obtention des permis nécessaires, ou encore la gestion des stocks et le sourçage des produits.

«On découvre beaucoup de choses au fur et à mesure», admet Mme Selini, qui maintient toutefois son enthousiasme et son ambition, malgré ces difficultés. Tout comme son partenaire.

«Effectivement, il y a bien sûr cette complexité de faire découvrir, de pouvoir justement créer ce segment de marché, et ça demande forcément du temps. […] On va y aller étape par étape. On va déjà faire en sorte de s’occuper correctement du lancement, de faire des réglages parce que c’est jamais parfait.» 

Optimistes, ils le sont également parce que tous deux ont aussi pu être touchés par l’hospitalité des habitants de la région, ainsi que leur ouverture d’esprit. «On sent vraiment qu’ils sont curieux, qu’ils ont envie de connaitre», témoigne M. Selini.

«Pour le moment, on a été vraiment très surpris du soutien des gens autour de nous. À chaque fois qu’on parle de notre projet, tout le monde est très enthousiaste. La communauté ici est incroyable parce qu’ils sont prêts à supporter tous les types d’entreprises locales. Donc on a hâte d’être sur le terrain et de voir ça», conclut finalement Mme Selini, avec un grand sourire.

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