le Vendredi 5 juin 2026
le Mercredi 11 juin 2025 9:00 Nos communautés - Halifax

Lucien Comeau: «Mon bénévolat, une passion pour moi»

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Lucien Comeau, lauréat du Prix d’excellence du lieutenant-gouverneur pour l’Acadie et la francophonie de la Nouvelle-Écosse de 2025, avec son prix.  — PHOTO: Office du lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse
Lucien Comeau, lauréat du Prix d’excellence du lieutenant-gouverneur pour l’Acadie et la francophonie de la Nouvelle-Écosse de 2025, avec son prix.
PHOTO: Office du lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse

Lucien Comeau, personnalité acadienne reconnue pour son très long engagement communautaire, vient de recevoir le Prix d’excellence du lieutenant-gouverneur pour l’Acadie et la francophonie de la Nouvelle-Écosse. Un honneur auquel il ne s’attendait pas et qu’il estime devoir à toutes les personnes qui l’ont encouragé un jour à se lancer dans le bénévolat.

Lucien Comeau: «Mon bénévolat, une passion pour moi»
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Type de contenu: Actualité

«Ils ont toujours été une source d’inspiration, confie M. Comeau. Notamment mes parents et puis mon oncle, le Père Léger-Comeau, bien sûr. Aussi, mes frères et sœurs.» 

Dès ses 13 ans, il s’est donc retrouvé naturellement embarqué à son tour dans le monde du bénévolat. 

Mais c’est finalement quand il est devenu père que ses engagements ont commencé à prendre une plus grande importance. «Je me suis impliqué dans les écoles, dans les conseils consultatifs d’éducation et dans le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), comme conseiller scolaire avec deux mandats. C’était surtout pour m’assurer que la meilleure éducation possible était là pour les enfants.»

M. Comeau rappelle qu’il n’avait pas hésité à porter plainte, en 2003, contre la municipalité régionale d’Halifax (MRH), durant l’affaire de la surtaxe scolaire. 

La municipalité ayant, pendant longtemps, privé les écoles de la communauté francophone du fruit de cette surtaxe, sous prétexte que la loi ne l’y obligeait pas. «Nous nous sommes engagés à faire une poursuite de discrimination systémique envers la ville d’Halifax. Je me disais, écoute, je paie mes taxes, mais mes enfants aussi ont droit à une part équitable des fonds générés pour l’éducation. Alors, ça, c’était un gros début pour moi.»

Lucien Comeau, lauréat du Prix d’excellence du lieutenant-gouverneur pour l’Acadie et la francophonie de la Nouvelle-Écosse de 2025. 

PHOTO: de gracieuseté - Lucien Comeau

Un acte militant qui s’est révélé concluant puisque, en 2006, la province a finalement modifié sa loi pour y inclure les francophones.

Pourtant, tout en retraçant son long parcours de bénévole et ses nombreux engagements, M. Comeau reste humble. La lumière, selon lui, doit être portée sur les personnes qui lui ont un jour montré l’exemple, ainsi que sur celles qui ont œuvré avec lui pour la communauté, tout au long de sa vie.

«C’était inattendu parce que ça n’a jamais été une chose que je souhaitais nécessairement, me faire reconnaitre pour mon bénévolat. C’était une passion pour moi. Et, comme je disais, j’ai beaucoup été inspiré par d’autres [personnes] qui avaient fait du bénévolat dans la région.»

«Le bénévolat, c’est quelque chose que je trouve très important pour la justice sociale, l’égalité, et assurer qu’il y a une diversité envers toute la communauté», explique-t-il avant de relater les différentes activités dans lesquelles il est actuellement investi et celles qu’il désire mettre en place.

«J’ai organisé un club de pickleball. J’aimerais éventuellement établir des jeux en français que ce soit au golf ou que ce soit des jeux de société, des petits tournois, etc. Parce qu’il faut vraiment vivre en français et trouver des occasions pour le faire.» 

«Bien sûr, je m’engage aussi à faire les archives avec une autre équipe du conseil communautaire pour assurer qu’il y a un historique de français, de francophones, de francophiles dans la région d’Halifax, qui est la plus grande population acadienne francophone de la province.»

D’où l’enjeu essentiel, comme il vient de le souligner, de permettre à cette population de vivre en français. «Quand on ne vit pas en français, on perd notre place, on perd notre voix. Oui, il y a la culture, mais il y a aussi l’aspect social qui est très important.» 

«Pouvoir vivre en français, c’est pouvoir parler en français, c’est pouvoir jaser et s’amuser en français, rencontrer, renforcer des liens communautaires. Dans l’ensemble, c’est essentiel pour réduire l’assimilation.»

Cette politique d’assimilation anglophone, Lucien Comeau y a fait face, dès son enfance, quand l’accès à une scolarité francophone demeurait plus difficile, puis à son entrée dans le monde du travail, l’anglais s’y imposant aussi comme la langue dominante.

Malgré cela, et bien qu’il existe encore des défis à relever, M. Comeau reste optimiste. Il se réjouit notamment des progrès qui ont eu lieu au cours de ces dernières années, comme, la création et l’ouverture d’écoles francophones, l’augmentation du nombre d’étudiants ou le développement de services en français dans la région de Halifax, qui «s’est ouverte à la diversité francophone, beaucoup plus qu’auparavant». 

Ainsi, s’il a encore du mal à assumer l’hommage qu’on vient de lui décerner pour ses activités bénévoles, il admet toutefois que cette mise en lumière pourra certainement être bénéfique à l’ensemble de la communauté. 

«Je pense que les reconnaissances, que ce soit au Conseil communautaire du Grand-Havre (CCGH), avec les soirées du bénévolat, où les différents organismes reconnaissent la contribution de diverses personnes, ou des prix comme le lieutenant-gouverneur, ça donne plus de visibilité, mais ça inspire encore plus tous ces bénévoles-là de continuer leur démarche, dans leur travail, et à augmenter la programmation des activités en français.»

Lui-même, s’affirmant toujours aussi passionné, ne compte pas s’arrêter là. «J’ai des projets pour d’ici 20 ans». 

Et espère que de nouvelles personnes se joindront à lui pour leur donner vie. «Je crois que le rassemblement de personnes qui partagent des valeurs communes, quelles qu’elles soient, la politique, les arts, la culture, le sport ou d’autres domaines va permettre à différentes personnes de réaliser leur rêve de pouvoir vivre en français.»

Type: Actualités

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