Depuis que les deux jeunes femmes se sont plongées dans cette aventure entrepreneuriale, le succès ne désemplit pas.
Ainsi, cet été, elles ont sorti leur première ligne d’enfants, un projet qu’elles espéraient voir se concrétiser depuis le commencement. «C’était notre désir du début, confie Mme LeBlanc. On a vraiment célébré ça lorsqu’on l’a lancée. C’était un de nos gros changements.»
C’était vraiment une bonne expérience et on aimerait en faire plus, être capable de lancer notre marque dans des petites boutiques.»
Les deux créatrices parlent aussi des nouveaux motifs qui sont venus s’ajouter à leur collection, directement inspirés de la péninsule acadienne, comme le homard, la méduse ou encore les pluviers.
«On a eu la chance, le printemps dernier, de vendre nos vêtements dans une boutique au Nouveau-Brunswick. C’était vraiment une bonne expérience et on aimerait en faire plus, être capable de lancer notre marque dans des petites boutiques», mentionne Mme d’Entremont Tsimiklis.
«On est presque uniquement en ligne pour le moment, alors c’est un de nos buts.»
«On a fait quelques popups l’an dernier. Ils ont bien été, donc c’est quelque chose qu’on aimerait continuer cette année. Et en plus, on aimerait bien introduire une ligne bébé», dévoile aussi Mme Leblanc, bien qu’elles ignorent encore si cet objectif pourra se réaliser cette année.
Katherine LeBlanc et Danielle d’Entremont Tsimiklis avec leurs hardes.
Il semble, en effet, vraiment important pour les deux amies de transmettre ce patrimoine acadien à leurs enfants et aux futures générations. «Être francophone à Halifax, c’est déjà être dans une situation minoritaire, mais, en plus retenir la langue acadienne, c’est même plus qu’une minorité, explique-t-elle. C’est une minorité à l’intérieur d’une minorité.»
«Pour moi, c’est une façon de les connecter à leur famille, à leur histoire, et [de] leur donner une identité.»
«C’est la langue de mes parents. On n’entend pas souvent le parler acadien, même à l’école. Mes enfants vont à l’école francophone, mais c’est le français standard qui est enseigné, donc c’était important pour moi de transmettre un petit peu les traditions, les mots, la langue acadienne», renchérit Mme d’Entremont Tsimiklis.
Le vêtement est pour elles l’un des meilleurs moyens de rendre la fierté visible, de célébrer la culture acadienne, mais d’une manière plus créative.
Interrogées sur leur histoire personnelle avec la mode, elles nous racontent que, dans leur jeunesse, elles ont travaillé dans un magasin de vêtements pendant presque huit ans et que, d’une certaine manière, ce milieu les a toujours intéressées.
Même si, elles avouent aussi que leur relation avec le vêtement a évolué avec l’âge et qu’elles privilégient aujourd’hui des vêtements très confortables. «Peut-être que notre magasin le reflète!»
En ce qui concerne Halifax, elles pensent que l’importance accordée à la mode dépend des gens. Tout le monde n’y accorde pas la même importance.
D’après Mme Leblanc, «Halifax est une place [où] tu peux aller à un restaurant et y aura peut être quelqu’un dans une belle robe, super bien faite à côté d’une personne qui porte un hoodie et c’est correct, c’est accepté. Je trouve que c’est vraiment une ville où tu peux te mettre comme tu veux et tu [peux] quand même avoir une place. T’es pas hors de la place si t’es trop habillé ou pas. C’est une place qui accepte beaucoup.»
Elles se sont montrées soucieuses des problématiques environnementales qui concernent l’industrie textile, en admettant qu’il ne soit pas toujours facile de s’y engager pleinement, étant donné qu’elles sont encore une petite marque.
C’est un sujet auquel elles réfléchissent et qu’elles tâchent de prendre en compte dans leur choix de production, notamment en plébiscitant les entreprises locales. «On [est allé] chercher des vêtements [à] l’Île-du-Prince-Édouard pour notre ligne d’enfants. On essaie de faire autant que possible. On utilise une imprimante en Ontario pour plusieurs de nos vêtements adultes», expose Mme Leblanc.
«On essaie toujours de supporter le marché canadien. On a vraiment pensé où est-ce qu’on pourrait aller pour chercher les bases, les teeshirts et puis on s’est dit que ça serait vraiment bien de supporter les entreprises dans les maritimes, dans l’Atlantique. C’est ça qu’on a fait. On a pris ça en considération», complète Mme d’Entremont Tsimiklis.
