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Une conférence sur la résistance acadienne a suivi avec Jocelyne Comeau de Meteghan, présidente de la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie. La présentation a eu lieu dans la bibliothèque Louis-R.-Comeau suivant les cérémonies au monument.
La date du 28 juillet a été proclamée en 2003, et célébrée pour la première fois deux ans plus tard, année du 250e anniversaire de la Déportation. La date a été choisie pour commémorer les torts subis par les Acadiens lors de la commémoration du 250e anniversaire du début de l’expulsion de l’Acadie en 1755 et après.
Le Mois du patrimoine acadien (août) fête les contributions culturelles, sociales et économiques des communautés acadiennes de la Nouvelle-Écosse depuis leur installation à Port-Royal il y a quelque 400 ans.
Natalie Robichaud, présidente de la Société acadienne de Clare qui a organisé l’événement, a accueilli la foule en reconnaissant qu’on était en Mi’kma’ki, le territoire traditionnel et ancestral des Mi’kmaq.
«Nous avons la bonne fortune de pouvoir vivre, aimer, nous rassembler, jouer et travailler avec nos proches et collègues au Mi’kma’ki, où notre relation avec les Mi’kmaq est fondée sur la série de traités de paix et d’amitiés historiques et sacrés», selon elle.
Elle a énuméré les noms des familles venues fonder la Baie Sainte-Marie entre 1768 et 1800, comprenant 24 familles ainsi que ceux des épouses comprenant 9 noms de famille. Natalie a noté que c’est beau de voir l’évolution et l’intérêt de la foule de plus en plus nombreuse pour l’occasion.
Pour sa part, Éric Dow a été heureux de représenter la SNA. «Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour rendre hommage à notre histoire, à notre mémoire collective et à celles et ceux qui, par leur courage et leur détermination, ont su préserver et faire rayonner l’Acadie», a-t-il déclaré.
«Le 28 juillet est une date de recueillement et de réflexion, a-t-il poursuit. En cette Journée de commémoration du Grand-Dérangement, nous nous souvenons d’une période sombre de notre histoire, alors que des Acadiennes et des Acadiens ont été expulsés de leurs terres, leurs familles séparées et leurs maisons détruites. Mais nous soulignons aussi la force et la résilience d’un peuple qui, malgré l’exil et la dispersion, a su préserver sa langue, sa culture et son identité.»
«À travers la diaspora acadienne, nous continuons de faire vivre notre histoire et de célébrer nos origines. En nous rassemblant aujourd’hui, nous rendons hommage à celles et ceux qui ont façonné l’Acadie d’aujourd’hui. Leur histoire nous rappelle que, malgré les épreuves, l’union fait la force.»
«La SNA est fière de contribuer à cette démarche de mémoire et de transmission. Continuons de porter notre histoire avec force et dignité, et surtout, continuons de rester unis pour faire vivre et rayonner l’Acadie», a-t-il complété.
L’activité a compris le chant d’Ave Maris Stella et de l’Hymne à l’espoir avec Justine, Guyaume et Claire Boulianne et Suzanne Deveau.
Jocelyne Comeau, présidente de la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie, a abordé le sujet de la résistance des Acadiens.
À son tour, Jocelyne Comeau a commencé sa présentation sur la résistance acadienne avec le personnage de Charles DesChamps de Boishébert, un militaire du Québec (Nouvelle-France) basé sur la Rivière Saint-Jean (N.-B.). Il aurait été le premier identifié dans la guerre de résistance du peuple acadien en prévision du Grand Dérangement des Acadiens.
Celui-ci a été envoyé par le gouverneur du Québec en 1747 au Fort Beauséjour dans la région du Beaubassin (Amherst) en Acadie pour aider les Français et Acadiens qui se battaient pour préserver le territoire et le joindre à la Nouvelle-France, selon elle.
Elle a expliqué que les Britanniques, basés à Halifax, ont bâti le Fort Cumberland en face de Fort Beauséjour. Boishébert et son régiment, comprenant des Français, Acadiens, Mi’kmaq et Québécois, avec des militaires de Louisbourg, ont commencé la résistance contre les Britanniques lors de la Déportation.
Boishébert, donc, avec sa petite armée, s’est rendu porter main forte aux Français et aux réfugiés acadiens en 1755 à l’île Saint-Jean, dans la région du Port Lajoye (Île-du-Prince-Édouard) et à la forteresse Louisbourg à l’île-Royale (Cap-Breton), où il y avait aussi une communauté de familles acadiennes réfugiées.
Par après, il a formé des camps de réfugiés dans plusieurs localités dans ce qui est devenu le Nouveau-Brunswick. La plus connue est celle de Camp d’espérance, sur l’île Miramichi. Même si les Acadiens réfugiés dans ces camps ont échappé à la déportation, ils ont quand même connu beaucoup de misères et de pertes de vie dues à la maladie et à la famine.
Il y a aussi eu de la résistance par des groupes d’Acadiens et Mi’kmaq menés par Joseph «Beausoleil» Broussard, Pierre Surette, Alexis Landry et William ‘Billy’ Johnson II. Il s’agissait de milices de guérillas acadiennes, a noté Jocelyne Comeau.
William ‘Billy’ Johnson II, aussi connu comme Guillaume Jeanson, fils de William Johnson I, un soldat écossais, est apparu en Acadie vers 1710 avec les forces britanniques venues de l’Angleterre et la Nouvelle-Angleterre pour prendre Port-Royal. Il a épousé l’Acadienne Isabelle Corporon. Ils ont eu, parmi leurs enfants, un fils nommé William, qui a marié à son tour Marie AuCoin, de Rivière-aux-Canards et ces derniers ont eu cinq enfants.
Ce William, aussi connu comme Billy, fils, est devenu un leader d’une résistance après 1755. Celui-ci se considérait plutôt comme étant Acadien, et a pris le nom de Guillaume Jeanson, la francisation de William Johnson.
Jocelyne voulait signaler Guillaume Jeanson, qu’elle qualifie de héros de la résistance acadienne, puisqu’elle est descendante de lui par sa fille, Marguerite Johnson/Jeanson qui a marié Joseph Comeau. Deux des filles de Guillaume ont fini par demeurer en Clare. L’autre fille, Marie, a marié Augustin Jeddry et les deux familles se sont installées à Saint-Alphonse de Clare, puisque Joseph Comeau et Augustin Geddry ont reçu un gros octroi de terre dans cette région.
Guillaume est aussi venu en Clare vers 1770 et il s’est installé sur la rivière de Grosses-Coques, où il a opéré un moulin à grain pendant sept ans avant de déménager en Gaspé.
Charles de Boishébert (de même que Pierre Surette et Alexis Landry) a créé des camps de réfugiés dans les régions de Saint-Jean, Cocagne et Miramichi pour protéger et soigner les familles acadiennes avec le peuple Mi’kmaq qui les ont beaucoup secourus et protégés.
