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Ellène Comeau, doctorante en psychologie à l’Université de Moncton, a remporté le prix l’année dernière. Les deux jeunes ne sont pas apparentés.
Le prix reconnait l’engagement d’étudiants en santé envers la communauté francophone et envers l’offre de services de santé en français.
Une nouvelle appréciation
Alec Comeau termine sa deuxième année de physiothérapie à l’Université d’Ottawa. Pendant son baccalauréat en biologie à l’Université Sainte-Anne, un emploi à la Clare Physiotherapy Clinic a précisé sa vocation, et un printemps-été au programme d’immersion a transformé son rapport au français.
Le contact avec des étudiants venus de loin l’a marqué. Plusieurs venaient de la Louisiane et cherchaient à renouer avec leur héritage acadien à travers la langue.
J’ai pris pour acquis toute ma vie le privilège de pouvoir apprendre en français […] J’ai vraiment gagné une nouvelle appréciation de non seulement parler en français, mais la promotion du français.
Son dernier stage, effectué chez lui en milieu hospitalier avec l’appui du CNFS, a renforcé sa conviction quant à l’importance de la langue dans la pratique.
«Notre façon de parler, c’est quelque chose à célébrer, puis ça fait partie de notre identité, dit-il. Et ça rentre vraiment en jeu quand on parle des soins de la santé, où cette communication est très importante entre le patient et le thérapeute.»
Alec Comeau est vice-président du Conseil de santé communautaire de Clare, un groupe bénévole qui défend les intérêts de la communauté en matière de santé et soutient d’autres organismes œuvrant pour lutter contre l’insécurité alimentaire, aider avec la santé mentale ou créer de la cohésion communautaire.
Il a aussi été entraineur bénévole pour les Olympiques spéciaux en français, et il prévoit retourner pratiquer en Nouvelle-Écosse.
Un cours qui a changé un parcours
Née à Meteghan, Ellène Comeau a commencé son parcours universitaire à l’Université Sainte-Anne, où elle voulait initialement faire de la médecine.
Ellène Comeau à la cérémonie de remise de prix du 29 mai 2025 au Campus Saint-Jean à Edmonton, accompagnée de Martin Normand, président-directeur général de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC).
C’est en deuxième année de son baccalauréat, lors d’un premier cours de psychologie, que sa direction a changé.
«J’étais fascinée par la psychologie, dit-elle. C’était vraiment ce cours-là qui a tout changé mon parcours.»
Elle a terminé son baccalauréat à Acadia, avec thèse, avant d’être admise au programme de doctorat en psychologie clinique à l’Université de Moncton.
Présentement en stage avancé en pratique privée, Ellène Comeau accorde une importance particulière au service bilingue.
«Je peux non seulement pratiquer mes compétences en français, mais aussi répondre aux besoins que mes clients ont. Leur préférence à rencontrer quelqu’un en français et parler de leurs difficultés, en français.»
Elle a fait du bénévolat pour la Fondation de santé mentale et pour les Olympiques spéciaux, où elle enseigne des techniques de gestion du stress aux athlètes.
C’est lors d’ateliers avec les athlètes francophones qu’elle a constaté l’effet d’offrir le service dans leur langue de préférence.
L’expression dans leur visage, c’est tellement un gros changement. Ils sont excités, tellement plus à l’aise, plus confortables, qu’ils peuvent communiquer dans leur propre langue.
Une fois ses études terminées, elle veut pratiquer en Nouvelle-Écosse, dans les deux langues.
«Je vois le manque de services en santé mentale, puis surtout en français. Ça m’a vraiment donné une mission.»
Pour Ellène Comeau, deux lauréats consécutifs originaires du même village témoignent d’un héritage acadien marqué par la résilience et le travail acharné.
«J’espère que le fait que moi et Alec, qu’on a gagné le prix, deux personnes venant d’un petit village acadien, ça peut inspirer d’autres francophones en situation minoritaire à poursuivre leurs rêves.»
