Au fait, plusieurs actes s’avèrent incontrôlés dans la pratique de la pêche au Canada. On peut citer, entre autres, pêcher hors des saisons réglementées, pêcher sans permis et utiliser des filets non appropriés.
Force est de constater que des autochtones sont souvent au cœur des conflits de pêche dans cette région. Puisque les Premières Nations ont l’habitude de pratiquer la pêche hors des saisons réglementées par le gouvernement fédéral, ils font souvent l’objet de différentes formes de violence.
Pour parvenir à contrôler avec minutie les pratiques de la pêche cette saison, le ministère de Pêches et Océans Canada (MPO) avait affirmé en juillet dernier que ses agents seraient très bien équipés sur l’eau durant la saison de pêche.
La semaine dernière, les associations de pêcheurs de homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse ont cessé de soutenir un accord qui autorise quatre Premières Nations de la région à faire de la pêche de subsistance convenable.
Par pêche de subsistance convenable, il faut entendre le droit de pêcher à des fins de subsistance, autrement dit pêcher pour se nourrir ou subvenir à ses besoins.
Dans l’histoire du Canada, deux différents jugements de la Cour suprême ont ratifié le droit de pêche de subsistance. D’une part, le jugement Sparrow en 1990 et, d’autre part, le jugement Marshall en 1999.
Des casiers à homards.
En octobre dernier, plus de 50 pêcheurs autochtones faisaient l’objet d’accusations dans les Maritimes. Les motifs de ces accusations sont, entre autres, le non-respect des conditions de permis de pêche, la pratique de la pêche en dehors de la saison commerciale, de ne pas avoir utilisé les étiquettes à homard délivrées par Pêches et Océans Canada, etc.
Quelques mois avant ces accusations, des autorités locales et des pêcheurs se sont montrés très préoccupés par la pêche non autorisée de homards dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. D’ailleurs, en août, Chris d’Entremont et Rick Perkins, deux députés fédéraux conservateurs du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, ont même demandé au ministère de Pêches et Océans de se pencher en urgence sur cette situation. Le 21 août, une lettre a été adressée à Diane Lebouthillier, la titulaire dudit ministère, afin qu’elle prenne une décision en urgence.
Plusieurs pêcheurs mikmaq soutiennent qu’ils ont le droit de pêcher et de vendre du poisson, en vertu d’un traité, et ne devraient pas être inculpés pour avoir exercé les droits que leur confère ce traité.
Entre 2020 et décembre 2022, des agents du ministère de Pêches et Océans Canada ont intercepté plus de 7 000 casiers à homard seulement en Nouvelle-Écosse. En 2022 seulement, plus de 2 000 casiers ont été pris au passage. Ces homards appartenaient à des autochtones qui pratiquaient la pêche en dehors de la saison réglementée.
La Baie Sainte-Marie est l’un des bastions de homards dans la province. Outre les centaines de pêcheurs qui y évoluent et les usines de transformation du homard, l’Université Sainte-Anne, dont le campus principal est dans cette région, comprend un centre de recherche et d’innovation sur la qualité du homard pour appuyer le secteur des pêches dans la province.
Ce centre, d’une valeur de 2,5 millions de dollars, renforce davantage la qualité et la valeur d’exportation du homard.