le Vendredi 5 juin 2026
le Mercredi 22 octobre 2025 9:00 Nos communautés - Chéticamp

Retour du Ciné-Club de Chéticamp!

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  PHOTO: wernerredlich - pixabay
PHOTO: wernerredlich - pixabay

La rentrée a marqué aussi celle du Ciné-Club de Chéticamp qui avait été lancé au printemps. À cette occasion, Philippe Haché, l’un des membres fondateurs, partage comment s’est passée la dernière projection et leurs futurs projets.

Retour du Ciné-Club de Chéticamp!
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Type de contenu: Actualité

«Notre comité organisateur a fait un très beau travail, affirme-t-il. Pour la première représentation de cette année, on avait les films Trécarré : à la source du son de la Baie Sainte-Marie et Résonance Acadie de Phil Comeau. Donc on a eu une tournure, un penchant acadien de la Nouvelle-Écosse pour vraiment mettre en valeur nos réalisateurs locaux.»

Avec 318 participants durant les quatre premiers mois d’activité, de mars à juin, et 25 à la rentrée d’octobre, il estime que le club se porte pour le mieux et que cette année a aussi très bien commencé.

Actuellement, avec son équipe, ils sont en train de travailler sur la programmation de novembre et décembre. 

Petites gourmandises offertes pour la séance.

PHOTO: Sheila Ward

Avec 150 élèves parmi tous les spectateurs de la saison dernière, ils souhaitent, cette année, mettre davantage d’efforts pour attirer leur auditoire à découvrir des films en français.

«[Le] cinéma, c’est un art à Chéticamp qui est très peu connu», regrette M. Haché. De ce qu’il en sait, il n’y a pas de réalisateurs originaires de la région. «Chéticamp aurait tout à gagner d’aussi investir un peu de son temps dans la cinématographie pour justement trouver une différente façon de partager sa coutume, et sa culture et ses traditions acadiennes.»

C’est pourquoi il était d’autant plus enthousiaste de pouvoir projeter des œuvres conçues par des talents locaux.

«Voir qu’il y a des gens ailleurs qui ont un peu la même réalité que nous, qui ont décidé de se lancer dans l’aventure qui est le film, c’est un peu une façon pour nous de montrer ça à notre communauté, puis peut-être de les inciter à éventuellement eux-mêmes faire un court-métrage.»

Selon lui, si le cinéma a moins de succès à Chéticamp qu’ailleurs, c’est parce que la culture de la région s’y est développée différemment, à travers la musique notamment, mais aussi parce que l’accès aux salles n’y est pas évident.

«Voir un film, c’est deux heures de route, donc c’est pas une habitude pour la communauté.»

Des participants du Ciné-Club en pleine dégustation.

PHOTO: Sheila Ward

Leur rendez-vous mensuel permet donc de faciliter ces déplacements et d’inviter ainsi plus de monde à développer de l’intérêt pour le cinéma.

Mais également de pouvoir faire connaitre des œuvres différentes de celles disponibles sur les plateformes de diffusion en continu, où l’on retrouve davantage de films anglophones, comme les superproductions américaines.

«Probablement que, dans leurs vies, tout ce qu’ils ont écouté, c’était des films en anglais, suppose M. Haché. Il y a [pourtant] des très bons films en France qui sortent et des très bons films au Québec que nous on aimerait mettre de l’avant.»

Les membres du Ciné-club ont en effet à cœur de développer chez leur auditoire l’intérêt et le sentiment d’appartenance envers les productions francophones.

Cependant, M. Haché regrette la complexité d’accès à ces dernières.

«C’est difficile d’aller chercher des titres à travers différentes agences au Canada, confie-t-il, on n’a pas encore tous les contacts nécessaires.»

D’autant qu’ils aspirent aussi à proposer autre chose que du cinéma documentaire, notamment des œuvres plus populaires, pour toucher un plus grand nombre de personnes.

«Un film qui est sorti l’année dernière en France, suggère-t-il, qui était un bon hit, qui a eu des bons reviews.» 

Des participants du Ciné-Club réunis autour d’une table.

Sheila Ward

En plus de cela, ils aimeraient contribuer à sensibiliser leur public à l’initiative Communauté francophone accueillante (CFA) de la région de Chéticamp.

Dans cette visée, ils se sont associés avec la CFA pour diffuser, au mois de décembre, le long-métrage Monsieur Lazhar du réalisateur québécois Philippe Falardeau, qui aborde la thématique de l’immigration et des problèmes qui y sont liés.

«C’est un excellent film, affirme M. Haché. C’est une très belle façon pour nous de faire passer ces différents messages.»

Ce dernier partage également qu’ils ont pour projet de proposer bientôt une production de Bollywood.

«On a une population quand même immigrante à Chéticamp, puis le but du Ciné-club aussi, ça va être d’intégrer ces personnes-là dans notre communauté.»

Bien que les démarches pour obtenir les droits de diffusion soient en cours, trouver un partenaire reste, selon lui, compliqué.

«Il faut signer un contrat pour chaque film qu’on décide de diffuser», explique-t-il, en précisant qu’ils ne possèdent les droits que pour la semaine de projection. «Alors que nous, on aimerait l’avoir le mois d’avant pour pouvoir tout coordonner notre publicité. Donc ça, c’est le plus gros défi.»

Toutefois, il comprend qu’au stade où ils en sont, ils ne représentent pas une priorité pour les distributeurs. 

Mais cela ne l’empêche pas de rêver: dans un futur plus lointain, il révèle qu’il adorerait créer un festival de cinéma à Chéticamp.

«On aurait peut-être 10 différents films qu’on pourrait montrer. Comme ça, pour nous, ce serait le septième ciel. Mais on n’est pas rendu là, nécessairement, encore.»

À ce jour, ils veulent surtout continuer sur leur lancée et ancrer dans la communauté ce rendez-vous mensuel.

«Un des défis qu’on a en région, c’est qu’il y a plein d’activités de juin à genre mi-octobre, parce que c’est la saison touristique. Nous, le film, je pense que c’est une belle façon de pouvoir briser un peu les longs mois d’hiver à Chéticamp.»

Finalement, ils aimeraient aussi faire tomber certaines barrières, notamment en offrant l’admission gratuite à tous les immigrants de la communauté, ainsi qu’aux populations plus vulnérables, comme les ainés, les personnes en situation de handicap ou celles ayant des difficultés de déplacement.

«J’aimerais pousser l’enveloppe pour qu’on devienne plus accessible pour tout le monde, maintenant qu’on semble avoir une base soutenue à tous les mois qui s’intéresse à notre projet, d’aller chercher d’autres clientèles qui ne se sont peut-être pas senties visées par un projet comme celui-ci lors des premiers mois d’exécution.»

Type: Actualités

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