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La soirée constituait la huitième dès 14 consultations provinciales organisées par la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) dans le cadre des Grandes Causeries, une initiative visant à alimenter un plan de développement global de l’Acadie néoécossaise. L’animateur Ryan Doucette a guidé les échanges.
Darcy d’Eon a raconté qu’elle faisait de la suppléance dans une école anglophone lorsqu’elle s’est mise à parler français avec une femme de Clare pendant la récréation.
Un jeune élève s’est approché d’elles: «Il a dit, “Je sais pourquoi vous parliez en français.” Et j’ai dit, “Ah oui? Pourquoi?” Et il a dit, “Parce que vous ne vouliez pas que je comprenne.”»
Darcy d’Eon lui a alors expliqué exactement de quoi elles parlaient. «Il m’a regardée et il a dit, “Ah, là, je comprends. Le français, c’est votre anglais.” Il a vu que c’était important pour nous autres, comme l’anglais, c’est important pour lui.»
Les participants ont voté pour discuter de quatre thèmes: l’usage et la vitalité de la langue française, la communauté et l’appartenance, la culture et l’identité, et l’accès au savoir et à l’éducation.
Pendant plus de deux heures, les témoignages se sont enchainés: certains lourds, d’autres pleins d’espoir, souvent les deux à la fois.
Danielle Surette, nouvelle directrice du CAPEB, a raconté avoir elle-même cessé de parler français au secondaire à cause des moqueries.
«Depuis que je commence dans mon poste, je m’aperçois que les élèves ont honte de parler en français», a-t-elle dit.
Elle souhaite maintenant créer davantage d’activités et d’espaces en français pour les jeunes de la région.
L’animateur Ryan Doucette a guidé les discussions à travers des thèmes, comme la langue, l’appartenance et l’éducation.
Plusieurs participants ont raconté des expériences très personnelles. Parfois avec émotion, parfois avec humour.
Plusieurs personnes ont parlé du réflexe de passer à l’anglais, même dans des espaces francophones.
«Quand on organise quelque chose en français, il y a toujours quelqu’un qui demande: qu’est-ce qu’on fait avec les anglophones?» a lancé Ina Amirault.
D’autres ont parlé des institutions qui disparaissent peu à peu dans les communautés acadiennes: églises, caisses populaires et lieux de rassemblement. Ce sont les endroits où le monde parlait en français depuis toujours, a rappelé une participante de Wedgeport.
Des participants ont insisté sur l’importance de transmettre la langue à la maison. «Les élèves les plus connectés au français, ce sont souvent ceux qui l’entendent au souper», a observé l’enseignant Noé Bourque.
Une idée revenait souvent pendant la soirée: plusieurs voient les défis qui s’accumulent, mais peu ont envie de laisser tomber le français.
«L’Acadie n’est pas morte. J’suis devant toi», a lancé Renee Meuse Bishara.
