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D’Eon’s Oyster Company a commencé des activités aquacoles marines sur le site en 1995. Entre 2023 et 2025, la propriété a été subdivisée afin de séparer la résidence du propriétaire de l’entreprise, un changement qui a déclenché l’obligation de conclure une entente d’aménagement.
Un panneau d’avis a été installé sur la propriété le 16 mai dernier. Un avis public d’audience du conseil a suivi, avec des annonces publiées dans le Tri-County Vanguard, les 1er et 15 janvier. Le 2 janvier, le personnel municipal a également envoyé des avis par la poste aux propriétaires situés dans un rayon de 152 mètres.
La résidente Dale Pothier a indiqué avoir reçu un avis à sa porte arrière à 23 h, sous la pluie. Le directeur général, Alain Muise, a expliqué que Postes Canada était en grève à ce moment-là, ce qui a forcé le recours à un service de livraison privé.
Dale Pothier, un résident local, se connecte virtuellement à l’audience publique pour faire part de ses plaintes concernant le processus.
Le directeur des services de protection, René Jeddry, a présenté les arguments en faveur de l’entente. La propriété est située dans la zone Communauté côtière (CC). En vertu de la politique 3.3.7 de la Stratégie municipale d’aménagement, les activités aquacoles dans cette zone nécessitent une entente d’aménagement.
Jeddry a souligné la portée juridique du document. Il a déclaré que «cette entente d’aménagement est un contrat légal stipulant que cet usage est le seul qui sera autorisé sur cette propriété».
La désignation CC fonctionne de façon similaire aux «centres ruraux». Elle permet un mélange d’usages résidentiels et industriels légers. Le personnel municipal a soutenu que l’entreprise est compatible avec cette vocation mixte.
L’entente donnerait à la Municipalité «un pouvoir d’application plus fort». En vertu du nouveau contrat, la Municipalité pourra résilier l’entente si l’entreprise ne respecte pas les règles. Ce pouvoir n’existait pas lorsque l’entreprise était considérée comme un «usage non conforme».
Les résidents Dale Pothier et Michael Scott ont soulevé des objections. Pothier s’est dite préoccupée par les risques liés aux camions semi-remorques circulant et chargeant sur la route 3, près d’une courbe et d’une côte.
Elle a également évoqué une perte d’influence citoyenne, affirmant que «nous avons l’impression de ne plus avoir de voix dans cette municipalité». Pothier a aussi demandé une enquête concernant 16 autres conflits d’intérêts allégués.
Une deuxième préoccupation concernait la zone sauvage des îles Tusket. Des résidents craignaient que des projets aquacoles empiètent sur des terres protégées.
Le conseil a abordé la question en citant une lettre de Craig Smith, directeur des aires protégées. Smith a précisé que les limites terrestres de la zone sauvage s’arrêtent à la laisse de haute mer.
La Municipalité a également indiqué qu’elle n’a aucune compétence sur les activités en milieu aquatique dans le lac Eel. Les composantes marines relèvent de la Province, non de la Municipalité.
Le conseil était divisé quant à l’avenir d’Eel Brook. Le conseiller Diggdon a appuyé la motion, affirmant que la Municipalité avait suivi les procédures appropriées et que l’entreprise contribue à l’économie locale.
Le conseiller Madden s’y est opposé. Il a souligné qu’Eel Brook a perdu sa banque, son bureau de poste et son école au cours des 60 dernières années.
«À mon avis, le secteur résidentiel d’Eel Brook devrait être une zone résidentielle et ne pas avoir une désignation côtière», déclare Madden
Ce dernier a également partagé ses observations concernant la sécurité routière dans la côte, mentionnant un angle mort près de l’entrée.
«Je sais que cinq ou six minutes peuvent sembler courtes, mais c’est long. C’est une côte avec un angle mort», affirme-t-il.
Le conseil a finalement voté en faveur de l’entente d’aménagement. Les résidents ont le droit d’interjeter appel de cette décision auprès de la Commission de révision des services publics de la Nouvelle-Écosse.
Le promoteur dispose de 90 jours pour signer l’entente une fois la période d’appel terminée.
