le Samedi 6 juin 2026
le Vendredi 17 avril 2026 7:00 Actualités: Acadie et Francophonie

«Cet album, c’est comme une célébration»

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  PHOTO: courtoisie
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12 ans après Pouyaille, J’te Dis, le groupe cajun Grouyan Gombo lance son troisième album, Beaubassin. Un hommage multiculturel où se rencontrent les sols de la Louisiane, le vécu nord-canadien et les décors de l’Atlantique, dont il tire le nom.

«Cet album, c’est comme une célébration»
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Le nom de l’album, Beaubassin, est en effet inspiré du bassin de Cumberland, lieu de passage entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, paysage oublié de ceux qui le côtoient de près, et regretté par ceux qui s’en sont éloignés.

Beaubassin, c’est comme un tableau peint, mais avec des mots.

— Harlan Johnson

«Beaubassin, c’est comme un tableau peint, mais avec des mots», explique Harlan Johnson, le fondateur de Grouyan Gombo, accordéoniste et chanteur, passionné de musique cajun.

Ainsi, les paroles de ce premier titre évoquent la nature néoécossaise, en couleurs, en parfums et en sons, des champs de bleuets, aux effluves marins, en passant par le pourpre automnal des collines, «comme un rappel de rentrer dans le passé, mais aussi en Nouvelle-Écosse, en Acadie».

Car si Harlan Johnson vit depuis de nombreuses années à Montréal, il reste profondément attaché à l’Acadie, sa région natale.

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Guillaume Jabbour, guitariste et chanteur du groupe, originaire du Québec, dans les Laurentides, dit affectionner tout autant les paysages maritimes et confie sa hâte d’y revenir à l’automne pour le lancement de l’album.

Grouyan Gombo partira en effet en tournée en septembre pour plusieurs concerts en Acadie, notamment à la Baie Sainte Marie, à Parrsboro, à Bear River et à Pubnico.

«Avoir un nouveau répertoire à présenter à notre public, c’est vraiment un plaisir, puis un honneur», se réjouit Guillaume Jabbour, impatient de retrouver la scène.

Car si Beaubassin garde l’essence même de ce qui fait la particularité de Grouyan Gombo, une musique inspirée des rythmiques louisianais, cet album est novateur en ce qu’il a été pensé du point de vue d’un Montréalais, explorant de nouveaux arrangements musicaux, tout en rendant un hommage à l’Acadie.

«On essaie de recréer avec authenticité le plus qu’on peut avec ce qu’on a compris nous autres, ce qu’on a saisi» de ces musiques, de ces cultures et de ces histoires, explique Guillaume Jabbour. 

Un mélange des genres, donc, avec des influences multiples reflétant les expériences et les identités de différents musiciens du groupe. Un album où se côtoient le folklore et le traditionnel, le blues et le rock.

«Ça reste que c’est une musique dansante, souligne Guillaume Jabbour, c’est quand même des do-steps à saveur cajun.»

Pour Harlan Johnson, Beaubassin est aussi une création de longue haleine sur laquelle il s’est particulièrement investi dans l’écriture. Parmi les chansons, deux ont été rédigées en français louisianais, aidé des artistes louisianais Jason Babineaux et David Greely qui ont offert des commentaires sur le vocabulaire et l’usage:

«Il y a comme trois chansons qui réfèrent ma jeunesse en Acadie et mon attraction pour le pays de l’Acadie. Il y a d’autres chansons d’origine folklorique [dont] les paroles ont été retravaillées pour parler plus des choses actuelles.»

Ainsi, les différents morceaux évoquent des thématiques touchant aux réfugiés, à l’écart entre ceux qu’on désire et ceux qui nous désirent, aux défis du comingout, aux road trips vers l’est, ou encore les mares à grenouilles nocturnes dans les Laurentides.

Guillaume Jabbour, auteur de ce dernier titre, souligne que c’est Harlan Johnson qui a aussi conçu les visuels de l’album, pensé comme une œuvre d’art où ils ont tous beaucoup participé.

«J’ai fait des mélodies, puis c’est vraiment Guillaume qui a arrangé, trouvé les accords pour les guitares et les autres joueurs de violon (Michael Ball et Michael Jerome Browne).»

«Une grande collaboration, qui est vraiment super inspirante, super stimulante comme projet artistique!» s’enthousiasme Guillaume Jabbour, ajoutant: «Il y avait beaucoup d’ouverture pour nos idées, nous autres comme musiciens. Tout le monde apportait sa propre saveur, ses propres idées. C’était vraiment une mégacollaboration. Ce qui, je pense, ressort dans l’album. On n’entend pas juste d’un point de vue métaphorique, mais on entend vraiment toutes les voix des artistes, tout le monde chante à un certain point sur l’album, ce qui est vraiment très spécial.»

Une expérience très créative, donc, avec une signification particulière pour les membres du groupe qui n’avaient pas œuvré ensemble sur de nouvelles chansons depuis longtemps.

Ainsi, pour Harlan Johnson, cet album, «c’est comme un vernissage de peinture d’exposition. C’est une occasion pour rassembler beaucoup de gens qu’on connait, mais qu’on voit pas tout le temps, en même temps, dans la même salle. Donc c’est comme une célébration.»

Type: Actualités

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