le Vendredi 5 juin 2026
le Jeudi 16 avril 2026 7:00 Actualités: Acadie et Francophonie

«Tous ceux qui s’investissent pour l’Acadie le font vraiment avec passion»

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La Ferme acadienne N°6. — PHOTO: Facebook d’Histoire et patrimoine d’Archigny
La Ferme acadienne N°6.
PHOTO: Facebook d’Histoire et patrimoine d’Archigny

Qu’en est-il de la culture et du patrimoine acadien de l’autre côté de l’Atlantique, ainsi que de la connaissance des Français de cette histoire? Des questions auxquelles sont venus répondre différentes personnes et différents organismes engagés sur ces sujets.

«Tous ceux qui s’investissent pour l’Acadie le font vraiment avec passion»
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Type de contenu: Actualité

Françoise Glain est la présidente d’Histoire et patrimoine d’Archigny.

Cette association, fondée il y a 15 ans, à son arrivée dans la commune, est engagée au quotidien à préserver et valoriser le patrimoine d’Archigny par des manifestations de différents types.

«Nous avons écrit une vingtaine d’ouvrages sur la commune, et nous travaillons aussi pour le patrimoine, qu’il soit bâti ou qu’il soit non bâti, c’est-à-dire la faune, la flore, et donc, nous avons bien sûr les fermes acadiennes qui nous tiennent à cœur», affirme Françoise Glain. 

«Parce que c’est quand même une aventure extraordinaire, l’aventure de ces Acadiens qui étaient Français, malgré tout, c’étaient nos compatriotes. Et puis, cette grande aventure de partir à une époque où on ne connaissait rien au-delà de la mer, ni même la mer, et puis toutes ces guerres qu’ils ont subies, tous ces dérangements. Et venir ici, à Archigny, dans ce petit village, je trouve que c’est extraordinaire!»

La Ferme acadienne N°6.

PHOTO: Facebook d’Histoire et patrimoine d’Archigny

Parmi les actions de l’association en lien avec l’Acadie, il y a notamment les visites de La Ferme acadienne N°6, située à la Croix de Justice et mise en état pour les 250 ans de l’arrivée des Acadiens, en 2023. 

Au cours de ses visites, le public est invité à découvrir l’histoire acadienne racontée par les membres d’Histoire et patrimoine d’Archigny et à explorer les lieux habités autrefois par des réfugiés.

«On s’aperçoit bien que les gens qui viennent visiter n’ont aucune connaissance de cette histoire, a constaté Françoise Glain. Ils découvrent vraiment. Ils ont entendu parler de fermes acadiennes et je pense que c’est la curiosité. Qu’est-ce que c’est qu’une ferme acadienne? C’était qui les Acadiens? Mais ils ne savent pas, ils ne connaissent pas, pour la majorité.»

Regrettant ces lacunes, Françoise Glain partage le souhait que l’histoire acadienne soit davantage mise en avant au niveau national, et pas seulement par le milieu associatif.

Actuellement en train de travailler sur l’écriture d’un livre sur le sujet, il lui semble que la réalisation d’une série télévisée ou d’un documentaire largement diffusé pourrait aider à lui faire gagner en reconnaissance et en intérêt auprès du public français. Quelque chose qui lui parait, aujourd’hui, d’autant plus important, dans un climat politique de plus en plus excluant.

«Les Acadiens étaient des immigrés. Ils ont immigré d’abord pour partir, mais ils sont revenus, c’était des migrants. On les a accueillis et c’était une très bonne chose, donc il faut essayer de maintenir cette relation d’accueil qu’il y a eu.»

Pour autant, Françoise Glain ne nie pas les difficultés rencontrées par les Acadiens pour s’intégrer en France, à leur arrivée, en 1773.

«Au départ, il y a eu vraiment de l’animosité, ce qui s’est calmé après quand il y a eu l’autorisation des mariages mixtes. Il a fallu l’autorisation royale pour qu’il y ait des mariages mixtes, c’est-à-dire qu’un Acadien puisse épouser une Poitevine et qu’une Acadienne puisse épouser un Poitevin. À partir de ce moment-là, on va dire, les familles se sont un peu plus mélangées et l’animosité a commencé à disparaitre un petit peu.»

En outre, Françoise Glain rappelle que le départ d’une grande partie des Acadiens pour Nantes, puis la réattribution des maisons laissées vides à la population locale ont également pu contribuer à apaiser certaines tensions.

Il faudrait que cette histoire soit connue au niveau national. Il faudrait qu’on en parle dans les écoles, mais dans toutes les écoles, pas seulement l’école d’Archigny.

— Françoise Glain

«Il faudrait que cette histoire soit connue au niveau national. Il faudrait qu’on en parle dans les écoles, mais dans toutes les écoles, pas seulement l’école d’Archigny», insiste-t-elle.

En cette saison printanière, où les visites à la ferme se font de plus en plus nombreuses, la présidente d’Histoire et patrimoine d’Archigny se dit toutefois très enthousiaste de pouvoir contribuer à faire connaitre ce pan de l’histoire acadienne.

«Tous ceux qui s’investissent pour l’Acadie le font vraiment avec passion.»

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