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Quatre artistes de la région se sont prêtés au jeu des confidences, délivrant, au passage, de doux souvenirs d’antan.
Pour Sergio Erico, jeune slameur et producteur africanadien, le temps des fêtes est celui du partage et de la gratitude.
«On va finir l’année auprès de la famille, [de] nos proches, de nos amis, et puis aussi, on va finir l’année en beauté grâce à la musique», exprime-t-il, en évoquant son attachement pour les chansons des musiciens acadiens Zachary Richard, Joseph Edgar, Les Hay Babies ou encore Roch Voisine.
«Ce sont des personnes qui m’inspirent personnellement.»
Il mentionne également des classiques de la chanson française, comme «Mon plus beau Noël» de Johnny Hallyday, «Alexandrie, Alexandra» de Claude François, et «Il est né le divin enfant», interprété par Henri Salvador.
Consacrant son mois de décembre à ses projets de 2026, le musicien n’a actuellement pas de prochains spectacles à l’horizon. Toutefois, il se réjouit sincèrement de la présence d’autres artistes sur scène, conscient de l’importance de ces retrouvailles avec le public durant cette période.
Selon lui, la musique est indéniablement indissociable des fêtes.
Il faut danser, il faut chanter ensemble, il faut s’amuser. C’est une thérapie.
«Il faut danser, il faut chanter ensemble, il faut s’amuser. C’est une thérapie. Donc, peut-être qu’il y a une personne aujourd’hui malheureusement [qui] ne peut pas passer du temps en famille durant [la] période des fêtes, possiblement que c’est la musique qui va [la] consoler.»
Souhaitant mettre son art au service de la cause commune, il aspire à créer un jour une chanson de Noël dont les bénéfices seraient versés à des organismes venant en aide aux personnes défavorisées, comme des orphelinats ou des refuges pour les personnes sans-abri.
«La musique, elle est primordiale, non seulement pour [la] période des fêtes, mais durant notre quotidien», soutient-il, ajoutant plus loin: «Ça n’a pas besoin d’être des milliers de dollars ou bien des millions, mais déjà ne serait-ce qu’une main tendue, ça change une vie.»
Pour Kristen Martell, la musique est aussi un pilier du temps des fêtes.
Chaque année, l’artiste bilingue originaire du Nouveau-Brunswick se plait à réécouter ses chansons de Noël préférées, avec une affection particulière pour celles issues du répertoire anglophone, comme «Marshmallow World», «Winter Wonderland», «It’s Beginning to Look a Lot Like Christmas», «Silver Bells» ou encore «Silent Night».
Son mois de décembre, elle le voit comme une invitation à prendre du temps pour soi, à ralentir et laisser émerger de nouvelles idées.
«Je trouve que je suis plus créative en ce temps d’année. J’écris beaucoup plus. Je joue des instruments juste pour le fun», explique-t-elle, révélant qu’elle prépare actuellement, avec la réalisatrice Laura Rae, un projet pour 2026.
Mais elle privilégie surtout les moments partagés en famille et auprès de la nature, célébrant le solstice d’hiver, selon la tradition de se rendre chaque année dans une cabane en forêt.
«On aime faire ça. C’est un peu différent, mais ça nous donne le temps d’être ensemble.»
Si elle ne mène pas de spectacle personnel, elle a toutefois récemment participé à une collecte de fonds à Bridgewater, dans un café de la mémoire, où elle a joué des chansons de Noël pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
«Ils chantaient tous avec moi, se souvient-elle, émue. La musique, ça reste vraiment. Après que toutes les autres pensées sont parties, la musique est encore là.»
Comme Kristen Martell, Melissa Comeau, chroniqueuse au Courrier de la Nouvelle-Écosse et artiste de la Baie Sainte-Marie, ressent cette période de l’année comme un moment propice au ralentissement et à la création.
Si elle prépare aussi des projets pour 2026, Noël demeure pour elle la saison idéale afin de partager, entourée de ses proches, des souvenirs précieux du passé.
Elle garde notamment des images amusantes des trajets en voiture avec sa mère et sa sœur, où elles chantaient toutes ensemble, à tue-tête, leurs chansons de Noël préférées.
Parmi ces dernières, elle désire réécouter les albums de Vince Guaraldi, Rosie O’Donnell ou encore celui de Kenny Rogers et Dolly Parton, mais également certains chants religieux.
«J’aime comme toute la musique de Noël, vraiment, pour toutes les raisons, soit les chanter, ou juste d’avoir le bruit de ce qui est comme familier, et ça, c’est le temps de Noël.»
Se souvenant d’une époque où la province était un véritable vivier de spectacles chantés et dansés, elle ressent combien les chansons de Noël occupent une place si spéciale dans le cœur des gens aujourd’hui.
«Ils cherchent cette nostalgie-là, donc c’est communautaire, le besoin de musique pendant ce temps ici.»
Au-delà du passé, il est tout autant important pour elle d’apprécier le temps présent.
«On essaie de reconnaitre ce qui est beau dans la vie et s’assurer de remercier ce qu’on a.»
Des sentiments partagés avec l’artiste Nicole Deveau, qui anime chaque année le spectacle de Noël de l’École de musique Raveston, à Chéticamp.
«Le sens d’appartenance dans une communauté, dans une famille, dans un groupe, c’est dans le temps de Noël, dans le temps des fêtes qu’on voit ce rassemblement-là. Puis c’est ça, ce qui rend la musique du temps des fêtes spéciale.»
Animée par l’envie de faire découvrir à ses élèves des musiques de Noël originales, au-delà des grands classiques, cette période reste pour elle empreinte de nombreux souvenirs.
«Les gros soupers de Noël, ça finissait toujours avec une session de musique. Qu’on [fût] musicien ou non, on chantait. Pour moi, c’était très prononcé. Après, quand on a commencé, nous, à jouer des instruments, c’est nous qui [menions] les sessions de musique.»
Cela explique sa facilité aujourd’hui à organiser des spectacles de Noël, surtout lorsqu’ils réunissent des proches ayant partagé les mêmes traditions, comme une cousine avec qui elle a assisté à ses premières messes de minuit, ou un ancien camarade de chorale originaire de Montréal, qu’elle retrouve chaque année pour les fêtes.
«C’est très naturel, pour nous, de préparer [ces] spectacles-là parce [qu’on] a à peu près le même vécu.»
Quant à sa chanson préférée, elle ne saurait en choisir une seule, mais avoue que ce sont les albums des Gars du Nord qui la touchent particulièrement.
«Je pense aussi que c’est parce que mes jeunes élèves [les] aiment beaucoup. Entendre les enfants chanter, ça, c’est trop beau.»
