le Vendredi 5 juin 2026
le Mardi 14 octobre 2025 9:00 Actualités: Acadie et Francophonie

Baisse du financement du ministère des Femmes et Égalité des genres, l’AFFC réagit

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Geneviève Latour, vice-présidente de l’AFFC. — PHOTO: de courtoisie - L’AFFC
Geneviève Latour, vice-présidente de l’AFFC.
PHOTO: de courtoisie - L’AFFC

En fin juillet dernier, le gouvernement avait annoncé une coupure budgétaire de 80 % du ministère des Femmes et Égalité des genres (FEGC). En réponse à cette situation, l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC) exprime son indignation et lance une pétition.

Baisse du financement du ministère des Femmes et Égalité des genres, l’AFFC réagit
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«Pendant la publication des plans ministériels, on a remarqué qu’il n’y avait aucun investissement qui était prévu, qui reflétait des compressions de 80 %, d’ici 2027-2028, pour le ministère de FEGC. À ce moment-là, on avait pris la parole dans les médias pour dire que c’était inquiétant. Depuis, on s’est rencontrés en congrès avec les membres de l’AFFC», relate Geneviève Latour, vice-présidente de l’AFFC.

Suite à cette assemblée, l’AFFC a mis en place un comité de mobilisation et lancé une pétition pour amplifier la voix des femmes francophones et insister sur la gravité de la situation: un recul historique pour les droits des femmes.

«On a eu des retours de la part de fonctionnaires du ministère de FEGC. On sait que, quand les groupes de femmes, les groupes féministes ont pris la parole après le premier cabinet qui avait été nommé par le premier ministre, [où] il n’y avait aucun ou aucune ministre dédié à FEGC, notre voix a été entendue, parce que le prochain cabinet qui a eu ce poste-là a été rétabli. Donc, on sait que le mouvement féministe, que le mouvement de femmes est un mouvement qui est fort, mais pour ça, il faut prendre la parole.»

Mme Latour souligne que, si ces coupures sont appliquées, les femmes et les organismes francophones seront encore plus affectés dans les années à venir, et à très long terme.

«Les femmes francophones, c’est pas un groupe homogène. On est à la croisée de plusieurs identités vulnérables. On a là, parmi nous, des femmes qui sont des femmes racisées, qui sont des femmes en situation de handicap.»

Elle rappelle également que les services en français sont rares, déjà sous-financés, et donc que ces coupures ne feront qu’aggraver les inégalités actuelles, en plus d’invisibiliser la réalité des femmes francophones au sein des communautés.

En outre, elle insiste sur le fait que réduire le budget de FEGC, c’est non seulement affaiblir les enjeux féministes, mais aussi la vitalité de toute la francophonie canadienne. 

«Le travail qu’on fait comme organisme de femmes, ce n’est pas que pour les femmes. C’est pour la communauté dans son ensemble», revendique-t-elle, affirmant qu’il s’agit littéralement d’une question de vie de mort.

«[Quand] on a la capacité de le faire, ça fait tellement une différence dans nos communautés sur la vitalité, mais aussi sur le soutien qu’on offre à ces femmes-là.»

L’exécution de ces compressions de 80 % annoncées dans le plan ministériel serait donc, selon Mme Latour, un prix très cher à payer.

«On sait que le premier ministre a demandé des coupures de 15 % à travers tout le ministère, mais on ne peut pas, 80 %, ça sera impossible pour nous.»

Toutefois, elle garde l’espoir de voir rétabli le budget habituel.

«Il y a un budget qui s’en vient. Il pourrait y avoir des nouveaux programmes d’annoncés ou des programmes de continuité. C’est ce qu’on demande avec notre pétition.»

Elle rappelle également que l’investissement dans FEGC est aussi important pour les communautés francophones que pour le pays tout entier. D’autant plus que, selon elle, cela correspondrait davantage avec l’image d’un «Canada fort» mise en avant par le gouvernement.

«Un Canada fort, ça repose sur un engagement ferme envers l’égalité des genres.»

D’où l’importance, renchérit-elle, de lancer cette pétition et partager son message. 

«On ne va pas lâcher le morceau. On est là, on existe, on est important.»

Mais aussi, de mobiliser les Canadiens et les Canadiennes de faire une demande conjointe, en appelant leurs députés et en leur signalant l’enjeu de défendre les droits des femmes.

«Si on veut un Canada fort, les femmes font partie de la solution.»

Si le lancement de la pétition reste récent, Mme Latour confie que l’AFFC a déjà reçu un soutien considérable, comme en témoigne le nombre croissant de signatures.

«On a une voix. C’est ce qu’on veut faire, c’est utiliser cette voix-là pour dire c’est important d’investir dans les femmes, dans les femmes de la francophonie canadienne. Donc, on continue à porter cette voix-là parce que l’alternative est trop inquiétante.»

Mais également exceptionnelle et sans précédents, selon les dires de Mme Latour.

«On a vécu différentes crises à travers les années, mais celle-là, elle est du jamais vu.»

À la question de savoir ce qu’il adviendra si le ministère ne réagit pas, la vice-présidente de l’AFFC affirme que, avec leur comité de mobilisation, ils ne s’arrêteront pas là: la lutte continuera.

«On n’a pas le choix, mais on a espoir qu’il y ait des députés, qu’il y ait des gens, des parlementaires qui vont nous entendre, qui vont nous soutenir, [que] le budget ne va pas être aussi désastreux que ce qu’on s’attend. C’est vraiment l’espoir pour l’instant, mais c’est certain que si ça ne va pas dans le chemin où on veut, on a d’autres actions dans nos poches qu’on va devoir mettre de l’avant.»

L’objectif de l’AFFC aujourd’hui est donc d’encourager la population à signer la pétition, car plus la mobilisation sera forte, plus les chances de voir ce changement se réaliser seront grandes.

«On est là, on est présentes et [on] ne lâchera pas le monstre.»

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