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Une immersion dans le parcours de jeunes étudiants au sein de l’Hôpital universitaire de Moncton, les soignants du monde de demain. «Le Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick, qui est à Moncton, accueille depuis une dizaine d’années tous les étudiants en médecine du Nouveau-Brunswick, et maintenant de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse», explique le réalisateur.
«Avant, il fallait que les provinces réservent une place à l’Université [de] Sherbrooke, donc les jeunes devaient se déplacer. Maintenant, on est capable, en Acadie, de pouvoir former nos futurs médecins.»
Comme le souligne le réalisateur, depuis la fondation du Centre de formation médicale initiée en 2006, avec la première cohorte de médecins en formation en Acadie, il est désormais possible pour les étudiants francophones en médecine du Canada atlantique d’acquérir leur savoir dans leur région.
Extrait du documentaire Bientôt dans nos hôpitaux.
Il ne leur est plus obligé de s’exiler à l’extérieur pour apprendre dans leur langue et exercer leur métier. «Ça a été essentiel pour garder nos médecins, pour les inviter à pratiquer dans nos communautés, même nos communautés rurales.»
Depuis, le taux de rétention des médecins dans les maritimes a effectivement presque doublé. «Ça fait moins loin de partir de la Baie Sainte-Marie [pour] aller à Moncton que d’aller là-bas, à Sherbrooke, souligne Julien Cadieux. Avec le centre de formation, on peut faire des stages à Halifax, à IWK (Health), qui est un peu partout, ce qui fait en sorte qu’il y a des étudiants qui peuvent revenir du Cap-Breton, qui peuvent retourner faire leur pratique aussi à la Baie Sainte-Marie.»
Dans cette série, nous suivons l’évolution, durant toute une année, de Jérémy et Kaylee, médecins en formation, et Rija et Karine, étudiantes en sciences infirmières. «Ce qui m’intéressait, c’était tout ce qui était plutôt le contenu humain, de se dire que ces jeunes-là sont appelés à être en contact avec une diversité de gens. Qu’est-ce qui les amène, avec leurs valeurs d’empathie, leurs valeurs de soigner, dans cette profession?»
Ce que j’ai trouvé beau, puis que je voulais transmettre, c’est que, dans la jeunesse, il y a vraiment des gens qui ont ces valeurs d’empathie.
En filmant leurs premiers contacts avec leurs premiers patients, l’objectif de Julien Cadieux était de montrer comment ils mettent en pratique les valeurs intrinsèques à leur métier, comme l’acceptation de la différence. «Ce que j’ai trouvé beau, puis que je voulais transmettre, c’est que, dans la jeunesse, il y a vraiment des gens qui ont ces valeurs d’empathie.»
Mais aussi, des notions fondamentales, comme la gestion du stress, particulièrement pertinentes dans le contexte actuel d’un système de santé en crise.
Il a également voulu souligner des moments clés de leur parcours, tels que les scènes tournées à la morgue. C’est là qu’ils se rendent pour étudier des corps donnés à la science, ce qui représente, pour nombreux d’entre eux, leur premier face-à-face avec la mort.
«Souvent, ils viennent de familles de classe moyenne. Ils n’ont peut-être pas nécessairement été en contact avec la pauvreté, avec les gens avec des addictions. C’est pour eux aussi une éducation sur les facteurs sociaux et humains qui fait qu’un être humain prend des chemins différents dans la vie.»
Pour le réalisateur, suivre de si près ces jeunes dans la découverte de leur métier lui a inspiré une réelle confiance. Il les a perçus sincèrement investis et prêts à initier un changement. «C’est très humanisant de savoir qu’on peut être pris en charge avec écoute et compassion, soutient-il. Ça donne un autre visage, un autre regard [de nos hôpitaux].»
Il espère donc que cela encourage de nouveaux jeunes à suivre ces formations, en leur montrant que, malgré les difficultés, l’aventure demeure possible, et qu’ils ne l’affronteront pas seuls.
Actuellement, une deuxième saison est en train d’être tournée et met notamment l’accent sur le parcours de deux infirmières. Celui de Danielle Gollan, étudiante à la maitrise pour devenir infirmière praticienne, et celui de Malthide Momo, étudiante en quatrième année à l’Université de Moncton.
Bien que déjà diplômée en sciences infirmières au Cameroun, son pays natal, elle doit refaire son parcours, car sa formation n’a pas été reconnue au Canada. «C’est aussi le futur de la médecine», explique Julien Cadieu, car «pour désengorger la médecine de première ligne, les urgences et [toutes] les infirmières praticiennes, surtout dans les milieux ruraux, ont beaucoup d’importance. Parce que des fois, il faut aller loin pour aller dans un hôpital.»
La caméra portera aussi son regard sur Jérémie Cyr, un étudiant en première année de résidence à l’Unité de médecine familiale, et un autre étudiant inscrit au programme de formation paramédicale en soins primaires à Tracadie.
L’enjeu étant de dresser un portrait varié du milieu médical, avec des expériences de vie et de parcours différents. «Pour pouvoir montrer le vrai visage qu’on montre très peu de ce que c’est la médecine.»
À travers cette série documentaire, Julien Cadieux veut donc avant tout humaniser nos soins de santé et transformer le regard de la société sur le milieu médical, et sur la jeune génération, tout comme le sien a évolué au fil du tournage.
Il l’affirme avec conviction: «Il y a des gens de cœur qui croient à leur métier, comme à une véritable vocation.»
