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Lancée il y a quatre ans, durant la pandémie de COVID, l’émission conçue, produite et animée chaque semaine par Jean-Sébastien Busque et Frédéric Choinière était alors une réponse au besoin de contenu jeunesse ressenti au cours de cette période compliquée.
Recevant très vite des retours positifs, elle continue aujourd’hui avec le même enthousiasme de la part de ses créateurs, qui se plaisent si bien à aider les enfants à développer leurs capacités cognitives et leur confiance en eux, à travers leurs projets créatifs et scientifiques.
«Je suis un patenteux et je suis joyeux, atteste Jean-Sébastien Busque, mais je suis vraiment une personne curieuse. J’aime créer, construire, fabriquer, détruire, reconstruire, creuser, juste pour partir à la découverte, pour mieux comprendre comment les choses fonctionnent dans notre vie.»
Pour moi, c’est quelque chose d’important de transmettre un peu cet amour envers la curiosité, puis de se lancer dans l’aventure.»
Une aventure, oui. C’est bien ce que l’animateur passionné semble vouloir offrir et partager avec son jeune public. Et si joyeuse soit cette dernière, elle peut aussi s’avérer difficile et semer des embuches, comme il n’omet pas non plus de l’apprendre aux enfants. «L’échec fait partie du processus, soutient-il. Je trouve que, malheureusement, avec les médias sociaux et la télévision, on va toujours vers le résultat parfait.»
Jean-Sébastien Busque et Frédéric Choinière, producteurs, concepteurs-scénaristes et animateurs de l’émission Les joyeux patenteux, avec leur appareil sur les traces de la bouée.
«Souvent, on oublie de souligner les défis, les échecs. On doit recommencer des fois, on essaie, tout en étant réaliste, de laisser ça vivre. C’est important parce que je sens que, quand on sait que l’échec fait partie du processus, ça nous prépare mieux dans nos projets. Donc, pour moi, c’était vraiment un désir de vouloir transmettre ça aux jeunes, et aux moins jeunes.»
Derrière son sourire, M. Busque est aussi conscient des méfaits et dangers des écrans et médias sociaux, de plus en plus décriés de nos jours, surtout pour les plus jeunes.
Il affirme d’ailleurs ne pas souhaiter faire du magazine une finalité, mais plutôt «un tremplin vers le monde réel.» «On veut qu’après avoir consommé notre émission, on ait suscité le désir de quitter l’écran et d’aller travailler dans le vrai monde, d’aller créer avec ses propres mains.»
«C’est sûr que les écrans vont faire partie de nos vies et qu’il faut faire attention à leur surconsommation. Nous, on essaie d’apporter un contenu de substance, une valeur nutritive et, grâce à ça, permettre de prendre une pause des écrans et d’aller apprécier le vrai monde.»
La bouée échouée au village de Maisonnette, au Nouveau-Brunswick.
Partant de ce principe, il n’est pas étonnant que l’équipe de l’émission se révèle d’autant plus fière du succès de cette dernière lorsque les enfants le leur montrent en partageant l’une de leurs créations, réalisées à la suite de son visionnage.
«C’est toujours vraiment très intéressant de voir un peu le résultat, témoigne M. Busque. Il y a aussi des gens qui nous disent, “J’ai pris le courage de manier une perceuse électrique. Avant, j’osais pas! Vous m’avez donné le courage d’essayer et de voir ce que ça donne.” […] Pour moi, c’est fun d’avoir ce feedback-là, cet émerveillement, les yeux grands ouverts.»
«Des fois, on invite les jeunes à passer au studio, puis là, c’est intéressant parce que c’est plein d’objets qui ont été créés. Ça fascine les jeunes, j’aime beaucoup ça.»
Il insiste d’ailleurs sur le fait que l’objectif premier de l’émission reste la stimulation et pas forcément la reproduction. «L’idée, ce n’est pas de nous copier et de copier nos projets, mais d’oser son propre projet, même tout petit. […] On commence avec des petits projets, puis ces petits projets-là vont nous donner la confiance d’aller faire un plus gros projet, et ainsi de suite. Puis, ça nous amène à des adultes bien équipés.»
Une idée que l’on retrouve d’ailleurs dans l’intitulé même de l’émission. «”Patenter”, c’est comme fabriquer, mais avec les moyens du bord, avec une certaine improvisation, explique M. Busque. C’est sortir des objets de leur utilisation quotidienne ou classique [pour] en faire quelque chose d’autre. […] On pourrait prendre tel objet, on va mettre tel objet, on va “patenter”.»
Jean-Sébastien Busque et Frédéric Choinière, producteurs, concepteurs-scénaristes et animateurs de l’émission Les joyeux patenteux, sur le lac.
Et c’est justement cet esprit patenteux qui les a conduits à l’un de leurs plus gros et surprenants projets de la saison. Il s’agissait initialement de larguer dans le fleuve de la ville de Trois-Rivières une bouée de dérive, avec de l’équipement de communication et de géolocalisation, dans le but de mieux comprendre comment fonctionnent les grands cours d’eau. Mais le tout s’est finalement avéré beaucoup plus chaotique que prévu.
En effet, la bouée, qu’ils imaginaient arriver tranquillement dans l’océan Atlantique, se trouve actuellement échouée, pour la sixième fois de tout son parcours, dans le nord-est de la Nouvelle-Écosse, sans qu’ils n’aient encore trouvé personne pour la récupérer et la remettre à l’eau.
Pour autant, M. Busque ne perd pas de son optimisme et s’amuse même de la situation, qu’il trouve en fin de compte plutôt inspirante humainement parlant. «Une panoplie de gens est venue à notre aide pour remettre la bouée, pour que la bouée puisse continuer son chemin. […] Ils prenaient en photo la bouée, se prenaient en photo, puis prenaient en photo la remise à l’eau. Ce qui est devenu vraiment intéressant.»
«Puis, de voir l’entraide des gens embarqués pour nous aider, aider la bouée. Ça vient créer une très belle histoire qui vient se joindre à la quête initiale.»
Une histoire qui encourage encore plus Les joyeux patenteux à poursuivre dans cette lancée, en continuant leurs aventures. «On a plein d’autres projets comme ça qui s’en viennent!» lance-t-il, en se montrant toujours plus ambitieux et audacieux, sans jamais avoir peur de l’échec.
«Des fois, le résultat n’est pas exactement à la hauteur, mais on le mentionne, on le dit, et on grandit un peu à travers tout ça.»
