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le Jeudi 8 mai 2025 7:00 Actualités: Acadie et Francophonie

Les femmes votaient pour la première fois il y a 80 ans en France

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Au lendemain des élections qui ont amené Mark Carney au pouvoir, on peut réfléchir à l’histoire de l’obtention du droit de vote pour les femmes. Au Canada, ce ne s’est pas fait de manière uniforme.

Les femmes votaient pour la première fois il y a 80 ans en France
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Type de contenu: Récit

En Nouvelle-Écosse, les femmes qui servaient dans l’armée, ou avaient un proche au front, ont obtenu le droit de vote en 1917. C’est le premier ministre Robert Borden, originaire de Grand-Pré, qui leur a accordé ce droit, car il avait besoin du vote des femmes. Ce n’est qu’en 1918 que la plupart des femmes au pays ont enfin obtenu le droit de voter aux élections fédérales.

En France, c’est le 29 avril 1945 que les femmes ont voté pour la première fois. Il y a donc 80 ans seulement que les Françaises se sentent citoyennes à part entière. 

L’histoire de l’obtention de ce droit fut longue. Remontons à la Révolution française. Olympe de Gouges a écrit «La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne» en 1791 en réaction à «La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen». Elle y a écrit que si «la femme a le droit de monte à l’échafaud, elle doit avoir le droit de monte à la tribune». 

Longtemps, les femmes ont combattu pour s’extraire du Code Napoléon, qui les considérait comme des mineures juridiques au même titre que les criminels, les malades mentaux et les enfants, et les maintenaient sous l’autorité de leur mari, père ou frère. 

Les suffragettes ont commencé à se battre en 1848 pour l’obtention du droit de vote. Plusieurs générations de femmes ont travaillé avec acharnement à cette cause. Mais la réaction des hommes a toujours été brutale et condescendante. 

Elles ont été nombreuses à mener la lutte. Hubertine Auclert a fondé en 1876 la société «Le droit des femmes», qui est devenue la Société pour le suffrage des femmes. En 1881, elle a créé le journal La Citoyenne pour défendre l’égalité politique entre les sexes.

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En signe de protestation, elle a refusé de payer ses impôts, disant que «les femmes qui subissent les lois et paient les impôts, ainsi que les hommes, doivent avoir, comme eux, le droit de voter. Je n’ai pas de droits, donc je n’ai pas de charges; je ne vote pas, je ne paie pas.»  

À la fin du 19e siècle, Louise Weiss a fondé l’association «La femme nouvelle», et elle a participé à la structuration du mouvement en faveur du suffrage féminin.

Avant la Seconde Guerre mondiale, les propositions pour accorder le droit de vote aux femmes n’ont jamais été adoptées par le Parlement. Mais, sous l’Occupation, plusieurs milliers de résistantes ont fait entendre leur voix. Nombreuses ont été envoyées en camp de concentration et n’en sont jamais sorties. 

Les hommes ont été obligés de reconnaitre le rôle indispensable que les femmes ont joué pendant le conflit. Le général de Gaulle, depuis Alger, a enfin accordé le droit de vote aux femmes en 1944, avec un siècle de retard sur les hommes, et elles ont pu exercer ce droit dans un vote municipal juste avant la fin de la guerre, peu avant le 8 mai 1945. 

Elles savaient qu’elles devraient rester vigilantes, car tout est volatile. Une crise politique ou religieuse peut tout remettre en question à n’importe quel moment. 

Les droits des femmes ne sont jamais totalement acquis. Par exemple, le roi d’Afghanistan a donné le droit de vote aux femmes en 1919. De nos jours, les droits des femmes sont détruits et elles n’ont même plus le droit de parler en public. Comme quoi tout peut être anéanti du jour au lendemain.

Au fil des ans, la cause des femmes en France a lentement avancé, avec le droit à l’IVG avec la loi Veil en 1974. Ce n’est que dans les années 2000 que la parité est finalement inscrite dans la loi. Une progression d’escargot… 

N’oublions pas qu’en France, il n’y a que 50 ans que les femmes mariées peuvent ouvrir un compte bancaire et signer un contrat de travail sans l’autorisation de leur mari, un an après le Québec.

Type: Récit

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