le Vendredi 5 juin 2026
le Lundi 24 mars 2025 9:00 Actualités: Acadie et Francophonie

Sergio Eriko, être Africanadien, une richesse à partager

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Sergio Eriko, lors de la 8e édition du Festival International de Slam/Poésie en Acadie (FISPA).  — PHOTO : Morgane Savary
Sergio Eriko, lors de la 8e édition du Festival International de Slam/Poésie en Acadie (FISPA).
PHOTO : Morgane Savary

Sergio Eriko fait partie des artistes mis à l’honneur dans le dernier documentaire de Phil Comeau, Résonance Acadie, qui retrace leur parcours lors de la résidence créative, lancée par le Congrès mondial acadien (CMA) 2024. Originaire du Togo, mais ayant grandi à Halifax, le jeune slameur et producteur embrasse ses deux cultures, l’Afrique et l’Acadie, avec beaucoup de fierté et de dévouement.

Sergio Eriko, être Africanadien, une richesse à partager
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«Africanadien, personnellement, je suis très honoré de l’être. On ne choisit pas sa culture, et être Acadien, je ne l’ai pas choisi. C’est juste mon identité. C’est ce qui fait de moi un Acadien, un Africanadien. C’est cette ouverture d’esprit aussi. C’est quelque chose de très important», confie-t-il.

Une identité qu’il avait déjà célébrée dans son premier album, intitulé Africanadien, et qui lui avait permis de se démarquer parmi les nombreuses candidatures à la résidence.

«C’est grâce à Mme Isabelle Pédot, la directrice de l’Alliance Française d’Halifax. Elle pensait que je serais un bon candidat pour le CMA. Il fallait avoir des projets, musicaux ou peu importe, du domaine dans lequel l’artiste était. J’avais déjà sorti un album, un EP, et puis j’ai fait pas mal de bénévolat dans le cadre de la culture acadienne – j’ai grandi ici, à Halifax, parmi les Acadiens. Aussi, il fallait avoir moins de 30 ans. J’ai appliqué et ils ont accepté ma candidature,» explique-t-il.

Une expérience qui s’est avérée très enrichissante tant sur le plan professionnel que personnel. D’abord, parce que, en tant que producteur, côtoyer M. Comeau et son équipe au quotidien ont été une réelle opportunité pour lui d’apprendre de nouvelles choses et de se dépasser. 

Et, je pense que la coordination entre nos créations de projets et la présence de M. Phil et de toute son équipe nous ont aussi poussés à aller chercher le meilleur de nous.

— Sergio Eriko

«Ça m’a donné une autre perspective de la réalisation des films ou des tournages. L’équipe de M. Phil était vraiment très ouverte avec nous. Ils nous expliquaient quoi faire. C’était un tournage très naturel. Il n’y avait pas de mise en scène, ni quoi que ce soit.»

«On avait une salle où, tous les artistes, on se mettait ensemble et chacun créait son propre projet. L’équipe de Phil venait et nous prenait en vidéo ou en photo. On faisait comme s’ils n’étaient pas là. Et, je pense que la coordination entre nos créations de projets et la présence de M. Phil et de toute son équipe nous ont aussi poussés à aller chercher le meilleur de nous. Ça m’a permis de sortir de ma zone de confort.»

De même que cela lui a également donné l’opportunité d’agrandir son répertoire professionnel, de par les liens solides qu’il a créés et avec lesquels il espère pouvoir se retrouver un jour pour de futures créations.

«Ça m’a ouvert des portes. Aujourd’hui, je connais M. Phil. Si demain, j’ai un projet en tête, je peux le contacter. Cela m’a permis aussi de faire la rencontre de neuf autres artistes avec qui, aujourd’hui, ensemble, créer un projet en mémoire du CMA, par exemple. On est toujours en contact. On communique tous les jours.»

Mais également, parce que la résidence et toutes ces personnes qui l’ont entouré lui ont beaucoup apporté humainement parlant. Lui offrant la possibilité d’exploiter davantage la profondeur de ses racines au sein de son art, de mieux se connaitre, et de définir ce que, en tant qu’artiste, il veut transmettre au monde.

«J’ai vécu une très belle expérience, dans le sens où j’ai eu l’opportunité de découvrir différentes personnes, d’apprendre de différentes personnes. Ce n’était pas que de la musique. Il y avait aussi du théâtre, des marionnettes, des dessins, des tableaux d’art. Tout cet esprit-là m’a permis de mieux comprendre c’est quoi l’Acadie, et de partager, selon moi, mon expérience en tant qu’Acadien ici, et puis, de l’autre côté, partager mon expérience, ma vie, d’être un Africain.»

«Pour moi, c’est vraiment un mélange de cultures. Et durant cette semaine de résidence, ça se résume à un apprentissage, un développement et aussi un partage.»

Plus qu’une opportunité professionnelle, et un élan pour sa carrière, la résidence a donc été pour lui une véritable leçon de vie, pour laquelle il ressent beaucoup de gratitude.

«Ce fut une très belle expérience, que je ne peux décrire. C’était juste, waouh. J’ai vraiment grandi, appris beaucoup de choses. Il n’y a pas de mots pour décrire ça, c’est juste incroyable. J’ai été très chanceux aussi de participer à cette résidence, parce que c’était la première, et j’en suis très honoré.»

Aujourd’hui, porté par tous ses souvenirs et sentiments de reconnaissance, il avance dans ses nouveaux projets, comme la chanson Héritage, sortie au mois d’aout dernier, avec toujours la même volonté d’y mélanger ses deux cultures. L’Afrique et l’Acadie.

«Ce mélange de cultures, c’est ce qui fait la beauté de ce monde. Je pense que nous sommes tous pareils, et que, pour avancer et de vivre dans un beau monde, il faut se mettre ensemble, se rassembler, partager ses valeurs, ses cultures, et puis aussi apprendre des autres.»

Type: Actualités

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