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Farida Agogno
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – Atl
Le Programme d’action communautaire pour les enfants (PACE) est une initiative de l’Agence de la santé publique du Canada.
Mise en place depuis 1993, elle soutient financièrement des groupes communautaires qui favorisent le développement sain des enfants de zéro à six ans vivant dans des conditions vulnérables, telle que la pauvreté, la grossesse adolescente, l’isolement, la consommation de substances ou la violence familiale.
Jules Chiasson, directeur général de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, rappelle que le Centre d’appui à la petite enfance de la Nouvelle-Écosse (CAPNÉ) a été fondé deux ans après le lancement de ce programme et a attendu cinq ans avant de pouvoir soumettre une demande.
Jules Chiasson, directeur de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.
Mais M. Chiasson avance qu’à cette période, la réponse que la Fédération a reçue était que le programme devait encore faire ses preuves, et que les organisations bénéficiaires devaient améliorer leurs services et prouver leur valeur. Donc, il leur a été demandé d’attendre une nouvelle révision dans cinq ans.
Aussi, «l’Agence a répondu que ses fonds n’avaient pas augmenté, et qu’elle ne pouvait donc pas intégrer de nouveaux organismes au programme, avance le directeur général. En conséquence, elle a refusé la demande du CAPENÉ, perpétuant ainsi l’exclusion des enfants acadiens et francophones.»
M. Chiasson affirme que ce cycle de demandes et de refus dure depuis 30 ans. «Nous considérons cette situation comme une discrimination et une injustice envers les enfants acadiens et francophones de la Nouvelle-Écosse», dénonce-t-il.
De plus, le directeur général rapporte qu’en 2013, le CAPNÉ a déposé une plainte auprès du Commissariat aux langues officielles. Celui-ci a donné raison au CAPNÉ. «Malgré cette décision, rien n’a changé», dit-il.
Il confirme que la FANE a demandé une rencontre avec la ministre de la Santé, Marjorie Michel, pour lui exposer la situation. Il indique également que, malgré le fait que l’Agence affirme avoir mené des consultations, celles-ci ont été limitées aux organismes bénéficiaires.
Ainsi, il réitère que la communauté francophone en situation minoritaire n’a pas été incluse. «Cela constitue une injustice supplémentaire.»
Par ailleurs, le PACE dispose d’un budget annuel de 54 millions à l’échelle nationale. Le CAPNÉ pourrait recevoir un financement significatif, d’après M. Chiasson. «Nous demandons également des mesures réparatrices, étant donné que cette injustice dure depuis trois décennies», soutient-il.
Nous souhaitons rencontrer rapidement la ministre ou un haut responsable du ministère de la Santé pour résoudre ce problème, sans avoir à recourir à une contestation judiciaire.
«Nous souhaitons rencontrer rapidement la ministre ou un haut responsable du ministère de la Santé pour résoudre ce problème, sans avoir à recourir à une contestation judiciaire», complète-t-il.
Outre les mesures réparatrices et la dénonciation de l’exclusion, la FANE a déclaré dans un communiqué qu’une réforme du programme est nécessaire. Cette réforme doit assurer l’équité pour les communautés en situation minoritaire, inclure des consultations participatives avec les représentants francophones et mettre en œuvre les recommandations du Commissariat aux langues officielles.
Le Courrier a contacté l’Agence de la santé publique Canada, mais n’a pas reçu de réponse avant la publication de cet article.
