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Dans ce contexte, Ziyan Yang, qui travaille au Bureau de la Diversité et de l’Inclusion de la municipalité régionale d’Halifax et conseille les différentes divisions sur la façon de mieux servir les résidents d’expression française, explique l’origine du projet et son importance.
«Quand j’ai été embauchée, raconte-t-elle, ma tâche principale, c’était d’élaborer un document pour guider la municipalité à planifier les ressources, pour développer les services en français, pour mieux impliquer les résidents d’expression française dans les affaires municipales, et ce document a été développé et approuvé par le conseil régional en 2021. C’est la stratégie des services en français.»
Le rôle de Yang consiste donc, entre autres, à s’assurer que les actions de cette stratégie soient accomplies à temps.
Le Centre communautaire de Citadel fait partie d’un groupe de centres communautaires gérés par la municipalité qui offrent des programmes de loisirs en tous genres à un cout réduit pour correspondre aux attentes des résidents. La plupart sont en anglais.
Ziyan Yang, conseillère des services en français du Bureau de la Diversité et de l’Inclusion de la municipalité régionale de Halifax, lors de l’évènement DansMaVille, en 2024.
Dans ce contexte, le partenariat acadien et francophone d’Halifax, qui est un groupe de travail réunissant des représentants de différents organismes francophones dans la région d’Halifax, élabore des projets spécifiques venant répondre aux besoins de la communauté francophone.
Ce groupe de travail maintient un certain nombre de sous-comités qui ont chacun la responsabilité d’un projet spécifique. Parmi eux, un des sous-comités agit surtout sur la collaboration entre la communauté francophone et acadienne et les centres communautaires gérés par la municipalité.
Yang explique que, durant la période de la pandémie, lors des rencontres de partenariats, certains membres ont mentionné la nécessité d’avoir plus d’espaces francophones pour donner aux résidents d’expression française la possibilité de se réunir pour parler et vivre dans leur langue.
«On a formé ce sous-comité pour justement adresser ce besoin, relate-t-elle. On a décidé de justement essayer d’offrir des programmes en français dans des centres communautaires.»
Après un sondage en ligne pour identifier le centre communautaire le plus recherché des francophones et les programmes les plus appréciés, c’est finalement le Centre communautaire de Citadel qui a été choisi pour accueillir les programmes cette année.
On espère pouvoir au moins combler une certaine lacune dans la programmation actuelle de la municipalité pour justement offrir des programmes de loisirs similaires par rapport à la population anglophone à au moins une certaine population francophone.
À la suite de cette consultation, des programmes de soccer ont été mis en place pour les enfants de 5 à 8 ans et de 9 à 12 ans, ainsi qu’un programme de danse pour les 6 à 8 ans. «On espère pouvoir au moins combler une certaine lacune dans la programmation actuelle de la municipalité pour justement offrir des programmes de loisirs similaires par rapport à la population anglophone à au moins une certaine population francophone. Pour que ces jeunes puissent profiter des loisirs dans leur langue d’expression préférée.»
Comme le souligne Yang, c’est un projet qui doit être continuellement réajusté. «Depuis que moi et nos partenaires communautaires [avons] travaillé sur ce projet, nous avons aussi connu des obstacles. Tout d’abord, il faut vraiment trouver le centre communautaire où il y a un grand nombre de populations francophones pour qu’ils puissent vraiment en profiter. Et puis il faut aussi trouver des animateurs compétents et assez francophones.»
Des défis qui ne sont pas facilement relevés par le personnel municipal, habitué à travailler dans le domaine anglophone. «Pour offrir des programmes de loisirs anglophones, ils n’ont pas vraiment beaucoup de difficultés à trouver des animateurs, ils n’ont pas beaucoup de problèmes à trouver des inscriptions non plus. Donc, ils n’ont pas vraiment la nécessité de faire la promotion, d’impliquer la communauté de façon assez approfondie.»
Parmi les obstacles rencontrés, le comité et ses partenaires doivent aussi composer avec certaines réalités qui ne leur facilitent pas la tâche. «Le programme de danse nécessite encore deux inscriptions pour ne pas être annulé, car il faut avoir six inscriptions pour que le programme soit offert, exprime Yang. Même si on met beaucoup d’efforts dans un projet de ce genre, ça ne va pas toujours aboutir à un grand succès. Donc on doit se contenter de ce qu’on peut obtenir.»
Pour autant, elle reste optimiste, car l’ouverture des programmes de soccer semble sur la bonne voie. «On doit aussi évaluer entre nous pour voir si c’est un projet qui mérite d’être continué ou bien [s’]il faut trouver un autre moyen. Peut-être qu’on doit vraiment repenser ou bien reconcevoir tout le système de notre sous-comité pour voir si on doit changer d’orientation.»
«Est-ce que c’est toujours la bonne collaboration sur laquelle on doit travailler maintenant ou bien est-ce qu’il faut trouver un autre projet qui pourrait être plus nécessaire dans notre circonstance actuelle? C’est une interrogation qu’on doit faire continuellement.»
En outre, en ce qui concerne la stratégie des services en français, toutes les actions de la première phase, c’est-à-dire les trois ans de mise en œuvre, ont été accomplies. «Au début de cette année, on a fait des consultations communautaires pour recueillir des rétroactions de la communauté envers ce qui a été accompli et aussi pour avoir leurs rétroactions sur quelles sont les priorités pour les années à venir.»
Il s’agissait donc d’évaluer la pertinence actuelle des mesures d’il y a quatre ans et de les modifier si besoin.
Quant aux recommandations recueillies, elles permettront de guider la planification et l’orientation du travail de Yang dans les prochaines années.
Mais bientôt, une telle stratégie ne sera plus nécessaire.
En effet, Yang confie que son bureau est en train de travailler sur une stratégie inclusive qui comprendra toutes les stratégies individuelles, comme la stratégie des services en français, la stratégie sur l’immigration, la stratégie sur l’accessibilité ou encore la stratégie pour les services pour les autochtones.
En d’autres termes, une stratégie englobant toutes les communautés minoritaires. «Cette stratégie sera, j’espère, publiée dans un an ou deux.»
