le Vendredi 5 juin 2026
le Mardi 23 septembre 2025 11:00 Actualités: Acadie et Francophonie

Donner aux femmes le pouvoir de changer leur vie

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
Le Centre des congrès d’Halifax, où aura lieu le Menopause Show, en octobre.  — PHOTO: Facebook de Halifax Convention Center
Le Centre des congrès d’Halifax, où aura lieu le Menopause Show, en octobre.
PHOTO: Facebook de Halifax Convention Center

Le vendredi 17 octobre aura lieu, au Centre des congrès d’Halifax, et pour la première fois dans les provinces atlantiques, The Atlantic Menopause Show.

Donner aux femmes le pouvoir de changer leur vie
00:00 00:00

Type de contenu: Actualité

L’objectif de cet évènement est de partager, d’éduquer et d’aider les femmes à s’émanciper tout au long du parcours de la ménopause. «Nous avons créé une organisation à but non lucratif, l’Orchid Women’s Health Initiative. Nous levons des fonds pour la santé des femmes», explique Liz Rigney, l’une des bénévoles. 

L’organisme est né après la perte d’une des membres fondatrices, décédée d’un cancer du col de l’utérus. «Nous pensions que si elle avait eu un meilleur accès à la technologie et aux médecins, elle aurait pu être diagnostiquée plus tôt et peut-être être encore en vie aujourd’hui», raconte Rigney. 

Elles ont donc décidé de lancer cette initiative et de s’associer avec différents hôpitaux pour trouver des moyens d’aider les professionnels de santé, en particulier en gynécologie, à obtenir les outils nécessaires pour examiner les femmes plus rapidement.

La Dre Sarah Naomi Shaw, l’une des présentatrices du Atlantic Menopause Show. 

PHOTO: Facebook - Atlantic Menopause Show

En rencontrant différents praticiens, elles ont vite réalisé qu’il y avait un grand besoin de mieux comprendre la ménopause dans la région.

En effet, beaucoup de femmes ont témoigné manquer d’espace pour poser des questions et trouver des informations fiables. Même lorsqu’elles consultent des professionnels de santé, elles n’obtiennent pas forcément de réponses.

Plusieurs raisons expliquent cette méconnaissance du sujet, notamment le fait que peu de professionnels sont spécialisés en ménopause et que cela n’est pas, ou encore trop peu, enseigné à l’école.

La Dre Maria Migas, cofondatrice de la Menopause Society of Nova Scotia, médecin de famille et praticienne certifiée, admet avoir reçu très peu de formation dans ce domaine. «Culturellement, nous nous concentrons surtout sur la vie reproductive des femmes, commente-t-elle. Et donc, une fois que la période de reproduction est terminée, il persiste une certaine vision sociale selon laquelle la valeur d’une femme est liée à cela.»

De ce fait, beaucoup de femmes hésitent encore à se confier et à demander conseil. «Les femmes sont mal à l’aise pour parler de ce qui arrive à leur corps. Elles ne savent pas si cela arrive à d’autres personnes, mais elles ne veulent pas demander parce qu’elles sont trop embarrassées», soutient Rigney. 

Nous espérons donc qu’en les réunissant, cela les encourage à demander l’aide dont elles ont besoin.

— Liz Rigney

S’il n’existe pas une définition unique, la ménopause s’identifie officiellement comme l’absence de règles pendant 12 mois consécutifs chez une femme non enceinte. 

Elle est la conséquence d’une baisse progressive de deux hormones. «Pour la plupart des femmes, elle arrive vers l’âge de 51 ans, précise la Dre Migas. Cela se produit lentement, à partir de la quarantaine, jusqu’à ce que les ovaires cessent totalement de produire de l’œstrogène et de la progestérone et que les règles s’arrêtent.»

Cette phase de transition, appelée périménopause, peut durer de trois à huit ans et s’accompagne de symptômes très variés, souvent difficiles à vivre, comme des pertes de concentration, de la fatigue, des troubles qui peuvent impacter le travail, la vie de famille, et diminuer la qualité de vie.

Il n’existe donc pas de ménopause type, car chaque femme la traverse différemment. «Elle affecte les femmes de tant de façons différentes que nous avons pensé que nous devions les réunir pour qu’elles puissent parler de ce qu’elles vivent, exprime Rigney, afin qu’elles ne se sentent pas seules, qu’elles ne se sentent pas différentes, et qu’elles réalisent que d’autres femmes vivent la même chose.»

La Dre Ardelle Piper, la conférencière principale du Atlantic Menopause Show. 

PHOTO: Facebook - Atlantic Menopause Show

Ce premier Atlantic Menopause Show sera donc l’occasion pour les femmes d’assister à des conférences, d’échanger sur différents aspects de la ménopause et de découvrir aussi ce qu’elles peuvent faire elles-mêmes pour mieux gérer leurs symptômes.

Comme l’évènement aura lieu pour la première fois en Nouvelle-Écosse, il sera offert uniquement en anglais cette année. Mais, s’il venait à se reproduire dans les années à venir, l’organisme envisage d’y inclure des sessions en français et en arabe, ainsi qu’une version en ligne pour les personnes éloignées ou dans l’incapacité de se déplacer. 

Une tournée dans les maritimes pourrait même être organisée, afin d’aller à la rencontre des populations rurales. Dès cette année toutefois, une demande de financement a été déposée pour offrir 30 billets gratuits aux membres de ces communautés qui n’auraient pas les moyens de participer.

Si l’organisme récolte suffisamment de fonds grâce à The Atlantic Menopause Show, tout l’argent sera reversé à la Nova Scotia Menopause Society pour contribuer à la création d’un centre d’excellence à Halifax, comme l’avait annoncé le gouvernement provincial lors de la dernière élection.

«Nous avons besoin de plus d’éducation, affirme Rigney, nous avons besoin de plus de personnes qui travaillent dans ce domaine, et nous devons faciliter l’accès à l’ensemble de la population à des solutions crédibles.»

«L’éducation est probablement la mission la plus importante en ce qui concerne la ménopause, renchérit la Dre Migas. C’est ce que nous essayons de faire avec notre société dans les communautés.»

«Ce serait donc formidable si nous pouvions mettre en place ce centre d’excellence avec le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, s’enthousiasme Rigney. Ce serait une grande victoire pour la province.»

Rigney et la Dre Migas restent donc optimistes. Malgré le chemin encore à parcourir, elles constatent que les mentalités évoluent. C’est pourquoi, avec leurs partenaires, elles poursuivent leur engagement et gardent toute leur motivation pour mener ce projet à terme.

«Nous aspirons à inspirer les gens et à aider les femmes à comprendre que ce qu’elles vivent est normal, qu’elles méritent un traitement adapté et qu’elles y ont accès, atteste Rigney. Mais aussi de les inspirer à se sentir bien dans leur peau et à ne pas craindre la ménopause. Nous voulons leur donner le sentiment qu’elles ont le pouvoir de changer leur vie.»

Type: Actualités

Actualités: Basé sur des faits, soit observés et vérifiés directement par le ou la journaliste, soit rapportés et confirmés par des sources bien informées.

Pour consulter nos pratiques exemplaires et politiques journalistiques, cliquez ici.

Contactez la rédaction - Proposer une correction - Faire une suggestion - Contactez l'équipe