le Vendredi 5 juin 2026
le Lundi 25 août 2025 11:00 Actualités: Acadie et Francophonie

«Sans les mamans, l’histoire de l’humanité aurait été vraiment courte»

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Amélie Rochette, créatrice du podcast «Mamans de l’Histoire». — PHOTO: Amélie Rochette
Amélie Rochette, créatrice du podcast «Mamans de l’Histoire».
PHOTO: Amélie Rochette

Amélie Rochette est une jeune mère de trois enfants passionnée d’histoire. Installée à Halifax depuis deux ans, elle vient de se lancer dans une toute nouvelle aventure: la création de son propre balado, «Mamans de l’Histoire», dont les cinq premiers épisodes sortiront à la rentrée de septembre.

«Sans les mamans, l’histoire de l’humanité aurait été vraiment courte»
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Type de contenu: Actualité

Un projet à destination de toutes les mères, pour les inspirer et leur rendre hommage. «J’avais envie de célébrer des mères qui ont accompli des choses extraordinaires, tout en élevant leurs enfants, parce qu’il y en a plein, et on n’en entend pas vraiment parler», confie Amélie Rochette, à propos des origines de son balado.

En tant que grande férue d’histoire, elle souhaitait également partager cet intérêt et montrer qu’une autre façon d’apprendre, notamment en s’amusant, était possible. «On passe tellement à côté de choses incroyables. J’avais envie de creuser ça.»

Inspirée par George Orwell, pour qui priver un individu de sa mémoire revient à l’anéantir, sa motivation était de protéger la connaissance et de rendre justice aux figures maternelles oubliées. «Il faut vraiment s’en rappeler. C’est tellement important. C’est vraiment, justement, dans un esprit de conservation et de célébration de l’histoire.»

Affiche du podcast «Mamans de l’Histoire».

PHOTO: Amélie Rochette

Comme elle l’affirme, encourager les gens à cultiver leur curiosité et leur donner le gout d’apprendre permet aussi de créer des liens et de développer son empathie pour autrui.

«Je veux que les gens aient justement cet intérêt-là pour le monde qui les entoure. Se demander, ça vient d’où ça? Pourquoi c’est de même? Pourquoi est-ce que telle affaire? Vraiment de creuser par eux-mêmes parce qu’on est tellement divertis, puis il se passe tellement de choses qu’on perd un peu cette notion-là.»

En outre, et d’un point de vue plus personnel, elle souhaitait aussi, en portant les histoires de ces femmes, honorer les mères de sa propre famille, celles qui l’ont en premier inspirée. 

«J’ai eu des ancêtres qui ont eu des épreuves vraiment difficiles. Je parle souvent de mon arrière-grand-mère. Elle a eu 17 enfants, 17 grossesses, dont 13 ont survécu. C’était tout un défi pour eux autres de faire vivre une maison à l’année», raconte-t-elle. 

«C’était tout l’esprit d’ingéniosité de ces femmes-là dont on ne parle pas assez souvent.»

À travers ce balado, il s’agissait donc, dans un premier temps, de s’adresser aux mamans et aux femmes qui restent à la maison pour s’occuper du foyer et se consacrer à l’éducation de leurs enfants. Toutes ces mères qui manquent de reconnaissance et de légitimité. 

Rochette souhaitait leur montrer qu’elles n’étaient pas seules et ne seraient pas oubliées. «Des fois, tu as l’impression de faire tellement de travail, puis que ça passe sous le radar complètement. Je voulais leur donner l’impression d’avoir un sentiment d’accomplissement, de reconnecter avec leur maternité, de se réconcilier avec leur maternité, puis de savoir qu’elles font partie d’une lignée de femmes extraordinaires et de se reconnaitre là-dedans.»

Sans pour autant les inciter à croire qu’elles devaient elles aussi réaliser des choses exceptionnelles pour être perçues comme de «bonnes mères», Rochette visait à rappeler que toutes les femmes et toutes les mamans détiennent la capacité de se lancer dans un projet et d’accomplir quelque chose qui leur tient à cœur. 

N’importe quelle mère, selon elle, peut devenir un modèle de possibilités pour son enfant. «Quand tu te dis, “Je suis personne, je suis invisible, je sers à rien”, se rappeler que tout le monde fait son travail pour que, toi, tu puisses élever la prochaine génération», soutient-elle. 

«Oui, on est importantes. Tout le monde dit que ça prend un village pour élever son enfant, mais il y en a de moins en moins des villages, et il faut vraiment prendre l’initiative de dire “On peut se créer une communauté”, et de vraiment mettre les mères en avant.»

C’est pourquoi elle tenait à présenter, dans chaque épisode, une personnalité singulière. 

Elle aspirait à raconter des parcours de maternité différents, mais tout aussi inspirants, des femmes qui se sont démarquées dans différentes choses, tout en restant des mères avant tout. «Sans les mamans, l’histoire de l’humanité aurait été vraiment courte, affirme-t-elle. Je veux qu’on se célèbre et je veux qu’on reconnecte avec notre histoire.»

Mais également avec leur identité, avec ces facettes de leur individualité que la maternité a pu effacer ou leur faire oublier. 

Comme cela fut son cas en créant ce balado. «Ça me fait vraiment plaisir de travailler là-dessus parce que je renoue avec la personne que j’étais avant d’être maman, partage-t-elle. Ça me fait vraiment triper de dire que je ne suis pas juste une maman.»

Un sentiment qui l’a rendue d’autant plus fière après avoir reçu l’approbation de sa propre mère. «Elle a ri, elle a pleuré, elle a dit: “C’est le fun parce que je sens que c’est vraiment toi à 100 % dans ça. Je te reconnais, pis tu fais pas semblant d’être quelqu’un d’autre.” C’est vraiment, je trouve, un bel accomplissement.»

Type: Actualités

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