le Vendredi 5 juin 2026
le Lundi 30 juin 2025 11:00 Nos communautés - Clare

À la croisée des langues: l’identité de Clare en jeu? (partie 3)

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Avec une région en pleine effervescence dans le cadre du CMA 2024, de nombreuses maisons étaient décorées aux couleurs de l’Acadie, comme celle-ci, dans la région de Clare.  — PHOTO: Nicolas Jean
Avec une région en pleine effervescence dans le cadre du CMA 2024, de nombreuses maisons étaient décorées aux couleurs de l’Acadie, comme celle-ci, dans la région de Clare.
PHOTO: Nicolas Jean

Reconnue pour son caractère francophone, la région de Clare connait une transformation de son profil linguistique. En dépit de l’arrivée d’anglophones et d’allophones depuis la pandémie, les données scolaires démontrent que la communauté acadienne et francophone est florissante.

À la croisée des langues: l’identité de Clare en jeu? (partie 3)
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Type de contenu: Actualité

Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Le Courrier a effectué une requête d’information auprès du ministère de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse pour obtenir des données concernant les inscriptions dans les écoles anglophones dans la région de Clare, soit St Mary’s Bay Academy et Weymouth Consolidated School, de 2016 à 2024. 

Une porte-parole du ministère a dirigé Le Courrier vers la partie de leur site Internet où l’on peut consulter des feuilles Excel avec les données d’inscription. Toutefois, les documents, à partir de l’année scolaire 2020-2021, n’incluent que les inscriptions par grade et par centre régional. 

Selon le recensement de la population de 2021, en Clare, 69,6 % ont déclaré connaitre le français. En 2016, le pourcentage était semblable, à 69 %. 

Or, comme présenté dans un reportage du Courrier de 2023, avec la hausse du nombre de nouveaux résidents anglophones installés dans la région au cours des dernières années, la proportion de la population connaissant le français sera probablement en baisse dans le prochain recensement. 

À lire aussi: Des anglophones et allophones de plus en plus nombreux dans les communautés acadiennes

Le Conseil scolaire acadien provincial, de son côté, a fourni ces données d’inscription des écoles acadiennes de Clare. 

En 2016, l’École secondaire de Clare (ESDC) accueillait 264 élèves. En 2024, ce fut 206. Notons par contre qu’il y avait eu une légère baisse d’année en année jusqu’en 2022, avec un bond en 2023, allant de 204 à 219 inscriptions, avant de retomber l’année suivante. 

Les inscriptions dans les écoles du CSAP de Clare, de 2016 à 2024. 

PHOTO: CSAP

Pour les écoles primaires, il y a une hausse depuis les 10 dernières années. À l’École Joseph-Dugas (EJD), la population étudiante est passée de 89 jeunes en 2016 à 139 jeunes en 2020, avant de connaitre une petite chute durant la pandémie. Depuis 2024, on compte 108 élèves, soit huit de plus que l’année précédente. 

À l’École Stella-Maris, l’évolution est assez semblable à celle de Joseph-Dugas. La population étudiante était de 90 en 2016. Neuf ans plus tard, on dénombre 153 écoliers.  

Historique

À noter que, en 2018, l’École Jean-Marie-Gay et l’École Saint-Albert ont fermé leurs portes, devenant respectivement les écoles Joseph-Dugas et Stella-Maris. 

L’immigration francophone aidera à lutter contre l’assimilation, est d’avis Tanya Comeau, coordinatrice de la Communauté francophone accueillante de Clare, en pointant vers les inscriptions dans les écoles acadiennes de la région. «C’est une peur qu’on a (l’assimilation), qu’on essaie de combattre», mentionne-t-elle. 

[…] c’est important qu’on reste bilingue.

— Tanya Comeau

«On s’identifie comme des francophones. Ça fait que c’est une composante vraiment importante pour notre culture et notre identification, alors c’est important qu’on reste bilingue», conclut la coordinatrice. 

Ailleurs en Acadie

La part de la population néoécossaise capable de soutenir une conversation en français est passée de 76 465 en 1991 à 95 380 en 2021, ce qui équivaut à une hausse de 24,7 %, selon les données de Statistique Canada. 

Entrée de l’école secondaire de Clare, à La Butte.

PHOTO: Archives - ESDC

Cependant, en isolant les locuteurs unilingues, on remarque une croissance du nombre de personnes bilingues et une baisse constante du pourcentage de Néoécossais parlant seulement le français. 

À lire aussi: La langue française est-elle en déclin en Nouvelle-Écosse?

Il ne s’agit pas d’un phénomène isolé. Le contexte à l’Île-du-Prince-Édouard est semblable à celui de la Nouvelle-Écosse, où le nombre de personnes pouvant converser en français a augmenté de 1 550. 

Quoique cette hausse ne change pas la proportion de ce groupe sur l’Île, car l’on doit aussi prendre en compte le portrait global de la population, influencé par l’immigration, toutes langues confondues.  

Certaines régions acadiennes, comme la péninsule acadienne, Saint-Louis et le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, gardent une proportion de 90 % ou plus. 

Au Nouveau-Brunswick, bien que la proportion de cette catégorie de gens en 2021 soit pratiquement identique à celle enregistrée en 1991, le poids démographique des francophones est en baisse. Entre 2016 et 2021, le pourcentage de gens ayant le français comme première langue officielle parlée est passé de 31,6 % à 30 %. 

En Nouvelle-Écosse, la baisse est de 3,1 % à 2,8 % et à l’Île-du-Prince-Édouard, de 3,2 % à 2,9 %. 

Le prochain recensement se tiendra en mai 2026. 

Pourquoi avons-nous choisi de couvrir cette nouvelle? 

Un membre du lectorat du Courrier originaire de Clare nous a fait part du fait que de plus en plus de gens installés dans la région sont anglophones ou allophones, ne parlant pas français, ce qui influence la manière dont les organisateurs culturels préparent et animent des activités. Il y a aussi, selon cette personne, une inquiétude parmi certains membres de la communauté que les changements démographiques de la région pourraient mener à la perte de l’identité locale. Le Courrier a réalisé qu’il s’agit d’un sujet large, d’où la rédaction en trois parties. 

Comment avons-nous procédé?

Le Courrier a ciblé divers personnes et organismes afin d’inclure des voix divergentes, compte tenu du sujet et de la diversité des perspectives. L’on voulait absolument inclure la perspective d’une personne d’expression anglaise, car l’inquiétude concerne en grande partie le poids démographique des Acadiens et francophones, et le pourcentage d’anglophones et d’allophones influent sur le profil linguistique de la région. 

Le journal a aussi effectué une requête d’information auprès du ministère de l’Éducation et du Conseil scolaire acadien provincial pour inclure une dimension scolaire au reportage, puisque les inscriptions d’école, tel le développement économique d’une région, aident à comprendre l’état et l’évolution de la communauté. 

Enfin, Le Courrier a contacté la Municipalité de Clare, le Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse (CDÉNÉ), qui gère le dossier de la Communauté francophone accueillante (CFA) de Clare, ainsi que le Western Regional Enterprise Network (WREN) pour inclure la perspective acadienne et francophone et discuter de l’influence de l’immigration sur la région. Le journal n’a pas eu de retour du WREN avant la date de tombée de l’article. 

Parties prenantes contactées dans le cadre de cette nouvelle: 

  • La Municipalité de Clare
  • Le CDÉNÉ (CFA) 
  • Le CSAP
  • Le ministère de l’Éducation
  • Le WREN

Renvois et références:

Données de parution:

Lieu où le texte a été écrit: à distance 

Type: Actualités

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Jean-Philippe Giroux - Rédacteur en chef - Généraliste

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