Farida Agogno
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – Atl
Cependant, seule la moitié d’entre elles ont été menées à terme. Certaines personnes sont décédées avant la fin de la procédure. D’autres ont changé d’avis ou ont été rejetées.
Le Dr Gord Gubitz, chef du département de neurologie, département de médecine de l’Université de Dalhousie et impliqué dans l’aide médicale à mourir, explique que l’accès à l’aide médicale à mourir (AMM) varie selon les régions de la province.
Les centres urbains comme Halifax offrent un accès plus rapide à ces services, tandis que les régions rurales peuvent présenter des défis logistiques. Cependant, des solutions comme la visioconférence ont permis d’accélérer les évaluations à distance, notamment pendant la pandémie.
Il avance aussi que les délais d’attente pour l’AMM dépendent de l’état du patient. Les cas urgents, où la mort est imminente, sont pris en charge dans un délai d’un à deux jours ouvrables, tandis que les patients dont la mort naturelle n’est pas imminente peuvent attendre plusieurs semaines pour compléter leur processus d’évaluation.
Dr Gord Gubitz, chef du département de neurologie et du département de médecine de l’Université Dalhousie.
Par ailleurs, la question de l’AMM pour les personnes en situation de handicap soulève un débat sociétal important. Certaines organisations de défense des droits des personnes handicapées expriment leurs préoccupations quant à la possibilité que certaines demandes d’AMM soient motivées par des conditions socioéconomiques précaires plutôt que par des souffrances physiques insoutenables.
Néanmoins, le Dr Gubitz soutient que les critères d’admissibilité exigent que la souffrance du patient soit directement liée à sa condition médicale et non à un manque de services ou de soutien.
L’aide médicale à mourir continue d’évoluer au Canada, et la Nouvelle-Écosse ne fait pas exception. Si la demande est en augmentation, d’après le Dr Gubitz, l’organisation des services de santé s’efforce d’assurer un accès équitable et conforme aux exigences.
Par ailleurs, il précise qu’ un seul bureau central reçoit les demandes des patients qui souhaitent accéder à l’AMM.
Ces demandes proviennent souvent de médecins de famille ou de spécialistes traitants qui recommandent leurs patients au service approprié. Une infirmière navigatrice examine ensuite chaque dossier, contacte les patients pour recueillir des informations et évaluer leur situation. Elle vérifie notamment si la demande est urgente ou si le patient souhaite simplement s’informer sur l’option de l’AMM.
Comme rappel, en 2016, le parlement a adopté une loi fédérale qui permet aux adultes d’être admissibles et de demander l’AMM.
Pour qu’un patient puisse y recourir, deux professionnels de santé indépendants doivent confirmer qu’il satisfait aux critères établis par la loi fédérale. Le patient doit souffrir d’une affection grave et irrémédiable qui lui cause des souffrances persistantes et insupportables.
Les maladies les plus courantes parmi les patients demandant l’AMM en Nouvelle-Écosse, selon le Dr Gubitz, sont les cancers avancés, les maladies neurologiques graves et les maladies chroniques à un stade terminal.
D’après lui, environ 60 à 65 % des patients qui sollicitent l’AMM en Nouvelle-Écosse sont atteints d’un cancer avancé. Les autres affections comprennent notamment la maladie de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ainsi que des conditions cardiaques, pulmonaires et hépatiques en phase terminale.
Ces patients ont en général entre 40 et 70 ans, répartis de manière égale entre hommes et femmes. La moitié vit en milieu urbain, l’autre moitié en milieu rural.
Le Courrier a contacté l’organisme Mourir dans la dignité Canada et le bureau du directeur général, Mobilisation des connaissances, Inclusion Canada, mais n’a pas réussi à confirmer un entretien avant la date tombée de cet article.
