le Vendredi 5 juin 2026
le Mardi 5 novembre 2024 9:00 Santé

Comprendre le cerveau, pour aider le patient

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  PHOTO : jesse orrico - Unsplash
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Sans test sanguin ou examen radiologique, il faut utiliser d’autres moyens pour savoir si une personne est atteinte de la Parkinson. Alors, comment les médecins font-ils pour établir un diagnostic et comment aident-ils les patients, par la suite?

Comprendre le cerveau, pour aider le patient
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Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Dossier spécial en quatre articles – deuxième partie

La Parkinson est une condition progressive, qui peut évoluer chez les gens de tout âge, mais le risque augmente de manière significative chez les personnes âgées de 60 ans et plus.  

Elle touche les cellules nerveuses à dopamine situées dans la substance noire (substantia nigra) du cerveau moyen, une région qui aide à réguler diverses fonctions, y compris les mouvements. 

«La dopamine est importante pour un certain nombre de fonctions différentes. Elle est donc importante pour la fonction motrice et permet des mouvements fluides et coordonnés», explique la Dre Heather Rigby, neurologue œuvrant en Nouvelle-Écosse. 

Signes et symptômes

Avant de s’entendre sur un diagnostic, il y a plusieurs étapes à suivre. Pour un médecin, la première chose à faire est de consulter le dossier médical du patient et d’effectuer un examen physique. Le médecin pose des questions concernant les symptômes, le moment où ils sont apparus, la façon dont ils ont progressé, etc. 

Par la suite, l’on passe à l’examen neurologique et l’on cherche pour les caractéristiques de la condition, dont les symptômes communs, tels que les tremblements, la raideur musculaire et la lenteur des mouvements (bradykinésie). La personne marche plus lentement, il est plus difficile de sortir d’une chaise, il y a des changements dans l’écriture, qui devient peut-être plus désordonnée ou plus petite, par exemple. 

Au-delà de la thérapie et des médicaments, il y a l’exercice qui joue un rôle crucial dans la vie des patients. «Le type d’exercice est peut-être un peu moins important que le fait de participer à une activité physique», dit la Dre Heather Rigby.

On sait donc que des activités comme la boxe sont bénéfiques, mais même juste se promener ou nager, des activités que les gens peuvent intégrer dans leurs habitudes quotidiennes et qu’ils peuvent maintenir. Je pense que c’est ça, la clé de l’exercice.

— Dre Heather Rigby

Si la recherche se focalise sur les facteurs de risque, le travail de prévention, par l’alimentation et l’activité physique, prend également sa place dans la discussion, souligne Karen Lee, Karen Lee, présidente de Parkinson Canada. «Si tu continues à faire de l’exercice, ça permet d’améliorer ta qualité de vie», lance la présidente. 

D’autre recherche nécessaire

Karen Lee mentionne que, pour l’instant, «on ne connait pas la cause directe de la maladie de Parkinson, mais de nombreux travaux portent sur les facteurs de risque». 

L’âge est, combiné avec des risques génétiques et environnementaux (herbicides, pesticides, métaux, etc.), l’une des principales causes de son évolution. 

La Dre Heather Rigby insiste sur le fait qu’il y a des «liens faibles» aux facteurs environnementaux ayant une influence sur le système nerveux. «Ces neurones dopaminergiques semblent être sensibles à ces effets toxiques, chez certains individus», précise la neurologue. 

Mme Lee réitère que les recherches sont en cours pour voir quelle est la relation entre les pesticides des terres agricoles et des toxines des zones industrielles et la santé humaine. 

La Dre Heather Rigby, neurologue œuvrant en Nouvelle-Écosse. 

PHOTO : De gracieuseté - Nova Scotia Health

Pour aller de l’avant

Selon la Dre Heather Rigby, une solution pour aider les patients atteints de la condition serait de multiplier les ressources pour consulter des spécialistes plus rapidement: plus de personnel, plus de neurologues, plus de soins infirmiers spécialisés, etc. 

«On a besoin de plus de soutien paramédical sous la forme d’ergothérapie, de physiothérapie, de travail social», ajoute la neurologue. 

Au Cap-Breton, par exemple, comme dans plusieurs régions rurales, certains individus sont encore sur des listes pour avoir accès aux soins. 

Ce fut difficile pour Ian Lee, diagnostiqué il y a sept ans, et Wendy King, son épouse, lors des premières années, puisque bon nombre de neurologues et de spécialistes des troubles du mouvement travaillent dans la région de la capitale. 

Il a fallu voyager de Glace Bay à Halifax à quelques reprises – des dépenses supplémentaires pour eux – avant de trouver leur neurologue, le Dr Laith Shimon. 

Aujourd’hui, leurs déplacements pour des raisons médicales sont très rares. «Heureusement, on n’a pas besoin de faire des allers-retours à Halifax. Au départ, c’était le cas, mais on n’a pas à voyager, alors que d’autres le font, et on s’estime donc chanceux à cet égard», raconte Mme King. 

Il y a deux ans, six personnes du Cape Breton East Chapter de Parkinson Canada ont relevé le défi d’établir une clinique médicale spécialisée en neurologie pour les gens de la région. Ils ont déjà trouvé un neurologue pour y travailler et attendent un feu vert pour l’obtention d’un financement gouvernemental. 

«Cela, en soi, évitera à de nombreuses personnes de devoir se rendre à Halifax et réduira certainement le fardeau qui pèse sur beaucoup d’entre elles», conclut M. Lee. 

Jean-Philippe Giroux - Rédacteur en chef - Généraliste

Rédacteur en chef - Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

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