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Si la nuit tombée, les tableaux de la Galerie d’art de Wolfville se mettaient soudainement à parler, que raconteraient-ils? Grâce à une nouvelle technologie, cette scène digne du film La Nuit au musée devient presque réalité. Pas de magie, mais une intelligence artificielle (IA) donnant voix aux artéfacts pour transformer une visite silencieuse en conversation immersive.
Ce projet nait de la collaboration entre le laboratoire du Dr Esteve Hassan de l’Université Acadia et la firme Real Meta. Pour mener à bien ce mandat financé par Invest Nova Scotia à l’été 2025, le Dr Hassan a immédiatement intégré deux étudiants de quatrième année, Nitish Sahni et Joyce Adeyi, à l’équipe. Ensemble, ils ont transformé l’idée en un prototype fonctionnel dès la fin de l’année.
Le concept est simple: le visiteur scanne un code QR ou une œuvre. L’application identifie l’objet, génère un résumé et offre une narration audio dans 16 langues.
Derrière cette simplicité se cache un défi technique. L’équipe a constaté que les modèles d’IA standards excellaient sur des œuvres mondiales, comme Mona Lisa, mais échouaient souvent sur des pièces moins célèbres, typiques de petits musées locaux.
Pour contrer ce biais, les chercheurs ont développé un modèle hybride.
«Nous avons testé quatre modèles différents et créé notre propre version qui se nourrit de tous les autres pour générer une plus grande précision», explique le Dr Hassan.
Ce système compare les résultats de plusieurs IA et intègre des mécanismes de validation. La direction du musée conserve ainsi un contrôle total pour vérifier et modifier les descriptions, éliminant les risques d’«hallucinations».
Au-delà de la technologie, l’objectif est de démocratiser l’accès à la culture en permettant aux petits musées d’abandonner la location couteuse de guides audio physiques.
C’est un projet où l’on sent que l’on peut aider l’industrie et voir comment cela peut avoir un impact sur leur productivité.
«C’est un projet où l’on sent que l’on peut aider l’industrie et voir comment cela peut avoir un impact sur leur productivité», souligne le Dr Hassan, notant que la solution comble un vide crucial pour les institutions aux ressources limitées.
Cette numérisation soulève toutefois une question: y a-t-il un risque que le visiteur reste rivé sur son écran, délaissant les œuvres réelles?
Le Dr Hassan se veut rassurant: l’outil est un pont, non une barrière.
«Le but est l’accessibilité, notamment pour les personnes en régions éloignées ou à mobilité réduite», affirme-t-il. Loin de remplacer la visite, l’application pourrait même la stimuler.
Alors que le projet entre dans une nouvelle phase, l’équipe prévoit d’intégrer des éléments de réalité augmentée et virtuelle pour passer de la 2D à la 3D.
À terme, cette technologie pourrait permettre de visiter n’importe quel musée du monde, garantissant que même les plus petites collections puissent, elles aussi, prendre vie et raconter leur histoire.
