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Conçue par l’Acadienne Connie Samson, ces cours de débutant ont permis aux participants d’apprendre les bases de la langue des signes: l’alphabet, les chiffres et quelques phrases et mots communs en s’exprimant, comme «bonjour» et «je suis désolé».
«Tout le monde dans la communauté dit toujours, “J’aimerais apprendre la langue des signes”», mentionne-t-elle. À partir de cet intérêt, Samson a fait son possible pour concevoir deux ateliers de débutants, à partir de ses connaissances antérieures.
N’étant pas interprète professionnelle, elle s’est inspirée de ce qu’elle a appris quand elle était jeune, entourée de personnes qui devaient apprendre à parler avec leurs mains. Durant son enfance, la mère à Samson faisait l’effort de planifier des petits cours d’une demi-heure, chaque semaine, pour montrer aux touts petits comment faire.
D’ailleurs, pour les ateliers de La Picasse, elle a sorti un vieux classeur rempli de matériel pédagogique que sa mère a préparé à l’époque. Aujourd’hui, c’est au tour de Connie Samson de transmettre ce savoir.
Connie Samson, qui a animé les ateliers à La Picasse, et Andrée Lacourse, l’agente de programmation du centre communautaire.
Elle connait bien la version américaine, précisant qu’elle a eu un parcours scolaire en anglais sur l’ile — même si plusieurs amis et membres de la famille autour d’elle parlaient l’acadien — et a appris le français un peu plus tard dans la vie.
Il existe à travers le monde plus de 120 langues des signes, dont une française et une québécoise. Bien qu’il y ait beaucoup de similitudes entre chacune des versions, elles ne sont ni universelles ni mutuellement compréhensibles.
Il n’y a pas de version officielle pour la langue acadienne. Alors, afin de valoriser les mots acadiens, il faut les présenter lettre par lettre ou faire preuve de créativité, avec l’improvisation de nouveaux signes.
Apprendre l’alphabet est essentiel lorsqu’on débute, précise Connie Samson, car, si quelqu’un oublie un signe, il peut toujours utiliser les lettres pour épeler un mot.
Les ateliers sont aussi une façon de sensibiliser les gens au fait que l’identité acadienne dépasse la langue. Ce sont également les histoires, les contes, les techniques de pêche et de jardinage, l’humour, les repas et tout ce qui entoure l’expérience du peuple acadien qui définit son identité.
Si les cours ont du succès, il se peut que La Picasse ajoute d’autres ateliers de langue des signes à son horaire.
Ces derniers ateliers font partie de la programmation de Jeudi Arts, une initiative de La Picasse pour encourager la création de tout genre, de la couture aux arts plastiques, chez les petits et grands.
Andrée Lacourse, l’agente de programmation du centre communautaire, cible régulièrement des artistes et des créateurs dans la région pour organiser un atelier par semaine. Le jeudi adonne bien, car il s’agit d’une journée un peu moins occupée, dans une région où bon nombre de choses se passent.
«On voulait le nommer toujours de la même façon aussi, pour que les gens le reconnaissent, pis qu’ils aient une régularité dans les activités», informe l’agente.
La sélection pour Jeudi Arts est assez spontanée, ajoute Lacourse. Parfois, elle s’inspire de ce qu’elle voit autour d’elle et sur les réseaux sociaux. D’autres fois, ce sont des propositions et suggestions par courriel.
La Picasse, dans le village de Petit-de-Grat, a été construite en 1996. Il est un vrai carrefour culturel pour l’Isle Madame, avec, entre autres, une salle de spectacle et de réception, une bibliothèque régionale, une radio communautaire, une boutique d’artisanat local et des bureaux d’associations et d’organismes.
