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Dernièrement, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) a mené une série de rencontres dans le cadre d’une tournée provinciale.
Selon les rapports des rencontres, il semblerait qu’il y a un sentiment d’aliénation entre les milieux ruraux et le milieu urbain, ainsi qu’entre les nouveaux arrivants et les autres membres des communautés acadiennes.
À ce stade, les chercheurs ne sont qu’à l’étape des hypothèses. «Le processus des consultations publiques qu’on veut mener, c’est aussi pour vraiment essayer d’avoir un portrait très global de comment on vit l’Acadie de la Nouvelle-Écosse ou la francophonie de la Nouvelle-Écosse dans différentes régions», explique Chantal White, professeure de l’Université Sainte-Anne en langue et littérature, faisant partie du groupe de chercheur(e)s responsable de l’étude.
«On fait beaucoup de consultations, mais souvent, c’est des consultations qui se font par secteur ou sur un thème particulier, ajoute la professeure plus loin. L’approche globale permettra de prendre en compte tous les facteurs, pour que ce soit «intersectoriel et intersectionnel».
«On essaie vraiment d’aller chercher une diversité d’opinions et essayer de mettre ça ensemble pour voir s’il y a des choses qui n’ont pas déjà été dites. Notre objectif, ce n’est vraiment pas de réinventer la roue.»
Le groupe de chercheur(e)s produira un rapport à partir d’études antérieures et de notes prises lors des consultations publiques, qui se tiendront avant l’automne.
«C’est certain qu’on veut vraiment que ces consultations soient le plus inclusives possible, précise White, donc on va aller voir du côté, par exemple, d’Immigration Francophone pour essayer de comprendre pourquoi ils (les nouveaux arrivants) ne se sentent pas nécessairement interpelés par des activités de la FANE ou des activités qui concernent la communauté acadienne.»
Il s’agit aussi d’une occasion pour demander aux gens concernés, entre autres, pourquoi ils ne se sentent pas comme partie prenante de l’Acadie de la Nouvelle-Écosse, ce qu’il faudrait pour se sentir et devenir Acadien(ne) et ce qui peut être fait pour aller les chercher et pour les inclure.
«[C’est] de vraiment savoir comment est-ce qu’ils se sentent dans leur communauté en ce moment, quelles sont les préoccupations, les thèmes, les projets qu’ils devraient voir émerger, qu’est-ce qu’ils manquent dans leur communauté […] le rapport va servir à élaborer comment les communautés voient l’avenir justement dans 10-15 ans. Qu’est-ce qui les inquiète? Quels sont les bons coups?»
Les chercheur(e)s iront à la rencontre des adultes, mais aussi des plus jeunes pour mener des discussions avec eux, potentiellement autour de l’heure du souper. Il y aura également de l’animation pour les jeunes parents.
De plus, un sondage circule en ce moment pour déterminer les préoccupations principales, ce qui aidera lors de l’animation des séances, en s’inspirant des réponses.
L’on essaie aussi de déterminer quels amuseurs de foule seraient idéals, selon le lieu de la séance publique. Des personnalités néoécossaises sont déjà confirmées, comme Ronald Bourgeois, Hughie Batherson et Ryan Doucette.
«On mise un peu sur leur popularité, puis aussi leur entregent, pour mettre les gens à l’aise, pour que les gens aient vraiment envie de partager.»
Ce rapport sera au cœur d’un grand rassemblement de plus de 100 personnes, qui aura lieu prochainement afin de prendre le pouls de la situation et parler avec les gens, en face-à-face, de cette question.
Il s’agira d’un sommet sur l’Acadie de la Nouvelle-Écosse, où un rapport préliminaire de l’enquête sera présenté, à l’automne, avant de réaliser le rapport final. Ce sera aussi une occasion de prendre note des constats et des points que les consultations mettent de l’avant.
Les informations permettront de proposer des pistes et des recommandations pour la FANE afin de cibler les projets sur lesquels se concentrer.
«C’est assez rare qu’on ait des consultations aussi vastes où on essaie vraiment de sonder toutes les différentes régions, pis vraiment d’essayer d’élargir les tranches.»
Le groupe en question est entièrement indépendant de la FANE et profitera de l’occasion pour faire des recherches, tant pour l’organisme provincial que pour eux-mêmes, afin d’alimenter leurs travaux universitaires respectifs et bâtir un corpus de données pertinentes à leurs champs d’intérêt.
Il s’agit de deux professeures de l’Université Sainte-Anne, soit Chantal White et l’historienne Stéphanie St Pierre, ainsi que l’économiste et professeur de l’Université du Cap-Breton, Patrick de Lamirande. L’on travaillera aussi avec une chercheuse indépendante, Stéphanie Maillet, qui a sa propre firme de recherches.
Chantal White reconnait que, bien qu’elle soit une Acadienne originaire de Moncton, l’équipe de recherche ne comprend pas d’Acadien(ne)s de la Nouvelle-Écosse.
Les chercheur(e)s ont donc décidé de prendre du recul et d’être dans une posture d’écoute et de prise de notes.
«On ne voulait pas que les gens se sentent comme, “Ah, ils ne parlent pas comme nous, ils ne comprennent pas”. Ça fait qu’on voulait vraiment que les gens puissent s’identifier un petit peu plus aux animateurs et se sentir un petit peu plus en confiance», complète White.
