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Deux annonces marquent un tournant dans la gestion des ressources naturelles en Nouvelle-Écosse. D’un côté, le ministère des Ressources naturelles (DNR) a dissout sa Division de la faune, éliminant sept postes clés, dont celui de son directeur.
De l’autre, l’Université Dalhousie a lancé le Subsurface Energy R&D Investment Program, un programme financé par la province afin de stimuler l’exploration du gaz naturel terrestre. Ces mesures redéfinissent l’allocation des ressources publiques, déplaçant l’expertise interne de la conservation vers la recherche extractive.
La restructuration du DNR a supprimé l’équipe responsable de la surveillance des populations animales, de la lutte contre les espèces envahissantes et du rétablissement des espèces en péril.
L’Ecology Action Centre souligne que ces scientifiques fournissaient auparavant des avis professionnels directs pour les décisions gouvernementales. «Lorsque nous perdons des experts à la table des décisions, nous perdons la capacité de prendre des décisions éclairées», indique l’organisme dans un communiqué, notant que cette décision a été prise sans consultation.
PHOTO: Atlantica Centre For Energy
Un fonctionnaire du ministère, cité par le Halifax Examiner, exprime des doutes sur la compréhension des impacts à long terme par la haute direction. Sans cette division, la province ne dispose plus d’un porte-parole dédié à la biodiversité au sein du gouvernement.
Parallèlement, le gouvernement déploie des ressources substantielles pour soutenir l’industrie des hydrocarbures. Le nouveau programme géré par l’Université Dalhousie alloue 24,3 millions de dollars en remboursements aux entreprises pour des travaux de forage et d’essais de débit. Les 5,7 millions de dollars restants financent la gestion, les études de références et les consultations.
Le premier ministre Tim Houston justifie cet investissement par la volonté de mettre fin aux importations de gaz américain, citant des réserves provinciales suffisantes pour deux siècles. «Le programme vise à fournir les preuves scientifiques nécessaires à l’élaboration de politiques judicieuses et à la protection de l’environnement», a-t-il déclaré lors du lancement. L’objectif affiché est de démontrer la faisabilité d’une extraction sécuritaire grâce à la recherche universitaire.
Ce contraste budgétaire s’inscrit dans une série de récentes décisions, incluant la levée du moratoire sur l’exploitation minière de l’uranium et la révision de certaines normes sur les zones humides.
Alors que la structure du DNR est réorientée vers une «planification intégrée des ressources» où la faune n’a plus de division autonome, l’État finance activement la collecte de données pour l’industrie gazière.
La coexistence de ces deux réalités interroge l’équilibre futur entre développement énergétique et conservation. Alors que l’expertise scientifique se réduit au sein du gouvernement et que des fonds publics soutiennent l’exploration gazière, les organismes environnementaux devront composer avec un nouveau paysage institutionnel, où les priorités de surveillance et d’investissement ont été nettement redistribuées.
