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Mireille Messier, autrice jeunesse installée à la Vallée d’Annapolis, accueille à son tour les lecteurs du Courrier dans sa bibliothèque.
Un univers qui fait la part belle aux romans graphiques et séries littéraires, des livres écrits aussi bien pour les grands que pour les touts petits.
MPP: Quel est le livre de ton enfance?
MM: La Petite Maison dans la Prairie de Laura Ingalls.
Mon premier coup de cœur. C’était vraiment la première fois que j’accrochais à une série.
Je me rappelle avoir été dans le salon de ma grand-mère, pendant qu’on était en visite, dans un gros fauteuil, et là, je lisais à me rendre malade parce que j’oubliais de manger. C’était merveilleux.
Mireille Messier, autrice jeunesse.
MPP: À l’adolescence, vers quoi t’es-tu tournée?
MM: Philippe Ébly, qui écrivait de la science-fiction. C’était encore une série, Les Conquérants de l’impossible.
Il y avait un jeune garçon qui était du présent, un qui venait du futur, et un qui venait du passé. Les trois avaient des aventures, mais comme ils voyageaient un peu dans le temps.
Jusqu’à ce moment-là, je lisais des livres sans vraiment porter attention à qui les avait écrits. Et là, je me rappelle [de] Philippe Ebly, j’étais comme fan.
Ça a fait un grand changement dans le fait que je suis peut-être devenue autrice.
Là, pour moi, le livre, c’était pas juste une histoire, c’était quelqu’un qui avait créé une histoire et un monde.
MPP: Quels livres aimes-tu offrir à ton entourage?
MM: Je suis fan de romans graphiques. C’est une bonne porte d’entrée, surtout pour ceux qui sont peut-être des lecteurs récalcitrants. C’est un peu comme un album illustré, mais pour tout le monde, pour les grands.
À ma mère, je lui ai proposé une série qui s’appelle Magasin Général de Jean-Louis Trippe (et Régis Loisel).
Ça serait probablement ce que j’offrirais en cadeau à quelqu’un qui ne connait pas ce genre-là.
Au Canada français, on publie beaucoup de romans graphiques. Il y a de belles maisons d’édition comme Pow Pow, comme [la collection] Nouvelle Adresse.
Souvent, on s’empêche, en tant qu’adulte, de lire des romans graphiques. Moi, je dis, lancez-vous, essayez, vous n’avez rien à perdre. Il y en a vraiment pour tous les gouts.
MPP: Et qu’est-ce qu’on peut retrouver sur ta table de chevet?
MM: Beaucoup de livres jeunesse, même si je suis adulte, parce que je patauge dans ce monde-là, donc je veux voir qu’est-ce qui se publie, qu’est-ce que mes collègues ont écrit.
Mireille Messier, autrice jeunesse.
Beaucoup de romans graphiques, presque tous des livres de bibliothèque. J’aime beaucoup ma bibliothèque locale (la succursale de Lawrencetown).
Le bibliotechnicien me connait. On se voit plusieurs fois par semaine. Donc, lui me fait des recommandations, quand je lis, quand je ramène les livres, je lui dis qu’est-ce que j’ai aimé. Donc, on peut avoir des échanges comme ça.
C’est un autre niveau de lecture. Je lis pour moi, mais je lis aussi pour partager avec les autres.
Je suis aussi une fan des livres audio. J’ai toujours un livre dans la voiture que j’écoute. Depuis que j’habite dans la Vallée, je fais beaucoup de route, et donc ça serait dommage de ne pas en profiter.
MPP: Si tu devais choisir un livre pour voyager?
MM: Mon plus récent, ça a été A Green Velvet Secret de Vicki Grant, qui est une autrice de la Nouvelle-Écosse.
Une bonne narratrice dans un livre audio, ça vaut son pesant d’or.
C’était un livre qui était vraiment très bien. La narration a été vraiment bien ficelée, avec une belle voix.
Un beau moment de lecture que j’ai passé.
MPP: Et est-ce qu’il y a un univers de fiction dans lequel tu aimerais vivre ?
MM: Des livres qui parlent de livres, donc qui parlent des gens qui sont libraires ou qui sont bibliothécaires.
Parnassus on Wheels. J’avais beaucoup aimé ce livre-là.
Donc, peut-être, d’être ce personnage-là et d’avoir, moi aussi, une librairie ambulante. Ça serait peut-être un des univers fictifs dans lequel j’aimerais pouvoir patauger.
Si tu aimes les livres, de t’entourer de livres dans la vie de tous les jours, c’est le rêve.
MPP: Quel livre, selon toi, faudrait-il avoir lu au moins une fois dans sa vie?
MM: Semer des soleils par André Poulin, illustré par Enzo.
Un livre qui parle de la guerre, mais comme elle est perçue par un enfant qui habite dans un pays qui n’est pas en guerre, et qui s’inquiète, et qui fait de l’anxiété, et qui veut aider, mais qui se sent complètement pris au dépourvu, et qui essaie d’en parler avec les adultes, et les adultes ne veulent pas en parler.
On peut facilement s’identifier autant à l’enfant que, peut-être, aux adultes qui l’entourent.
Un livre qui est plein d’espoir. Il est de toute beauté. Ça serait le livre que je recommanderais chaudement, qu’il faut lire au moins une fois, qu’on soit adulte, qu’on soit enfant.
[Ma mère] a fait une œuvre qui s’est inspirée de ce livre-là tellement ça a été quelque chose qui l’a vraiment interpellée. Donc ce livre-là, en plus d’être une lecture, inspire d’autres gens à poser des gestes pour que le monde soit plus beau.
MPP: Enfin, si tu pouvais partager un diner avec un ou plusieurs auteurs, qui inviterais-tu?
MM: Andrée Poulin. J’adore ce qu’elle écrit et c’est déjà mon amie, donc je sais qu’on aurait une belle soirée à parler de littérature jeunesse.
Richard Osman, qui a écrit la série The Thursday Murder Club, que j’adore.
Michel Rabagliati, l’auteur de la série Paul. Des romans graphiques qui viennent du Québec et qui sont vraiment merveilleux.
J’aime beaucoup ce que fait Marjane Satrapi. Ça pourrait être intéressant.
Ça serait une belle brochette d’invités.
La Petite Maison dans la prairie de Laura Ingalls Wilder
Les Conquérants de l’impossible de Philippe Ébly
Magasin général de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp
Pow Pow (maison d’édition)
Nouvelle adresse (collection de bande dessinée)
A Green Velvet Secret de Vicki Grant
Parnassus on Wheels de Christopher Morley
Semer des soleils d’Andrée Poulin et Enzo
The Thursday Murder Club de Richard Osman
Paul de Michel Rabagliati
